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dimanche, 12 août 2018 20:58

Fuite des cerveaux : L’hémorragie continue

Écrit par Farid Messaoud
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L’Algérie n’a pas pu réduire la fuite des cerveaux. De même, elle n’est pas parvenue à en limiter les effets négatifs. Le pays sait pourtant ce qu’il faut faire pour arrêter l’hémorragie. Mais peu de choses sont faites. Conséquence, le flux migratoire continue et à un rythme supérieur à celui des années 1970, 80 et 90.

En seulement 17 ans, pas moins de 500 000 «cerveaux» algériens ont pris le chemin de l’exil à la recherche de postes d’emploi convenables et de meilleures conditions de travail, selon les statistiques livrées par le président de l’Union générale des expatriés algériens, Said Benreguia, dans une déclaration au journal Echorouk. Un autre chiffre impressionnant mis en exergue par Benreguia : sur la totalité de ces compétences algériennes ayant quitté le pays pour travailler à l’étranger, sur la période s’étalant de 1995 à 2012, la moitié, soit 250 000 personnes, ont obtenu la nationalité du pays d’accueil. Elles étaient obligées, selon lui, de demander et d’accepter de se faire naturaliser et devenir des citoyens de pays d’accueil. Les Algériens naturalisés auront les mêmes droits que ceux dont jouissent les chercheurs autochtones dans le pays d’accueil. Les «cerveaux» algériens «migrent» généralement vers le Nord. Et selon le président de l’Union générale des expatriés algériens, 90% de ces compétences sont établies en France, tandis que le reste est partagé entre les Etats-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, mais également l’Italie et l’Espagne.

La répartition par catégorie professionnelle fait ressortir, d’après les données établies par l’Union générale des expatriés algériens, que 40 000 médecins algériens exercent dans des hôpitaux français, dont pas moins de 10 000 spécialistes. Said Benreguia affirme également avoir comptabilisé 150 000 étudiants, tous cycles confondus, poursuivant leurs études et recherches dans des universités françaises, russes, américaines et mêmes de certains pays arabes.

Il indique par ailleurs qu’un plan a été mis en place pour inciter ces compétences à revenir dans le pays et avoir demandé au gouvernement de créer un ministère qui aura pour mission d’investir dans ces compétences. Cet appel sera-t-il entendu ? Peu probable et la situation risque d’empirer, pas de s’améliorer. Dans un pays où les opportunités de travail sont limitées, la migration vers l’étranger constitue une des réponses majeures à la crise persistante. Le phénomène s’est particulièrement accéléré lors des décennies écoulées. 930 000 personnes nées en Algérie vivaient à l’étranger en 1990. Le chiffre passe à 1 040 000 en 2000 et 1 710 000 en 2010 pour s’établir à 1 770 000 en 2013. Ces statistiques sont tirées d’une carte publiée il y a quelques années par le think tank américain Pew Research Center, se basant sur les données de l’Office de la migration internationale des Nations unies. Les chiffres confirment, en données brutes, que la crise violente des années 1990 avait été le début d’un nouveau grand flux migratoire des Algériens qui s’est poursuivi dans les années 2000, marquées par un reflux des violences. Entre 1990 et 2000, alors que les violences étaient généralisées, il y a eu un accroissement très modéré de 110 000 nouveaux expatriés algériens. Mais dans les années 2000, ce sont 670 000 nouveaux expatriés qui se sont rendus en Europe, en France notamment, ou en Amérique du Nord (Canada). Entre 2010 et 2013, ce sont 60 000 nouveaux expatriés qui ont été enregistrés.

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