Pokemon Go app download for android. Get Prisma app for android and edit pics. prisam apk.
jeudi, 17 mai 2018 06:00

Vivre ensemble en paix : Journée internationale, enjeux 100% algériens

Écrit par Halim Midouni
Évaluer cet élément
(0 Votes)
Hier, l’Assemblée populaire nationale (APN) a célébré la Journée internationale du vivre-ensemble en paix. La chambre basse du Parlement n’était pas la seule institution à fêter cet évènement.
Sa consécration est venue de plus haut -de la présidence de la République- et du chef de l’Etat, qui en a fait un évènement national majeur dans un message écrit, mardi dernier, pour la circonstance et pour «documenter» en quelque sorte la sortie très politique qu’il a consacrée à la visite du siège par la confrérie Belkaidia à Tixeraine, en banlieue d’Alger.
L’importance accordée par M. Bouteflika à cette journée internationale vient du fait, remarquable et pas si fréquent, qu’il s’agit d’une initiative algérienne que l’Assemblée générale des Nations unies a adoptée (sans vote, faut-il le préciser) le 8 décembre 2017, pour qu’elle soit célébrée le 16 mai de chaque année. «Mobiliser les efforts de la communauté internationale en faveur de la paix, de la tolérance, de l’inclusion, de la compréhension et de la solidarité, en exprimant le désir profond de vivre et d’agir ensemble, unis dans la différence et la diversité, en vue de bâtir un monde viable reposant sur la paix, la solidarité et l’harmonie». Au vu de l’état actuel du monde, cette résolution fait sourire ou peut même inciter au rire gras. Au plan strictement algérien, elle n’est cependant pas si négligeable qu’on le croit.
Au contraire ! Le texte peut être compris comme un couronnement de toutes les actions politiques entreprises par le président Bouteflika pour clore la séquence de la «guerre civile» des années 1999, à commencer par la loi sur concorde civile jusqu’à la mise en œuvre, en 2006, de la loi portant charte pour la paix et la réconciliation (adoptée par référendum du 29 septembre 2005). On peut citer d’autres initiatives dans l’objectif de solder – c’est le terme - cette période durant laquelle des Algériens se sont entretués. Elles sont sans doute moins importantes par rapport à la perspective dans laquelle le pouvoir inscrit la résolution sur le «vivre ensemble en paix» : la lutte contre l’extrémisme religieux et contre une idéologie dont le caractère hégémonique, voire totalitaire, menace la cohésion sociale et la sécurité du pays à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières. Il n’est ainsi pas du tout forcé ni exagéré d’apparenter l’audience accordée à cette journée du «vivre ensemble en paix» par les autorités du pays aux initiatives tout aussi algériennes, mais plus centrées, cette fois, sur les questions posées par le voisinage et le Sahel. On fait référence, par exemple, ici à la création en 2013 à Alger de la Ligue des oulémas, imams et prêcheurs du Sahel : une structure qui se donne pour mission de lutter par l’information et la sensibilisation contre l’extrémisme religieux dans la sous-région. La différence est que cette ligue est née d’un travail de réflexion politique et sécuritaire, conduit par des acteurs institutionnels, notamment dans le cadre panafricain de l’UA et à travers le Centre africain d’études et de recherches sur le terrorisme (CAERT), dont le siège est également à Alger depuis son inauguration en octobre 2004. La Journée internationale du «vivre ensemble en paix», elle, est d’inspiration confrérique.

«Vivre ensemble», mais mise au point aussi : le soutien opportun de l’UGTA à Nouria Benghebrit
Le meilleur éclairage de cette perspective, peut-être, a été fourni hier par l’UGTA. Pour la Centrale syndicale, le vivre ensemble a une «signification profonde» pour les Algériens. Il est lié, explique un communiqué de sa direction, hier, aux enseignements tirés de cette période «sombre» traversée où de «graves périls» avaient menacé les «fondements» de l’Algérie.
Il est «indissociable» des valeurs du «savoir  en opposition à l’ignorance, la tolérance en opposition au sectarisme et à l’intégrisme». Il met en avant «le respect des différences», lit-on encore dans le document de la Centrale, qui appelle à «fêter la diversité culturelle de notre pays et sa cohésion retrouvée, grâce à la réconciliation nationale, initiée par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika». Tout y est dit ou presque quand le plus ancien syndicat du pays, à l’histoire et aux rapports particuliers avec le pouvoir dans le pays, ajoute : «L’Algérie du futur se prépare aujourd’hui au quotidien» et dans ce chantier «l’école occupe une place centrale» et un «rôle primordial». Tout y est dit ou presque quand son secrétariat général se dit «préoccupé» par «les surenchères auxquelles se livrent régulièrement les adeptes de l’archaïsme et de la régression sociale» au sein de l’école algérienne. Il saisit cette occasion pour délivrer un message particulier à l’endroit de la ministre de l’Education nationale pour saluer les «louables efforts» entrepris par les responsables de son secteur pour asseoir un climat «apaisé» permettant le «raffermissement d’une école citoyenne, ancrée dans les valeurs qui fondent la société algérienne et tournée vers la modernité, la science, le progrès et l’universalité».
De l’ONU à l’Education nationale, en passant par la Maison du peuple du 1er-Mai, le parcours de la résolution sur le «vivre ensemble», on le voit, est extraordinaire et particulièrement complexe, mais significatif pour qui veut comprendre une partie des affrontements politiques et idéologiques dans le pays. Le fait que sa paternité revient à l’Association internationale soufie Alawiyya, une confrérie dont le guide spirituel est le cheikh Khaled Bentounès (lire article de Selma Allane), rend plus qu’intéressant le soutien qu’elle a de la part de l’Etat et du pouvoir algériens.

Laissez un commentaire