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mercredi, 12 septembre 2018 06:00

Audin l’Algérien !

Écrit par Nordine Azzouz
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L’initiative du président Emmanuel Macron d’assumer la responsabilité de l’Etat français dans la disparition et l’assassinat de Maurice Audin est sans doute un geste tardif. On peut passer des heures à expliquer pourquoi, selon le point de vue algérien, elle intervient en décalé.

Cependant, elle a la vertu d’avoir été prise et de confirmer jusqu’ici une chose essentielle : la cohérence manifeste entre les déclarations de M. Macron, candidat à l’Elysée, et les actions de M. Macron, président de la République française, sur la question coloniale française dans sa globalité et ses tragédies et abominations en Algérie en particulier. Sur cette question, le président n’est pas en défaut jusqu’à présent. Ce qu’il en fait aujourd’hui correspond à ce qu’il en a dit, ici à Alger, un certain mois de février 2017, lors de son passage alors qu’il était en précampagne présidentielle : «Un crime contre l’humanité». Ce jugement, il le répétera plus tard en novembre 2017 à Ouagadougou et continuera à le proférer de manière plus discrète dans son pays, jusqu’à arriver à rendre justice au martyre et à la mémoire de Maurice Audin. Ira-t-il plus loin comme le souhaite Alger ?

Dans une déclaration remise à la veuve de Maurice Audin, Josette Audin, le président français a appelé à l’approfondissement du travail de vérité lié à la « Guerre d’Algérie ». «Il importe que cette histoire soit connue, qu’elle soit regardée avec courage et lucidité », a-t-il dit, ajoutant qu’ « il en va de l’apaisement et de la sérénité de ceux qu’elle a meurtris, dont elle a bouleversé les destins, tant en Algérie qu’en France ». Mais cela dépendra de nombreux paramètres, dont certains ont davantage à voir avec la politique et ses dynamiques d’affrontement et de contradictions en France qu’avec l’Histoire qui, elle, s’est chargée de la question coloniale en Algérie un certain été 62, il y a presque soixante ans maintenant. Chercher à répondre à la question risque par ailleurs de faire rater le débat qui s’impose à nouveau à nous et à la façon dont la reconnaissance du crime contre Maurice Audin par l’Etat français a été perçue et commentée par beaucoup de médias algériens et les termes par lesquels ils ont accompagné leur présentation du mathématicien torturé à mort par l’armée coloniale française.
Histoire de rappel : Maurice Audin est Algérien et rien d’autre. Rouge ou pas, il s’est sacrifié comme beaucoup d’autres qui ne s’appelaient pas Mohamed pour la cause nationale et pour une Algérie libre, quand d’autres qui avaient des patronymes plus « locaux » restaient chez eux ou attendaient décembre 60 et même plus tard pour (se) manifester. Rappel d’histoire pour les ignorants ou les oublieux : le FLN de guerre était un front. Il n’a pas combattu au nom de la religion ou au nom d’une identité contre une autre : il a proclamé la lutte par les armes au nom de l’indépendance et du recouvrement de la souveraineté nationale.

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