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mercredi, 16 mai 2018 06:00

Ligue arabe, l’indignation de façade : Aux mains nues palestiniennes, en face les fusils et les blindés israéliens

Écrit par Lyes Sakhi
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Le massacre d’au moins un soixantaine de Palestiniens dont des enfants par l’armée israélienne, lundi dernier, a semblé faire réagir ce qu’on appelle faussement la « communauté internationale ». Dans cette réaction, il y a peut-être une part de sincérité et d’indignation pour certains.

Ceux qui l’ont eu en prétendant qu’ils ne s’attendaient cependant pas à une telle violence de la part des forces israéliennes prêchent soit par mensonge soit par idiotie. Israël a toujours « géré » les Palestiniens avec la force et n’entend pas déroger à cette règle répressive et d’extermination. Sans remonter jusqu’au jour de la Nakba, il y a soixante-dix ans, sans aller jusqu’à l’occupation de Gaza il y a plus de cinquante ans ou jusqu’aux tueries préparées et ordonnées par Ariel Sharon, il suffit de restituer le cours des évènements sur une période relativement courte - à partir du début des années 2000 par exemple - pour s’apercevoir qu’aux mains nues palestiniennes, il y a toujours eu en face les fusils et les blindés israéliens. Depuis 2004, Gaza par exemple a été soumise aux pires exactions. En 2006, elle a fait l’objet d’un blocus tandis qu’en 2014, elle a subi une guerre qui a fait des milliers de victimes et ouvert la voie à une politique israélienne qui a fait de l’enclave palestinienne un « camp de concentration », le terme étant utilisé par des ONG occidentales. Depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir à Washington, Israël a redoublé de violence envers ses habitants et concentré sa puissance de feu sur eux au prétexte qu’ils sont manipulés par le Hamas et le « Djihad ». L’Etat hébreu et le gouvernement ultra droitier et raciste de Benjamin Netanyahu s’est encore senti les mains libres après la décision de la Maison-Blanche de transférer l’ambassade des Etats-Unis en Israël de Tel-Aviv vers Jérusalem.
« Champagne à Jérusalem, bain de sang », a écrit un journal français du soir fort justement. La formule utilisée par le quotidien vaut aussi comme rappel que la réaction des Etats de la Ligue arabe, hier, ne sera pas autre chose qu’une indignation de circonstance ou, pire de façade. Certes, son secrétaire général, Ahmed Aboul Gheit a condamné les massacres d’Israël et les considère comme des « crimes de guerre », appelant la Cour pénale internationale (CPI) à lancer une enquête. Certes, il a convoqué une « réunion d’urgence » pour aujourd’hui mais on sait que les Etats qui exercent réellement leur influence au sein de ses structures partagent des intérêts avec Israël et son parrain américain. L’Arabie saoudite, qui s’insurge contre le transfert de l’ambassade US à Jérusalem (Al Qods), s’est rapprochée considérablement de l’Etat hébreu contre l’Iran, considéré comme l’ennemi chiite à abattre. L’Egypte et la Jordanie ainsi que les Emirats pour ne citer que ces pays entretiennent depuis longtemps avec Israël des relations sécuritaires importantes, voire étroites et parfois dirigées contre la résistance palestinienne à Gaza. Avec Washington, ils n’ont ni plus ni moins que des relations dictées par l’empire et ses logiques et ses choix. Quel que soit le ton qu’ils auront aujourd’hui face à l’Etat hébreu, ils ne feront rien qui puisse porter préjudice à leurs intérêts. Au-delà de la parole, ils n’auront rien d’autre à affirmer qui ne soit pas l’équivalent de la réclamation occidentale d’une « enquête indépendante » ou d’« appel à la retenue à toutes les parties », selon la déclaration hier du Premier ministre britannique Theresa May. C’est-à-dire mollement pour laisser le pouvoir israélien gérer comme il l’entend la question palestinienne. Et Benyamin Netanyahu fait ce qu’il veut à l’intérieur d’une classe politique israélienne où forces centristes et de gauche sont carrément inaudibles, voire invisibles ; où tout appel à faire cesser le massacre des Palestiniens est considéré comme une trahison. Une situation qui a fait dire en début d’année à l’historien israélien Zeev Sternhell (spécialiste du nazisme) que l’Etat se dirige vers un Etat d’apartheid où « pousse sous nos yeux, non pas un simple fascisme local, mais un racisme proche du nazisme à ses débuts ».
Dernière modification le mercredi, 16 mai 2018 09:23

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