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dimanche, 14 octobre 2018 06:00

Pétrole : Semaine erratique et perspectives floues

Écrit par Rachid Bouarroudj
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Les cours du pétrole ont regagné un peu de terrain vendredi à la fin d’une semaine difficile, marquée par les signes d’un éventuel ralentissement de la demande d’or noir sur le marché mondial. Sous tension, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre a gagné 17 cents pour terminer à 80,43 dollars

sur l’Intercontinental Exchange (ICE) alors que sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «Light sweet crude» pour le contrat de novembre a pris 37 cents pour finir à 71,34 dollars. Sur la semaine, les cours du brut ont en effet encaissé des pertes marquées, le Brent reculant de 4,4% et le WTI de 4,0%, alors qu’ils avaient atteint en début de mois leurs plus hauts niveaux en quatre ans. Mais « le marché s’attend désormais à ce que la mise en œuvre de l’embargo pétrolier sur l’Iran - qui produit 2,8 à 3 millions de barils par jour (Mb/j) - à partir du 4 novembre sera une source de nouvelles tensions sur les prix », écrit IFP Energies Nouvelles (Ifpen) dans une note publiée vendredi, cité par le journal les «Echos» hier. Beaucoup s’attendent d’ailleurs à une première semaine de novembre particulièrement «euphorique » pour le prix du baril ; qui risque de frôler au moins les 90 dollars car à cette date, les capacités de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) vont être alors mobilisées, ce qui laissera peu de marge de sécurité pour répondre à d’éventuels aléas de l’offre ; d’autant que la production du Venezuela, membre de l’Opep, continue de chuter (1,2 Mb/j contre
2 Mb/j il y a un an). D’autre part, la progression de l’offre de pétrole américain risque de ne pas être au rendez-vous dans les délais nécessaires. En ce qui les concerne, les experts de JP Morgan pensent que « sur la base des marchés à terme, la moyenne 2019 est désormais estimée à un peu plus de 82 dollars le baril contre un niveau autour de 75 dollars cette année », ce qui représente une hausse 20 dollars par rapport à 2017. Ils ont également relevé de 22 dollars, à 85 dollars, leur prévision pour le baril de Brent au dernier trimestre 2018. Des cours qui pourraient grimper à 90 dollars si l’administration Trump n’accorde pas d’exemption aux acheteurs de brut iranien, parmi lesquels figure l’Inde, soulignent-ils. Cependant, les prix de l’or noir ont particulièrement pâti de signaux avant-coureurs d’un éventuel relâchement de la demande dans les mois à venir. L’Agence internationale de l’Energie (AIE) a ainsi estimé vendredi que la demande de pétrole serait moins forte que prévu en 2019, avec l’essoufflement de l’économie mondiale. « La combinaison de prix du pétrole plus élevés, du repli des devises des pays émergents face au dollar, et d’éventuels barrières douanières, a alimenté les risques de voir s’affaisser la croissance de la demande en brut, plutôt solide ces dernières années », ont souligné les analystes de Schneider Electric.
Ces chiffres seraient en tout cas « l’occasion pour l’Arabie saoudite (premier exportateur mondial) de dire que tout est sous contrôle et qu’une augmentation de la production n’est pas nécessaire si la demande n’est pas là », a commenté pour sa part un analyste de Petromatrix.

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