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mardi, 15 mai 2018 06:00

Son P-DG présente au Sénat son bilan 2017 et son programme à l’horizon 2030 : Sonatrach a perdu 10 000 cadres faute de salaires motivants

Écrit par Rafik AIOUAZ
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Une journée d’étude parlementaire sur le thème de la transition énergétique en Algérie a eu lieu hier au Conseil de la nation, animée par le P-DG de la Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour. Ce fut, pour lui, l’occasion propice de revenir sur l’exode des cadres qui « fuient » la compagnie, mais surtout d’appeler les parlementaires et les différentes institutions à contribuer à faire de Sonatrach une entreprise commerciale « libérée de toute bureaucratie ».

Les sénateurs, eux, n’ont pas manqué de l’interpeller en premier lieu sur l’exode dont il parle ! M. Ould Kaddour déplore que son entreprise ait perdu 10 000 cadres ces 3 à 4 dernières années, et la seule motivation de cette « saignée » était d’ordre financier dans la mesure où s’ils ont quitté la compagnie nationale, c’est pour percevoir de plus « gros salaires » ailleurs. « Nous n’avons pas les capacités de les retenir. Pour le faire, il faut de l’argent et rien d’autre », a-t-il admis, ajoutant que Sonatrach s’attèle à motiver ses compétences à travers leur implication dans la gestion et le développement de la compagnie. « La Chine a pu rapatrier sa diaspora établie aux Etats-Unis en leur offrant des salaires 10% plus élevés que ce qu’ils percevaient à l’étranger. Nous ne sommes pas en capacité de le faire », a-t-il regretté.
Le P-DG de Sonatrach s’est également attardé sur l’appel qu’il a lancé pour faire de Sonatrach une entreprise commerciale libérée de toute bureaucratie, non sans déplorer les conséquences des scandales de corruption qui avaient ébranlé cette compagnie par le passé et qui ont fait qu’« aucun Algérien, travaillant pour le groupe, ne prenait de décision ». « Les gens du groupe ont été psychologiquement détruits. Ils se disaient pourquoi prendre une décision pour se retrouver par la suite en prison », a-t-il affirmé.
« C’est dans ce sens que nous lançons cet appel pour que les gens travaillent en se sentant protégés dans un pays où il y a la loi », a-t-il ajouté, affirmant que certains effectifs de Sonatrach étaient partis parce qu’ils « ne se sentaient plus en sécurité ». « Si les gens restent sur leur chaise et ne prennent plus de décision, nous serons appelés à disparaitre dans quelques années », a-t-il mis en garde.

Aller vers le solaire graduellement et le schiste de façon planifiée
Pour en revenir à l’objet de la rencontre, « la transition énergétique », il faut dire qu’il a occupé peu d’espace lors de cette rencontre qui a rassemblé plusieurs cadres de Sonatrach ainsi que des membres du Sénat. Un sujet peu abordé du fait notamment de la place qu’occuperont encore les hydrocarbures depuis de nombreuses années, selon le premier responsable de la compagnie pétrolière. « Aucun pays n’a réalisé sa transition énergétique de manière directe. Nous allons la réaliser graduellement », a indiqué Abdelmoumen Ould Kaddour, insistant qu’il faut du temps du fait du coût que représente l’option renouvelable. « L’énergie solaire est dans notre plan, mais elle ne pourra pas supplanter les énergies fossiles », a-t-il encore une fois martelé. Interrogé par les membres du Conseil de la nation sur le gaz de schiste et les risques que comporte son exploitation, le P-DG de Sonatrach a assuré qu’une réflexion est en cours pour développer des conditions optimales pour la protection de l’environnement lors de l’exploitation inévitable de cette ressource non conventionnelle : « Nous irons demain ou après-demain vers le gaz de schiste, mais de façon planifiée », a-t-il soutenu. Une position qui a fait réagir un membre du Sénat estimant que cette option est « à écarter pour notre pays à cause du manque de savoir-faire et de la technologie nécessaire ». « Des experts nationaux et internationaux ont mis en garde contre la faible rentabilité des investissements sur le gaz de schiste », a-t-il rappelé, appelant à s’appuyer sur le potentiel énergétique solaire important de l’Algérie : « La meilleure voie à choisir, selon les experts », dit-il.

Règlement de 11 litiges et contentieux en 2017
D’autre part, le président de Sonatrach a cédé sa tribune à son conseiller, Ahmed Mazighi, qui a présenté les résultats de la compagnie pour l’année 2017, une année qui a vu une remontée de la moyenne des prix du baril de pétrole à 54,1 dollars. Quasiment 10 dollars de plus que 2016 (44,2 dollars). 2017, c’est aussi une année qui a notamment été marquée par plusieurs projets concrétisés par de nouvelles opérations d’exploitation, la reprise des travaux de réhabilitation de la raffinerie d’Alger et la concrétisation d’un projet de récupération de gaz associés à Rhourde el Baghel. Autre axe d’importance, le règlement des litiges : la compagnie en dénombrait une douzaine début 2017. « Il y a eu en 2017 le règlement de 11 litiges et contentieux, notamment celui avec Saipem, il reste à régler un petit litige avec un fournisseur de droit algérien », indique M. Mazighi, rappelant, par ailleurs, que pour le dossier du renouvelable, il a été procédé, fin 2017, à la signature d’un mémorandum d’entente avec ENI pour identifier les sites Sonatrach éligibles à la construction des unités de production d’énergie solaire. En termes de chiffre d’affaires à l’exportation, il a été en hausse de 19% à 33,2 milliards dollars (27,9 milliards de dollars en 2016) et la fiscalité pétrolière a augmenté de 20% en 2017, à 2,228 milliards de dollars. Pour sa part, le directeur exécutif SPE de Sonatrach, Farid Ghezal, est revenu sur d’autres faits marquants de l’année 2017. Le responsable est revenu sur le niveau de production primaire qui a connu une hausse de 2%. La production de pétrole brut a baissé de 3% en 2017 à 49,3 millions tep par rapport à 2016 « à cause de la réduction imposée par l’accord Opep - non Opep, de 50.000 barils jour ». Concernant le gaz naturel, la production nationale en 2017 a atteint 135 milliards m3 soit, une augmentation de 5% par rapport à 2016.  Autre chiffre, celui des importations de Sonatrach. « Vu que la consommation de carburant a connu une baisse de 2% en 2017, les volumes d’importation de carburant ont reculé de 4% », a expliqué M. Ghezali.

Faire de Sonatrach une entreprise commerciale
Par ailleurs, le P-DG de Sonatrach a appelé les membres du Conseil de la nation et des autres institutions de l’Etat à contribuer à transformer Sonatrach d’une entreprise « bureaucratique » à une entreprise commerciale « au service du peuple et de l’Etat ». Le même responsable a également recommandé l’encouragement de la communication au sein de son groupe et entre ce dernier et son environnement, pour parvenir à une conjugaison des efforts en faveur du développement de l’économie nationale. « J’ai constaté au début de ma désignation à la tête de Sonatrach (en mars 2017), le manque de communication en son sein. Nous sommes en train d’œuvrer à changer cette situation et à encourager la communication à tous les niveaux », a-t-il annoncé. Il a enfin préconisé une présentation annuelle du bilan de la compagnie nationale des hydrocarbures devant les deux Chambres du Parlement.

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