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francealgerie

mardi, 11 septembre 2018 19:04

Elle s'inquiète de la « remise en cause » du droit de manifester : La LADDH interpelle le gouvernement

Écrit par CHAFIK AÏT M’BAREK
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Dans une déclaration, rendue publique hier, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) dénonce l’arrestation de militants politiques du mouvement Mouwatania à Constantine, notamment Zoubida Assoul, de l’ancien ministre du Trésor, Ali Benouari, et de notre confrère Saad Bouakba. Ces derniers ont été conduits au commissariat alors que de nombreux militants, dont Amira Bouraoui, ont été interceptés, quant à eux, au niveau des barrages de police, dressés à l’entrée de la ville.

En effet, la LADDH, par la voix de son vice-président, Saïd Salhi, tient à « dénoncer l’accaparement de la rue par le pouvoir et son interdiction pour les formations politiques de l’opposition notamment, ainsi que les syndicats et les associations autonomes ». On a déploré qu’en dépit de la levée de l'état d'urgence, en février 2012, la LADDH observe avec inquiétude les tentations de remise en cause des droits de manifestations pacifiques mais aussi de réunions et d'associations. Lesquelles libertés sont pourtant consacrées par le droit interne et par les conventions internationales, ratifiées par l'Algérie, à savoir le pacte international relatif aux droits civils et politiques, a-t-on indiqué. Plus encore, le pacte, examiné en juillet dernier par le comité des droits de l’Homme de l'ONU à Genève, et sur lequel les représentants du gouvernement ont été invités à répondre, surtout par rapport aux engagements du pays pour sa mise en œuvre concrète. Sachant notamment que des rapports alternatifs, élaborés par les acteurs de la société civile, ont mis dans l’embarras les représentants du gouvernement, qui avaient eu du mal à se défendre et à justifier toutes les restrictions touchant à l'exercice de ces droits, a-t-on affirmé.

Occasion pour les militants des droits de l’homme algériens de rappeler que les marches pacifiques, les réunions et autres actions publiques de la société civile ou politique « sont non seulement encore interdites,  arbitrairement à Alger » mais aussi « dans toutes les régions du pays, notamment en Kabylie que l'on croyait pourtant immunisée contre l'arbitraire ». On a ajouté dans la foulée, que la LADDH a payé, elle-même, le prix fort à travers des interdictions, qualifiées d’arbitraires aussi de ses activités, entres autres « son université d'été et le 6e Forum des droits humains à Béjaïa pour la célébration de la Journée mondiale des droits humains ».

Le harcèlement, la pression et la répression contre les militants, les activistes, les journalistes, les blogueurs, les réalisateurs et les artistes sont devenus monnaie courante, a-t-on dénoncé et ce, dans l'objectif de museler la société et d'étouffer toutes les voix discordantes. A plusieurs reprises, poursuit-on, la société, les militants, en l'absence d’espaces de dialogue et de médiation avec le pouvoir politique, se trouvent seules face aux forces de sécurité, mobilisées en nombre ainsi que le pouvoir judiciaire, mis à contribution. Et ces mêmes forces sont en outre accusées, à plusieurs reprises, d'abus et de violence lors de l'exécution de leurs missions alors qu’ils ont souvent à faire à des manifestants pacifiques, qui ne menacent nullement l'ordre public, a-t-on dénoncé.
On a expliqué en outre que « ce face-à-face, qui dure depuis des années maintenant, devient inquiétant et pesant ». Pis, il s'apparente à « une pratique qui s'est institutionnalisée, ne laissant aucune parcelle de libre expression aux citoyens, alors que le régime démocratique dicte un ensemble de règles, à savoir le respect de la pluralité et de la liberté, qui est l'opposé, par excellence, des régimes de contrôle, de censure et d'étouffement ».

La LADDH interpelle le gouvernement afin d’ouvrir le champ d'exercice des libertés publiques et démocratiques. Les droits à l'exercice des libertés d'expression, de réunion, de manifestations pacifiques et d'association. Et doivent être respectés. Elle appelle, par ailleurs, le gouvernement à réviser les lois sur les associations, de réunions et de manifestations publiques et pacifiques pour plus de libertés. Et de consacrer définitivement le régime déclaratif à la place du régime en vigueur, de contrôle et d'autorisation.

La LADDH appelle la société à s'organiser dans le strict cadre pacifique et à demeurer solidaire et mobilisée autour d'un large front national pour la construction d'un Etat de droit et des droits humains pour toutes et tous.

 

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