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Reporters - Filtrer les éléments par date : jeudi, 14 août 2014

Incapable de reprendre les choses en main, le Parlement libyen, réuni hier dans la ville de Tobrouk, a fini par se prononcer à la majorité des voix en faveur d’une intervention étrangère, avec pour principale motivation la protection des civils libyens, pris en étau par les milices armées, dont les rivalités ont plongé le pays dans un cycle de combats meurtriers. Le Parlement a adopté par 111 voix sur 124 députés présents une résolution appelant la communauté internationale à intervenir rapidement pour protéger les civils en Libye, en particulier à Tripoli et à Benghazi. Cette décision pourrait prêter à une «précipitation» tant elle est inattendue ; dans la mesure où elle intervient au moment même où une délégation de l’ONU, à travers la Mission d'appui des Nations unies en Libye (MANUL) - instituée en septembre 2011 par le Conseil de sécurité – était dans la capitale libyenne depuis vendredi dernier pour tenter d’arracher un hypothétique cessez-le-feu et un arrêt total des combats. En parallèle, le Parlement libyen, dans une première réunion informelle tenue lundi dernier, avait inscrit à l’ordre du jour de sa session un projet d’amendement constitutionnel qui lui permettrait de lancer une offensive générale contre les milices, y compris celles dont il a lui-même reconnu les représentants politiques, issus principalement du courant islamiste. Mais il n’est pas parvenu à adopter une loi pour dissoudre et retirer la reconnaissance juridique à certaines milices actuellement officiellement reconnues comme faisant partie de l'armée formelle de la Libye. Enfin, une décision inattendue, car l’Algérie, par la voix de son Premier ministre Abdelmalek Sellal, qui s’exprimait sur la question lors du Sommet USA – Afrique, s’est prononcé en faveur d’une solution politique, qui passerait « par un consensus apte à mettre en place un gouvernement et des institutions capables de diriger la Libye», privilégiant une solution négociée et un consensus national entre tous les Libyens. Une vision d’ailleurs partagée par la MANUL qui a indiqué hier qu'elle travaillait avec ses partenaires internationaux pour aider à la médiation d'un cessez-le-feu et maintient les contacts avec « toutes les parties » pour rechercher une solution politique à la crise actuelle. Cependant, à travers ce vote, le Parlement libyen, qui avait déjà échoué à instaurer son autorité et à maîtriser la situation sécuritaire, réduit à néant toute volonté d’aller vers un règlement pacifique de la crise. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que le gouvernement de transition évoque la possibilité de faire appel à la communauté internationale en vue d’une nouvelle intervention étrangère pour mettre fin à la « débandade » militaire. Sur le front de l’Est, à Benghazi, un brigadier général de l’armée de l’air enrôlé avec le général Haftar, initiateur de l’opération «Dignité», lancée pour chasser les islamistes armés de toute la région, a affirmé que «tout navire entrant ou sortant du port de Benghazi sera détruit», selon le quotidien Herald Libya. Saqr Adam Geroushi a déclaré au journal que «la décision prise par le conseil municipal de Benghazi de laisser le port ouvert a mis la vie des travailleurs du port en danger». Cette opération devrait mettre fin au ravitaillement par mer en armes les milices et groupes armés islamistes de la région ; affirmant encore que des renforts arrivaient à Benghazi des régions de Mirsata, Ras Lanouf et Derna. Samedi dernier, le porte-parole de l'opération « Dignité », Mohamed Hejazi, a confirmé l’arrivée de renforts au port de Benghazi et a fait état de premiers bombardements dans la zone portuaire de Derna ; annonçant que tout le trafic maritime dans Benghazi sera redirigé vers Tobrouk. Une Union africaine «décalée» Entre-temps, le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) a réitéré sa profonde préoccupation face à la situation actuelle en Libye et lancé un appel en vue d’un cessez-le-feu « immédiat », demandant la tenue d’un dialogue national à travers un communiqué rendu public hier à l’issue d’une réunion tenue à Addis-Abeba. Dans la foulée, alors que la Libye est à feu et à sang, le conseil de l'UA « a pris note avec satisfaction de la création de deux Comités traitant des questions politiques et sécuritaires, coordonnés respectivement par l'Egypte et l'Algérie». Prise au dépourvu, l’Union africaine, qui n’a jamais vraiment pesé dans l’actualité sécuritaire de l’Afrique, est revenue également sur les axes prioritaires de la stratégie sur le Sahel, construite sur la promotion de la coopération régionale en matière de sécurité à travers le processus de Nouakchott, créé en mars 2013 dans la capitale mauritanienne, la participation à la réflexion pour son approfondissement et le soutien aux programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion socioéconomique des groupes armés, mais… du Nord-Mali, alors que le «brasier» se trouve de l’autre côté du continent. Quoi qu’il en soit, une réflexion sur la capacité africaine de réaction immédiate aux crises a été enclenchée pour que celle-ci «intègre les capacités spécifiques de réponse aux menaces de la région ».

Publié dans théma archives

Le massif forestier de Bounaâmane, dans la commune de Zekri (wilaya de Tizi-Ouzou), est le théâtre d’une vaste opération de ratissage déclenchée avant-hier par les forces de l’Armée nationale populaire (ANP), apprend-on de source sécuritaire. Situés à la lisière des deux wilayas, Béjaïa et Tizi-Ouzou, les maquis ciblés par l’armée seraient la base de repli d’un groupe terroriste qui se serait refugié dans cette forêt dense au relief accidenté et s’étendant sur le territoire des communes Aït Chaffaâ (Azeffoun) et Beni K’sila (Adekar). Selon notre source, les forces combinées de l’ANP, appuyées par les patriotes de la région, ont encerclé ces irréductibles de l’ex-GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) qui continuent à écumer la forêt de l’Akfadou, en attendant de donner l’assaut final visant à nettoyer la Kabylie des dernières poches des islamistes armés. Les responsables de cette opération militaire ont même fait appel à des forces aériennes, puisque des hélicoptères de l’ANP n’ont cessé hier de survoler ce massif boisé et de pilonner les zones suspectes. Le bruit assourdissant des bombardements par air et par terre ont été d’ailleurs entendus tout au long de la journée d’hier par les habitants des villages avoisinants. Rappelons que cette région montagneuse de Kabylie a eu à vivre des années de terreur, notamment durant la décennie noire, où d’innombrables attentats meurtriers (faux barrages, explosion de bombes, fusillades, incursions nocturnes, embuscades, enlèvements, rackets…) ont été signalés. Plusieurs citoyens, dont des éléments des différents services de sécurité et des officiels, ont trouvé la mort dans ces zones rouges, notamment sur la route nationale n°12 traversant la forêt dense de l’Akfadou, devenue des années durant un véritable coupe-gorge. Enfin, on croit savoir l’armée, qui multiplie ces derniers mois ses opérations antiterroristes, entend en finir définitivement avec ces réfractaires se réclamant de la mouvance islamiste armée. Néanmoins, tout porte à croire que cette offensive de l’armée risque de se prolonger dans le temps, étant donné que certains endroits de ce massif forestier sont quasiment inaccessibles.

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Dans un rapport publié, mardi dernier, le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) recommande aux pays africains de privilégier les investissements dans les projets d’adaptation au changement climatique à faible coût pour accélérer le développement durable.

On sait que, face au changement climatique, la riposte au niveau de chaque pays est engagée autour de deux actions : l’atténuation qui exige une réduction immédiate et drastique des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation qui consiste à réduire plutôt la vulnérabilité du pays concerné, à travers le comportement des acteurs économiques et même des ménages. Dans les pays africains, très faiblement émetteurs de gaz à effet de serre, mais, au contraire, fortement exposés aux risques climatiques, la priorité est accordée aux stratégies, initiatives et mesures individuelles ou collectives visant, par des mesures adaptées, à réduire la vulnérabilité des systèmes naturels et humains contre les effets réels ou attendus du changement climatique. Le directeur exécutif du Pnue, Achim Steiner, a noté que les économies africaines qui dépendent des ressources naturelles vont souffrir du changement climatique en l’absence de programmes d’adaptation solides. Il cite le secteur de l’agriculture qui dépend en Afrique à 94% de la pluviométrie et fait remarquer que « les impacts du changement climatique, tels que les sécheresses et les inondations, peuvent réduire le rendement des cultures de 15 à 20% ». Or, selon le rapport, d’ici à 2050, la population africaine aura doublé. Le continent abritera alors 2 milliards de personnes, dont la majorité dépendra de l’agriculture pour leurs moyens de subsistance. Dans l’idée des experts du Pnue, l’intégration des stratégies d’adaptation au changement climatique dans les politiques nationales de développement facilitera la transition vers une croissance verte et permettra ainsi de protéger les moyens de subsistance des populations. La publication du Pnue vient en complément du rapport de 2013 « Africa Adaptation Gap » (combler l’écart d’adaptation en Afrique) qui a été approuvé par la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement (CMAE), et qui a identifié les coûts potentiellement prohibitifs du changement climatique en Afrique. Toutefois, il n’y a pas de recettes « africaines », et encore moins universelles, pour l’élaboration de stratégies d’adaptation au changement climatique dont les impacts varient d’un territoire à l’autre en fonction de données locales et régionales qui tiennent du contexte géographique, socioéconomique, culturel et autres. C’est donc principalement à l’échelle locale, et avec la participation des acteurs concernés, que doit être élaborée cette stratégie. L’Algérie est dotée d’un plan national sur le climat qui vise justement à l’adaptation au changement climatique et propose des mesures pour minimiser les conséquences de l’effet de serre, notamment dans les secteurs prioritaires, comme l’agriculture, les ressources hydriques et la santé. Les experts algériens insistent depuis longtemps sur le fait que l’Algérie doit s’adapter au changement climatique pour réduire son impact négatif. Des mesures ont commencé à être appliquées dans le domaine des ressources en eau, de l’agriculture, de l’énergie et des transports et un dispositif de lutte contre la sécheresse, la désertification et l’érosion du sol est mis également en œuvre.

Publié dans Environnement

Un riche programme attend la sélection nationale de handball qui se prépare pour le Mondial-2015, surtout avec ces matches amicaux qui devraient être d’un niveau relevé. La sélection algérienne messieurs de handball effectuera du 13 au 22 août un stage en France, qui sera ponctué par plusieurs rencontres amicales dans le cadre de sa préparation pour le championnat du monde 2015. Vingt joueurs dont 18 évoluant dans le championnat d’Algérie prendront part à ce stage. Les deux autres joueurs jouent en France à Martigues Handball : El Hadi Biloum (32 ans, arrière droit) et Walid Bensemra (24 ans, arrière gauche). Au cours de ce premier regroupement à Eaubonne (région parisienne), l’équipe algérienne dirigée par Reda Zeguili affrontera son homologue japonaise les 16 et 17 août. Le Sept algérien jouera deux autres matches contre les clubs français de Tremblay (20 août) et Chambéry (21 août). Les handballeurs algériens rallieront ensuite la Suisse pour un second stage précompétitif qui s’étalera du 23 au 29 août à Yveton, à 10 km de Berne. Deux matches amicaux face à des clubs champions de pays européens sont au programme des partenaires d’Omar Chahbour les 24 et 25 août. Au Mondial-2015, prévu au Qatar du 15 janvier au 1er février, l’Algérie évoluera dans le groupe C avec la France, la Suède, l’Egypte, la République tchèque et les Emirats arabes unis. Les Verts entendent être prêts pour ce Mondial, où il sera question de tout donner pour au moins se qualifier au deuxième tour, après les ratages des précédentes éditions, où la sélection nationale sortait à chaque fois au premier tour et n’arrivait pas à imposer son jeu malgré les chances qu’elle avait de passer le premier tour. Cette fois, les poulains de Zeguili sont décidés à tout donner pour réussir l’exploit, même s’ils savent qu’ils devront être concentrés sur leur sujet durant ce tournoi.

Publié dans Sports

Les rapports des services de sécurité à Oran indiquent que la contrebande du cuivre bat son plein. Comparativement aux années précédentes, l’acheminement illégal des déchets de cette substance, qui traverse même les frontières du pays, est en augmentation fulgurante.

M. Ayane et Kaci K. Ce phénomène est encouragé par la hausse des prix du cuivre sur les marchés mondiaux. Outre ce juteux « marché », le câble électrique ainsi que la fibre optique de téléphonie fixe sont également ciblés par les contrebandiers. Algérie Télécom et Sonelgaz sont, depuis belle lurette, dans le collimateur de cette mafia, qui a été derrière plusieurs cas de délestage et de perturbation du téléphone fixe. Les zones les plus touchées sont celles de Sid El Bachir, Sidi Chahmi, Hassi Bounif et Misserghine et les quartiers populaires de la ville d’Oran. Au mois de juillet dernier, une saisie de 9 quintaux de cuivre par les éléments de la sûreté de wilaya a faussé les calculs des contrebandiers qui étaient à bord du véhicule, une quantité qui reflète les tournures que connaît ce trafic. Une moyenne de 50 affaires de vol de câble en cuivre sont traitées annuellement par les tribunaux de la wilaya, sans parler de ceux qui échappent à la trappe. Ces vols ont causé un important préjudice financier à Sonelgaz. Ce phénomène n’épargne pas également la Société nationale des transports ferroviaires dans la wilaya d’Oran, qui a enregistré une perte estimée à plusieurs millions de dinars. Ces pertes représentent le vol de câble en cuivre et autres équipements mécaniques de valeur. La prolifération de ces vols démontre que ces bandes sont de plus en plus spécialisées et activent sur commande. Il est à noter qu’en dépit de l’ampleur et de l’ingéniosité dont fait preuve la mafia du cuivre, les responsables des sociétés touchées par ces actes de vandalisme sont dans l’obligation de trouver des solutions qui soulageront à la fois l’Etat et le citoyen. Même si, à chaque fois, on entend parler d’un nouveau système qui mettra fin à ces vols en série, sur le terrain, rien n’a été fait. En attendant une vraie réplique, la mafia de cuivre ne cesse de sévir et de s’enrichir, au détriment du citoyen et de l’économie nationale. A Boumerdès, un réseau spécialisé dans le vol de câbles en cuivre a été démantelé par les éléments de la gendarmerie à l’issue d’une enquête déclenchée suite à plusieurs vols effectués sur la voie ferrée reliant Thenia à la capitale. En effet, les gendarmes ont appréhendé, dimanche dernier, en flagrant délit un individu au niveau de la gare de Corso, alors que ses deux complices ont réussi à prendre la fuite, a indiqué une source fiable, qui a précisé que ces derniers ont été identifiés. L’intervention des gendarmes a permis l’arrestation d’un jeune âgé de 23 ans originaire de la ville de Corso au moment où il tentait avec ses deux complices de voler 700 mètres de câble électrique au niveau de la gare de Corso. Présenté devant le procureur près le tribunal de Boumerdès, il a été placé sous mandat de dépôt et incarcéré à la prison de Tidjelabine. Il est à rappeler que le dernier vol de câble de cuivre remonte à la fin du mois de  juillet dernier où pas moins de 300 mètres ont été volés au niveau de la gare de Tidjelabine. Un sérieux préjudice financier a été causé à la société des chemins de fer. Ces actes portent également un préjudice et des désagréments aux nombreux usagers empruntant le train. Il est à rappeler que le train électrique reliant la capitale à l’est du pays est toujours à l’arrêt depuis que des citoyens ont détruit les poteaux électriques au niveau de la ville de Reghaïa.

Publié dans Région

Lors de sa conférence de presse tenue après la désignation de Haïdar El Abadi, à la tête de l’Exécutif, Nouri El Maliki a suggéré une tactique de résistance en affirmant qu’il allait recourir à la Cour fédérale et en lançant un appel aux différentes forces de sécurité de «maintenir leurs positions» et de ne pas s’inquiéter car «la légalité triomphera». La menace à peine voilée d’El Maliki de recourir à la force pour se maintenir au pouvoir explique le déploiement inhabituel des forces de sécurité à travers les points névralgiques de Bagdad. Nouri El Maliki brave ainsi le Parlement qui a désigné le nouveau Premier ministre en la personne de Haïdar El Abadi, et déclare à qui veut l’entendre, mais surtout à l’attention d’une armée et d’une police qui n’arrivent pas à rétablir l’ordre et la sécurité : «Je confirme que le gouvernement (sortant) est maintenu et il ne sera pas remplacé sans décision de la Cour fédérale». El Maliki estime avoir la légitimité pour un 3e mandat. Maliki sait qu’il n’a aucune chance de renverser les vapeurs d’une machine actionnée par Washington. Selon les analystes, quelle que soit la décision de la cour, le Premier ministre sortant a perdu de trop nombreux alliés pour rester au pouvoir. Abadi a été massivement soutenu après sa désignation, y compris par Washington et Téhéran, des alliés clés pour l'Irak. Mardi dernier, les Etats-Unis ont mis en garde contre toute « coercition ou manipulation » dans la crise politique en Irak où le Premier ministre Nouri El-Maliki a tenté de s'accrocher au pouvoir en contestant la nomination de son successeur. «Nous rejetterions tout effort, légalement ou d'une autre manière, de parvenir à une résolution de la crise à travers de la coercition ou de la manipulation du processus constitutionnel ou judiciaire», a déclaré la porte-parole adjointe du département d'Etat, Marie Harf. «Il y a un processus constitutionnel qui est en cours et que nous soutenons», a-t-elle ajouté. Manifestement, Washington menace explicitement El Maliki de représailles en cas de recours à la force d’autant plus que selon la constitution irakienne, El Maliki reste commandant en chef des forces armées jusqu'à la prestation de serment de son successeur. Bien que vaine, la résistance d’El Maliki s’explique par son refus d’admettre son propre échec politique pendant ses huit ans de règne sur un pays ravagé. Né à Abou Gharaq, dans le Sud irakien, en 1950, Nouri Kamal al-Maliki a fait ses études supérieures à Bagdad où il a obtenu un diplôme d'études supérieures en littérature arabe. C’est en 1960 qu’il débute sa carrière politique en militant au sein du parti Daâwa qu’il dirige aujourd’hui. En 1980, après le triomphe de la révolution islamique en Iran et la prise du pouvoir par le clergé chiite, l’Etat irakien commence à s’intéresser à l’activisme chiite et à en réprimer les militants, notamment ceux du parti Daâwa. C’est à cette période qu’El Maliki opte pour l’exil en Iran puis en Syrie où il dirige le bureau «jihad» du parti Daâwa, chargé des actions contre les intérêts irakiens à l'étranger. Il prend alors son nom de guerre de «Jawad». A son retour en Irak après la chute du régime de Saddam, El Maliki devient numéro deux du «comité de débaâthification» chargé de purger l’ancien parti unique Baâth. En 2005, El Maliki est élu député et a été l’un des principaux rédacteurs de la constitution irakienne. En mai 2006, il est investi Premier ministre. El Maliki est arrivé à ce poste grâce à un large front qui regroupe l’essentiel des partis chiites. En raison de sa mauvaise gestion de la période délicate, de son autoritarisme et de son sectarisme à l’égard des non-chiites, le Conseil suprême irakien prend ses distances et quitte l’Alliance irakienne unifiée et crée une nouvelle coalition sans le parti Daâwa. En 2010, El Maliki dirige la coalition de l’Etat de droit qui se classe en deuxième position lors des législatives de la même année. Maliki conteste les résultats et appelle à un nouveau décompte des voix, ce que la commission refuse. Le 4 mai 2010, deux mois après les élections législatives du 7 mars, l'Alliance nationale irakienne et la coalition de l'État de Droit d'Al Maliki se mettent d'accord pour faire alliance et former une seule et même coalition au parlement irakien. Menace sur l’intégrité de l’Irak Après des mois de négociations, un accord a été signé début novembre 2010 entre les partis politiques lui permettant de conserver son poste. Bien que disposant d’un puissant soutien intérieur et extérieur, El Maliki met en œuvre une politique catastrophique qui a aggravé la situation sécuritaire et a permis à Daech de couper l’Irak en deux et de menacer aujourd’hui Bagdad et le Kurdistan irakien. C’est El Maliki qui a jeté les tribus sunnites dans les bras de l’Etat islamique et a créé les conditions objectives pour les Kurdes de faire un pas vers l’indépendance.  Si l’armée que dirige El Maliki n’a pas réussi à rétablir l’ordre et à combattre les hordes de l’Etat Islamique, ce sont les Peshmergas qui sont dans les premières lignes face à cette menace que redoutent tous les pays de la région. N’est-ce pas là un point marqué par les Kurdes qui estiment avoir la légitimité nécessaires pour revendiquer un Etat indépendant ? Si cette question sera un dossier brûlant entre les mains du nouveau Premier ministre, Haïdar El Abadi, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un legs empoisonné qui menace l’intégrité de l’Irak.

Publié dans Monde

L’horreur du virus Ebola, qui frappe pas moins de quatre pays d’Afrique de l’Ouest (Guinée, Liberia, Sierra Leone et Nigeria), nécessite non seulement une réaction urgente afin d’endiguer sa propagation, mais exige également que l’on repense un certain nombre de postulats de base en matière de santé publique mondiale. Nous vivons une époque dans laquelle les maladies infectieuses émergentes et réémergentes sont susceptibles de se propager rapidement au travers des réseaux mondiaux. C’est pourquoi nous avons besoin d’un système de contrôle des maladies à l’échelle globale, d’une envergure qui permette d’appréhender cette réalité. La bonne nouvelle, c’est que l’instauration d’un tel système est à notre portée, à condition que nous investissions intelligemment. Par JEFFREY D. SACHS* L’Ebola est la plus récente des nombreuses maladies épidémiques apparues dernièrement, en premier lieu desquelles le SIDA, le SRAS ainsi que les grippes H1N1 et H7N9. Le SIDA est la plus mortelle de ces maladies, ayant emporté avec elle près de 36 millions de vies humaines depuis 1981. Plusieurs maladies épidémiques sont capables de s’étendre encore plus considérablement et soudainement, telles que la grippe espagnole apparue à la fin de la Première Guerre mondiale, qui tua entre 50 et 100 millions de personnes (soit bien davantage que la guerre elle-même). Et bien qu’il ait été possible d’endiguer la propagation du SRAS en 2003, et de limiter ainsi le nombre de décès à moins de 1 000, cette maladie s’apprêtait à perturber considérablement plusieurs économies d’Asie de l’Est parmi lesquelles la Chine. Pour comprendre le virus Ebola et les autres maladies épidémiques, il est nécessaire de garder à l’esprit quatre aspects essentiels. Tout d’abord, il faut savoir que la plupart des maladies infectieuses émergentes sont dites zoonotiques, c’est-à-dire qu’elles apparaissent chez les espèces animales, et présentent parfois une mutation génétique leur permettant de se transmettre à l’homme. L’Ebola aurait ainsi été transmis par la chauve-souris, le SIDA/VIH par le chimpanzé, le SRAS probablement par de petits mammifères vendus sur les marchés aux animaux de Chine méridionale, tandis que les souches grippales H1N1 et H7N9 seraient issues de la recombinaison génétique de virus caractéristiques des animaux sauvages et agricoles. L’apparition de nouvelles maladies zoonotiques semble d’autant plus inévitable que l’être humain pénètre de nouveaux écosystèmes (tels que des régions forestières autrefois reculées) ; l’industrie alimentaire crée un contexte sans cesse plus propice à la recombinaison génétique ; enfin, le changement climatique perturbe les habitats naturels et les interactions entre espèces. Deuxièmement, lorsqu’une nouvelle maladie infectieuse fait son apparition, sa propagation au travers du trafic aérien et maritime, des grandes villes, et des échanges de produits animaux, risque de s’opérer extrêmement rapidement. Ces maladies épidémiques sont les nouveaux symptômes de la mondialisation, et révèlent selon une réaction en chaîne meurtrière combien le monde est devenu vulnérable en raison de la circulation omniprésente d’individus et de marchandises. Troisièmement, les populations défavorisées sont les premières à être frappées, et toujours les plus affectées. Les communautés rurales vivent au plus près d’animaux contaminés susceptibles de créer une première passerelle de transmission de la maladie. Ces populations ont généralement pour habitude de chasser et de consommer du gibier, s’exposant ainsi à une contamination. Les communautés les plus pauvres, bien souvent illettrées, ignorent pour la plupart la manière dont se transmettent les maladies infectieuses, et notamment les pathologies les moins connues, ce qui les rend d’autant plus vulnérables à une contamination, et d’autant plus susceptibles de transmettre la maladie à autrui. En outre, compte tenu d’une alimentation peu riche en nutriments et d’une pénurie d’accès aux services de santé de base, leur système immunitaire affaibli peut plus facilement être pris d’assaut par la maladie que celui d’individus mieux nourris, mieux soignés, et plus à même de survivre. Les régions les moins médicalisées – qui manquent voire sont privées d’un personnel médical capable de fournir une réponse sanitaire appropriée aux épidémies (isolement des personnes contaminées, recherche des contacts, surveillance, etc.) – contribuent malheureusement à la sévérité des propagations initiales. Enfin, les réponses médicales nécessaires, de type outils de diagnostic ainsi que médicaments et vaccins efficaces, ne sont pas à la hauteur du défi que représentent les maladies émergentes. Il est indispensable de développer ces outils de manière constante. Ceci exigerait que les biotechnologies de pointe, l’immunologie, et en fin de compte l’ingénierie biologique, élaborent des procédés industriels de réaction à grande échelle (comme par exemple la fourniture de millions de doses de vaccins ou médicaments en cas d’épidémie majeure). Le fléau initial du SIDA a par exemple nécessité l’investissement de plusieurs dizaines de milliards de dollars en recherche et développement – et autres engagements tout aussi substantiels de la part de l’industrie pharmaceutique – afin de développer à l’échelle mondiale des médicaments antirétroviraux d’importance vitale. Malheureusement, chaque nouvelle maladie évolue inévitablement en direction d’une mutation du pathogène, ôtant peu à peu leur efficacité aux traitements initiaux. Il ne peut être question de victoire absolue, tout n’est qu’histoire de bras de fer constant entre l’humanité et les agents créateurs de maladies. Ainsi, le monde est-il paré pour faire face au virus Ebola ? Le serait-il face à une nouvelle forme de grippe mortelle, à une mutation du VIH susceptible d’accélérer la transmission de la maladie, ou encore à l’apparition de nouvelles souches de paludisme ou autres pathogènes qui présenteraient une faculté de multirésistance aux médicaments ? La réponse est non. Bien que les investissements en santé publique se soient significativement accrus depuis l’an 2000, aboutissant à des progrès remarquables dans la lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, la période récente a connu une nette baisse des investissements mondiaux en santé publique par rapport aux besoins. Les pays donateurs, échouant à anticiper et à répondre correctement aux défis existants et nouveaux, imposent une restriction budgétaire handicapante à l’Organisation mondiale de la santé, tandis que les financements du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme apparaissent bien inférieurs aux montants nécessaires à une victoire dans la lutte contre ces maladies. Énumérons brièvement les mesures qu’il s’agirait d’entreprendre de manière urgente. Tout d’abord, il est nécessaire que les États-Unis, l’Union européenne, les pays du Golfe et les États est-asiatiques mettent en place un fonds flexible, sous l’égide de l’OMS, qui permette de combattre l’épidémie Ebola actuelle, à hauteur d’un montant initial de 50 à 100 millions $, dans l’attente de développements futurs. Ceci permettrait de fournir une réponse sanitaire rapide, à la hauteur de l’urgence du défi. Deuxièmement, il s’agirait pour les pays donateurs d’accroître rapidement à la fois le budget et le mandat du Fonds mondial, de sorte que cette institution devienne un fonds mondial de santé dédié aux pays à faible revenu. L’objectif principal consisterait à aider les pays les plus pauvres à établir des systèmes de santé de base dans chaque bidonville et communauté rurale, selon le concept de Couverture santé universelle (CSU). L’urgence la plus extrême concerne l’Afrique sub-saharienne et l’Asie du Sud, où les conditions de santé et la pauvreté se font les plus menaçantes, et au sein desquelles un certain nombre de maladies infectieuses, pourtant soignables et contrôlables, continuent de faire des ravages. Il s’agirait précisément pour ces régions de former et de déployer un nouvel ensemble de travailleurs de la santé, capables de reconnaître les symptômes des maladies, d’assurer une surveillance, ainsi que d’administrer les diagnostics et les soins appropriés. Pour un coût annuel d’à peine 5 milliards $, il serait possible de garantir la présence de personnels médicaux formés au sein de chaque communauté africaine, susceptibles d’intervenir pour sauver des vies, et de répondre efficacement aux urgences sanitaires de type Ebola. Enfin, il incombe aux pays à revenu élevé de continuer d’investir suffisamment en faveur de la surveillance des maladies à l’échelle mondiale, des capacités de présence de l’OMS, ainsi qu’en appui des recherches biomédicales les plus vitales, ce qui a toujours considérablement bénéficié à l’humanité au cours du siècle passé. En dépit de l’étroitesse des budgets nationaux, nous ferions preuve d’une imprudence extrême en faisant peser les considérations budgétaires sur notre survie même. * Jeffrey D. Sachs est directeur de l’Institut de la Terre à l’Université Columbia aux Etats-Unis. Il  est également Conseiller spécial du Secrétaire général des Nations unies sur les Objectifs du Millénaire pour le développement.

Publié dans Grand angle

Après le crash, les retards et autres dysfonctionnements qui ont caractérisé Air Algérie, le Syndicat des pilotes de ligne algériens (SPLA) sort de son mutisme et tire la sonnette d’alarme. Il alerte sur «l’imminence d’un accident grave au sein de notre compagnie», écrit le syndicat dans un communiqué. Il rappelle que pendant plusieurs mois déjà « nous avons dénoncé et tiré la sonnette d'alarme au sein d'Air Algérie et sur la place publique concernant les risques importants qu'encourent notre compagnie, les derniers en date, à savoir lors des grandes assises du transport au mois de novembre 2013 et à travers plusieurs communiqués de presse (2013/2014)». «Malheureusement, regrette le syndicat, la Direction de la compagnie ignore nos alertes et continue dans sa démarche anarchique. » Le syndicat accuse qu’après le crash du Mali, « le comportement de certains responsables et le climat de travail qui règne au sein de la compagnie nous font craindre le pire ». Il cite la mauvaise gestion et le non-respect du régime de travail des pilotes, qui « mettent en danger immédiat la sécurité des passagers ». Il précise que cette gestion « nous a amenés à la situation actuelle catastrophique jamais connue de mémoire de pilotes». Le SPLA révèle que « la direction générale s'entête à recruter des pilotes (self-sponsor) sans le niveau requis (Bac+2) avec des formations douteuses ». Cela, alerte le syndicat, «entraînera forcement une atteinte grave à la sécurité ». «Les pilotes d'Air Algérie sont fatigués, en effet les refus de congés ont atteint des summums (14 mois de reliquat de congés pour certains) avec un total de plus de 132 années de reliquats pour l'ensemble des pilotes», ajoute le syndicat. «Cette situation dure depuis plusieurs années, ce qui oblige les pilotes à tricher pour avoir quelques jours de repos. D'un autre côté, l'absence préméditée et consciencieuse de l'ancien directeur de l'aviation civile (17 ans de règne), en laissant faire, a accentué l'aisance de la Direction générale dans le piétinement des lois », accuse encore le syndicat des pilotes, pour qui la direction générale a, au lieu « de s'occuper des problèmes de fond de la compagnie », procédé « à des changements de responsables». «Ces changements ne sauraient, estime le syndicat, améliorer quoi que ce soit». «Le problème de notre compagnie est plus profond et faire sauter quelques fusibles n'apportera rien du tout, d'autant plus qu'il s'agit d'un remaniement, quelques directeurs passent d'un poste à un autre, fort de leur incompétence avérée et leurs appartenances régionales», relate encore le SPLA. Le SPLA demande, par ailleurs, aux autorités «de se mêler pleinement et rapidement dans la gestion d’Air Algérie et d’engager une démarche sérieuse avec les professionnels de l’aviation pour essayer de sauver le pavillon national ». Il appelle à la plus grande vigilance de l'ensemble des professionnels de l'aviation au sein d'Air Algérie afin d'éviter un drame de plus. Il informe qu’une conférence de presse sera tenue dans les prochains jours par le SPLA. La sortie du syndicat intervient alors que la direction du pavillon national fait face à d'importantes turbulences qui ont conduit le P-DG Mohamed Salah Boultif à remercier certains de ses cadres, dont le directeur des opérations pour manquement au service.

Publié dans Actualite archives

Icône de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, c’est au travers d’un simple message posté sur Internet que les proches de Lauren Bacall ont confirmé mardi soir la mort de l’actrice à l’âge de 89 ans.

Indiquant que « c’est avec un profond chagrin, mais avec beaucoup de gratitude pour sa vie incroyable que nous confirmons le décès de Lauren Bacall », le message intervient, en effet, après que la presse américaine ait révélé que l’actrice était décédée mardi à son domicile du célèbre immeuble « Dakota » de la ville de New York, sa disparition étant la conséquence « d’un accident cardiovasculaire massif », ont-ils ajouté. Né le 16 septembre 1924 à New York sous le nom de Betty Joan Perske, avant de reprendre le nom de famille de sa mère à la suite du divorce de ses parents. Lauren Bacall, fille unique d’immigrants roumano-polonais et l’une des actrices les plus célèbres du cinéma américain, aura, entre autres, marqué l’histoire du cinéma par son duo avec l’acteur Humphrey Bogart dans le film Le Port de l’angoisse, mais aussi pour son regard profond, qui lui vaudra le surnom de « The Look » (le regard). Lors d’une scène culte dans le Port de l’angoisse avec celui qui était déjà une star confirmée, Humphrey Bogart, 44 ans,elle lui intime : « Vous n’avez pas à jouer avec moi, Steve. (...) Si vous avez besoin de moi, vous n’avez qu’à siffler. Vous savez siffler, Steve ? Vous rapprochez vos lèvres comme ça, et vous soufflez ». Dans le même film, elle chantait d’une voix grave dans un long fourreau noir How little we know devant un Bogart sourire aux lèvres, le vampe en allumant une cigarette... Ce fut le coup de foudre… Très tôt attirée par la comédie, qui sera pour elle une véritable source de satisfaction, la carrière artistique de Lauren Bacall commencera dès l’âge de 15 ans, quand, encouragée par sa mère, en plus de cours de danse, elle intègre la célèbre « American Academy of Dramatic Arts of New York ». N’y restant cependant que moins d’une année par manque d’argent, devant travailler comme ouvreuse, elle retentera sa chance en entamant une carrière dans le mannequinat. Remarquée par l’entourage du cinéaste Howard Hawks, après avoir été le modèle de couverture d’un magazine, Lauren Bacall rencontrera un franc succès dès son premier rôle dans le film Le Port de l’angoisse, malgré une timidité presque handicapante, qui l’avait poussée à rester constamment la tête baissée, ne relevant le regard que lors des dialogues. Cette « peur de la caméra », qui lui vaudra, par ailleurs, son surnom, Lauren Bacall l’avait expliquée en déclarant : « Je tremblais tellement de nervosité que la seule manière de tenir ma tête stable était de baisser mon menton pratiquement jusqu’à ma poitrine et de lever les yeux. » Loin d’être un frein à sa carrière d’actrice, Lauren Bacall apparaîtra après plus de six décennies de carrière dans plus de cinquante productions cinématographiques, ainsi que dans de nombreux longs métrages de télévision. Quelque peu oubliée des récompenses officielles, ne recevant qu’en 2009 un oscar pour l’ensemble de son œuvre, Lauren Bacall aura néanmoins tourné dans certains des films les plus marquants du cinéma américain, à l’image du long métrage d’Howard Hawks, Le Grand sommeil, sorti en 1946 et dans lequel elle donne une nouvelle fois la réplique à Humphrey Bogart, un acteur qu’elle finira par épouser en 1945. Tournant également avec Marilyn Monroe dans Comment épouser un millionnaire (1953), le nom de l’actrice reste également rattaché à la très réussie adaptation du roman d’Agatha Christie, Le Crime de l’Orient-Express, réalisé en 1974 par Sidney Lumet, ou encore au thriller Misery, réalisé en 1990 par Rob Reiner en adaptant le roman de Stephen King. Très engagée politiquement, Lauren Bacall s’était également fait connaître pour sa dénonciation du maccarthysme des années 50 et de la politique de mise à l’écart des cinéastes, se déclarant ou simplement soupçonnée de communisme, elle se revendiquera par la suite comme une « démocrate », libérale et une « antirépublicaine ».

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Le Parlement libyen, réuni à Tobrouk, a appelé, hier, à une intervention étrangère pour aider les autorités politiques du pays à restaurer l’ordre perdu depuis la chute de Kadhafi en 2011 et à mettre fin à la guerre des milices qui s’est aggravée depuis mai dernier pour faire aujourd’hui de la Libye – et comme on l’a écrit il y a presque deux ans dans ces colonnes - un vortex qui peut tout aspirer sur son passage.

Mais qui répondra favorablement à l’appel de parlementaires sans pouvoir réel et comment ? Les choix et les options  possibles sont tous pour l’instant marqués du sceau de l’aventure et du risque, tant les acteurs sollicités n’ont ni les mêmes intérêts ni les mêmes approches du problème libyen. Ici, trois options, toutes fragiles. L'option de l’Occident sous-traitant Les pays occidentaux, qui ont fait chuter le régime de Kadhafi, pourraient reprendre du service et aller jusqu'au bout de leur objectif : la mise en place d'un gouvernement « ami » contre les milices imprévisibles ou hostiles à leurs intérêts énergétiques, sécuritaires et géopolitiques. Une intervention équivaudrait pour eux à faire dans le domaine sécuritaire du « répressif » et du « préventif » en Libye même et sur toute la bande sahélienne où opèrent des groupes armés qui font leur marché d’armement dans les anciens arsenaux de Kadhafi. Pour l’énergie, l’enjeu pour eux reste le contrôle des ressources et des terminaux pétroliers. Les protagonistes possibles de cette option improbable pourraient être la France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, qui toutes ne semblent pas intéressés d’envoyer leurs troupes en «Tripolitaine». L’intérêt pour ces puissances serait de sous-traiter auprès de pays tiers de la sous-région, en proposant éventuellement, comme en 2011, des frappes contre des positions hostiles. L'option de l’Afrique via Alger et Le Caire L'Union africaine, qui suit avec « attention » et « inquiétude » les développements en Libye, pourrait elle aussi soutenir une option militaire. Ce serait de loin le meilleur choix possible dans la mesure où la vocation de l’organisation panafricaine est de préserver la stabilité et la sécurité de ses pays membres. L’Union ne peut être accusée ni d’ingérence ni de politique coloniale de la canonnière. Mais en a-t-elle les moyens ? La réponse, c’est non et le meilleur exemple de son incapacité à lever un dispositif d’intervention militaire en Libye est le Mali. Au final, ni l’UA ni la Cédéao n’ont été militairement déterminantes au Nord Mali qui a vu les forces françaises de Serval intervenir contre les djihadistes. Dans le cas d’une implication africaine, deux pays peuvent cependant jouer un rôle. Le premier est l’Egypte qui n’a pas exclu une intervention de ses forces armées en Libye si la nécessité se présente. Ce sera une opportunité  pour Le Caire de se placer dans le jeu maghrébo-sahélien, disent les supporters du président Al-Sissi. Ce sera une manière de faire oublier la crise politique dans son pays en dépit de son élection franche en mai dernier, en s’attaquant aux islamistes libyens de la Cyrénaïque proche… Le deuxième est l'Algérie qui, plus que l'Egypte, est préoccupée par la sécurité de ses frontières avec la Libye et ne souhaite pas que la situation déjà chaotique dans ce pays ne déborde davantage sur son flanc. Alger, par la voie du Premier ministre Sellal, exclut toute intervention de ses troupes au sol, même si des cercles chez nous semblent favorables à ce que l’ANP envoie ses soldats au-delà de la ligne frontalière de Debdeb… Ce scénario semble pour l’instant exclu. A la place, il est supposé que l’Algérie fournisse des armes et de l’expertise… Car pour l'Algérie, il faut dire qu'objectivement une intervention militaire serait une décision grave. Par contre, notre pays peut s'impliquer en aidant certaines parties, voire même en réussissant à trouver un modus vivendi entre les deux grandes milices de Zenten et Misrata. L'option ONU Même si les deux options précédentes paraissent difficilement envisageables et pas dénuées de risques en tout cas, celle de l’ONU le parait davantage. Le Conseil de sécurité pourra toujours voter une nouvelle résolution pour légitimer une intervention étrangère en Libye et donner éventuellement le feu vert à des frappes contre des cibles choisies. Il butera sur des difficultés terribles pour l’envoi de Casques bleus sur le terrain. Voter une résolution, c’est une chose, convaincre des Etats pour envoyer des troupes avant que celles-ci ne soient couvertes d’un mandat international est une autre chose. Une telle opération, si elle est admise comme du domaine du discutable dans les arcanes new-yorkais des Nations unies, prendrait beaucoup de temps sans être garantie de succès. En attendant la teneur des discussions que suscitera au Conseil de sécurité la demande d’une intervention étrangère du Parlement libyen, il faut se contenter d’un rappel, tragi-comique celui-là : ce sont les Nations unies qui ont voté le 17 mars 2011 une résolution instaurant une zone d’exclusion aérienne en Libye, sous l’impulsion de la France et du Royaume-Uni (membres permanents à l’assemblée des Nations unies) et de la Ligue arabe dirigée par le Liban qui a joué un grand rôle dans la mise en place de cette zone. Le but de cette résolution pour laquelle  l’Allemagne, la Chine et la Russie se sont abstenues était d’interdire le survol de la Libye et de protéger des civils uniquement. Elle n'a pas été respectée et conduit au renversement du colonel Kadhafi. On connaît la suite…

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