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mardi, 13 mars 2018 06:00

Le conseil du FMI à l’économie algérienne : « Mieux maîtriser les dépenses, développer de nouvelles sources de financement »

Écrit par Azzeddine Bensouiah
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Comme il fallait s’y attendre, la délégation du FMI, qui a rencontré plusieurs responsables algériens durant son séjour du 27 février au 12 mars, n’y va pas par quatre chemins pour redire ce qu’elle a toujours dit au sujet de l’économie algérienne, et surtout, pour relancer sa « recette ».

Mission d’information ? Ou mission de sauvetage ? On ne le saura pas, du moins pour le moment. Ce qui est sûr, c’est que l’institution du Bretton Woods, demeure fidèle à ses dogmes et compte bien les défendre.

Hier, à l’hôtel El Djazair, Jean-François Dauphin, le chef de mission pour l’Algérie et chef de la division Maghreb du département Moyen-Orient et Asie centrale du Fonds monétaire international, n’a pas caché l’opposition de son institution à certaines décisions du gouvernement algérien, à commencer par le recours à la planche à billets. Pour lui, cette option est une source d’inflation.
Dressant un tableau de l’état des finances publiques algériennes, l’orateur notera les efforts du gouvernement algérien en vue de conforter les finances publiques et de réformer certaines pratiques, tout en indiquant que les autorités algériennes ont procédé à certaines modifications visant à stimuler l’emploi et renforcer les barrières à l’importation, entre autres actions.
Dans sa déclaration préliminaire, Jean-François Dauphin a affirmé que « l’Algérie reste confrontée à des défis importants, imposés par la baisse des prix du pétrole il y a quatre ans. En dépit d’un ajustement budgétaires important en 2017, les déficits budgétaire et du compte courant extérieur demeurent élevés. Si les réserves restent abondantes, elles ont diminué de 17 milliards de dollars, pour atteindre 96 milliards de dollars (hors DTS). L’activité économique globale a ralenti, bien que la croissance hors du secteur des hydrocarbures soit restée stable. L’inflation a ralenti de 6,4 % en 2016 à 5,6 % en 2017 ».
Tout en affirmant que le FMI encourageait le gouvernement algérien dans sa quête, Jean-François Dauphin n’a pas manqué de déclarer que le dosage proposé par le gouvernement algérien comportait des risques à court terme, ce qui pourrait entraver la réalisation des objectifs annoncés, notamment en raison de l’inflation galopante et l’érosion des réserves de change.
Pour le représentant du FMI, il est possible de renforcer les finances publiques, sans recourir à la planche à billets, et ce, à un rythme régulier. « Depuis la fin 2017, les autorités ont modifié leur stratégie macroéconomique à court terme. Pour stimuler la croissance et la création d’emplois, elles ont adopté un budget expansionniste pour 2018, dont le déficit sera financé principalement par la Banque centrale, et ont renforcé les barrières à l’importation. Elles entendent reprendre la consolidation budgétaire à compter de 2019, en vue de rétablir l’équilibre budgétaire en 2022. » « La mission partage le double objectif des autorités de stabiliser l’économie et promouvoir d’une croissance plus durable et plus inclusive, mais elle considère que le nouveau dosage de politique économique à court terme est risqué et pourrait entraver la réalisation de ces objectifs.
Les nouvelles mesures risquent d’aggraver les déséquilibres, accentuer les tensions inflationnistes et accélérer la perte de réserves de changes. En conséquence, il se peut que l’environnement économique ne devienne propice ni aux réformes, ni au développement du secteur privé. »
En plus de son opposition au « financement non conventionnel », le représentant du FMI va à contre-courant des dernières décisions prises par l’Etat algérien, notamment au lendemain de la signature du fameux partenariat public-privé. Défendant cette dernière option, le représentant du FMI estime qu’il existe plusieurs façons de procéder en vue de mettre en place ce partenariat.
Pour son organisme, la solution se trouve dans l’augmentation des recettes fiscales, la réduction des dépenses publiques, mais aussi la dépréciation progressive du dinar et l’élimination du marché parallèle de la devise.


Réformes structurelles
Fidèle à sa doctrine, le FMI préconise une masse de réformes structurelles, et recommande notamment au gouvernement algérien de simplifier les procédures bureaucratiques, faciliter l’octroi de crédits à l’investissement, et s’ouvrir davantage vers les capitaux étrangers, sans oublier l’encouragement aux exportations hors hydrocarbures.
Jean-François Dauphin résume le contenu de ses entretiens avec les responsables algériens par une phrase assez significative : « L’Etat dépense tout ce qu’il gagne » et fera remarquer que les cours de pétrole sont appelés à rester au même niveau actuel. Donc, il paraît indispensable, pour le gouvernement algérien, de mieux maîtriser ses dépenses et de développer de nouvelles sources de financement. Il préconise de donner plus de place au secteur privé, qui doit, selon lui, investir là où l’Etat est en train de le faire.
Martelant la nécessité d’assainir les finances publiques et d’opérer des réformes structurelles, le représentant du FMI a estimé qu’il est indispensable de progresser sur tous les aspects des réformes, de façon graduelle, et ne rien omettre ou négliger. Il mettra l’accent sur la simplification des démarches administratives, sur la gouvernance, l’économie numérique, la modernisation du secteur bancaire, et le développement du marché des capitaux.
Pour le FMI, le recours à la planche à billets doit être strictement contrôlé par la Banque d’Algérie : « La banque centrale doit être prête à resserrer la politique monétaire si les tensions inflationnistes ne s’atténuent pas. Si le choix est fait de continuer de monétiser le déficit, il conviendrait de mettre en place des sauvegardes robustes, notamment en plafonnant strictement le financement monétaire en volume et en durée, tout en lui appliquant un taux de marché ».
Critique envers la politique du gouvernement visant à réduire considérablement les importations, le représentant du FMI estime que « la politique commerciale doit avoir pour objectif principal d’encourager les exportations plutôt que d’imposer des barrières non tarifaires aux importations, barrières qui créent de distorsions ». 

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