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Reporters - Filtrer les éléments par date : lundi, 22 septembre 2014

Le Brésil, plusieurs fois champion du monde, a disposé de la France sur le score de 3 sets à 2, ce qui lui permet de se qualifier pour la finale.

Les volleyeurs français ont frisé l’exploit en demi-finale du Mondial face au grand Brésil, triple tenant du titre et vainqueur 3 sets à 2 (25-18, 23-25, 25-23, 22-25, 15-12), au terme d’une bataille intense, samedi à Katowice, en Pologne. Seulement treizième dans la hiérarchie planétaire, battue aux portes du Top 6 de la dernière Ligue mondiale, la France était loin de faire partie des favoris, comme la Russie, l’Italie, le Brésil ou la Pologne, mais ses joueurs avaient clamé haut et fort qu’ils visaient une médaille. Après une défaite frustrante contre l’Italie en début de compétition, où elle avait mené deux sets à zéro, la France a quasiment tout renversé sur son passage, terminant en tête de la « poule de la mort », puis de ses groupes aux deuxième et troisième tours, en dominant l’Iran, nouvel épouvantail du volley, et les Etats-Unis, lauréats de la Ligue mondiale. Il ne lui a pas manqué grand-chose pour réaliser un exploit retentissant contre les Auriverde et leurs grands gabarits. Les Français savaient qu’ils ne pouvaient pas rivaliser physiquement avec eux. Ils ont habilement joué avec leurs qualités, en variant leur jeu en attaque, en s’appuyant sur leur défense de fer et un Earvin Ngapeth des grands soirs (21 points). « Cela s’est vraiment joué sur des détails : quelques attaques, quelques contres. Les Brésiliens nous ont mis tout le temps sous pression. Il a suffi que l’on baisse la garde pendant deux minutes et ils sont passés devant », a expliqué le sélectionneur, Laurent Tillie. Dans la chaude ambiance de la Spodek (soucoupe en Polonais) Arena, acquise à leur cause, les Français ont d’abord été gênés par la solidité et la hauteur au contre (14 contre 9 au total) des Brésiliens lors d’une première manche à sens unique. Ils ont retrouvé de la puissance ensuite pour déstabiliser la réception adverse. Une série de points d’affilée, conclue sur une attaque pleine axe de Kevin Le Roux, permettait aux Bleus de prendre un net avantage (11-6). Mais les hommes de Bernardo Rezende ne se sont pas affolés, revenant à égalité par Lucarelli (22-22). Ils cédaient toutefois sous la pression tricolore, à l’image de Wallace qui envoyait son smash en dehors du terrain (25-23). La partie devenait alors de plus en plus serrée : Nicolas Le Goff et Kevin Tillie réussissaient un superbe contre après un service surpuissant de Le Roux (17-17), mais les Brésiliens répliquaient par Sidao qui freinait Ngapeth (21-23) et ouvrait la voie vers le gain du troisième set à ses partenaires.

La patience brésilienne Les Français ne se décourageaient pas et repassaient devant dans la quatrième manche, après un ace de Le Roux et une attaque de Ngapeth (19-17). Mory Sidibé, qui a parfaitement supplée en pointe un Antonin Rouzier fatigué (5 points seulement), concluait la manche dans une ambiance de folie (25-22). Dans le tie-break, les Tricolores semblaient capables du meilleur après être revenus de 4-6 à 6-6. Mais le Brésil allait faire parler son expérience et la puissance de Lucarelli (8-11), qui faisait définitivement basculer le match dans son camp. « C’était très serré pendant tout le match. La France était très proche de la victoire. Notre patience a fait la différence », a conclu Bruno Rezende, le passeur et capitaine brésilien, en route pour un quadruplé inédit.

Publié dans Sports

Mohamed Laïd Benamor, patron du groupe agroalimentaire Amor Benamor, seul en lice, a été élu hier président de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie, CACI. Il succède au sortant Tahar Khelil pour un mandat de quatre ans et l’ambition de faire de la « Chambre » un agent économique et d’entreprise de premier plan. Ce qui, au vu et à l’entendu des choses et des paroles recueillies à la salle de conférence Ali Maâchi de la SAFEX, durant la demie journée d’hier, va relever du challenge, voire de l’exploit pur. Le corps électoral patronal présent a décrit dans sa majorité une CACI dont le réseau composé de chambres de commerce et d’industrie régionales, les CCI, fonctionne avec des textes datant de 1973 et n’ayant ni les moyens ni la ressource pour une action d’envergure ou pour peser tout au moins sur le débat économique national. « Les CCI ont besoin d’une véritable révolution dans leur fonctionnement interne comme dans leur programme d’action », dira à ce propos un opérateur de la chambre de Mostaganem. Elles ont besoin, affirme-t-il, d’« implication humaine » et de «personnes qui ne rechignent pas à travailler leurs dossiers » pour le bien de l’entreprise dans ses régions respectives. Elles sont, ajoute-t-il, en attente d’« expertise et de conseil » en matière de création de projets, de relation à l’administration et à la législation, et d’orientation en termes d’investissement.

Administrations Vs élus « Avec des cotisations qui ne dépassent pas les 2500 dinars/an, je ne vois vraiment pas comment les CCI peuvent actuellement prétendre à un encadrement adéquat et une action de haut niveau », renchérit son collègue de la CCI d’Oran qui estime, cependant, que Mohamed Laid Benamor « dispose de qualités et d’atouts pour faire bouger les choses et élargir leur horizon bouché », selon lui, par la « mainmise de l’administration ». «Nous continuons de fonctionner avec des textes et des dispositions d’il y a quarante ans, à l’heure où l’idée démocratique et celle de la libre entreprise étaient de la science-fiction. Un élu, indique-t-il, a les ailes rognées face à son directeur administratif qui, lui, n’a de logique qu’administrative et bureaucratique. « Si M. Benamor veut réussir son mandat, il faudrait qu’il s’attaque aux statuts et fasse basculer les rapports au bénéfice de l’élu chef d’entreprise, qui connaît mieux que quiconque les réalités et les difficultés du terrain. Sans cela, ce ne sera qu’un mandat pour rien » et une séquence similaire à celle que vient de consommer le président sortant, M. Khelil. En attendant de s’attaquer aux grands dossiers de la CACI, Mohamed Laïd Benamor a voulu un vote net et franc hier. En début de l’Assemblée élective, l’option proposée par le bureau conduisant les travaux et retenue par la majorité était que les votants expriment leur suffrage à main levée « en raison du fait qu’il était le seul candidat » au poste de numéro 1 de la « Chambre ». « On sait qu’il n’y a qu’un seul prétendant au poste et il est vraiment inutile de voter pour lui à bulletin secret », a expliqué à Reporters un représentant de la CCI de Batna. Dans l’esprit de cet opérateur, et comme il avait été écrit dans la presse, l’élection du patron du groupe Amor Benamor à la tête de la CACI ne pouvait être qu’une formalité et « comme une lettre à la poste ». L’essentiel, selon lui, avait été fait lorsque le candidat a fait campagne auprès des élus des régions pour les convaincre de l’utilité de son élection.

Couac électoral Et pourtant non ! En dépit de l’unanimisme qui semblait gouverner les travaux de l’Assemblée générale, il y eut une voix, celle du représentant de la CCI de Ghardaïa, qui a tout fait grincer. Lorsque le président du bureau de l’Assemblée – un haut cadre du ministère du Commerce – a demandé à l’assistance son accord pour voter en plénière et à main levée, cet élu s’est levé pour dire qu’il n’était pas d’accord avec la procédure et qu’il fallait passer à l’urne. Les explications qu’il a fournies à la presse pour motiver sa réaction étaient quelque peu absurdes puisqu’il a affirmé qu’il n’avait « rien contre » le candidat et qu’il le soutenait. Mais c’était compter sans la réaction de M. Benamor qui, en dépit du plébiscite qu’il semblait avoir déjà obtenu, et en dépit surtout des restrictions qu’impose le règlement, a pris la liberté de prendre la parole pour demander aux votants de « passer à l’urne ». « Mon ambition est de travailler avec tout le monde et convaincre tout le monde, même ceux qui ne jugent pas ma candidature satisfaisante », a-t-il déclaré. Devant les protestations et exclamations des présents qui considéraient logique d’expédier l’affaire, le président du bureau, visiblement débordé, a voulu souscrire à la demande de la majorité jusqu’au moment où un élu de la CCI du Rhumel de Constantine prévint l’assistance des risques d’une telle démarche : « Il y a visiblement des personnes qui veulent un vote secret et il faut qu’on prenne en considération leur demande. Les textes sont clairs et si on ne le fait pas il y aura peut-être demain quelqu’un qui exprimera des réserves sur le mandat de M. Benamor et il aura raison et le droit de le faire… » Un bref silence se fait dans la salle avant que le président du bureau n’appelle à passer au scrutin à bulletin secret. L’élection de M. Benamor qui ne devait durer qu’une heure, tout au plus, s’étendit jusqu’à 14 heures, heure du début du dépouillement, et jusqu’à 14 heures 30 minutes, heure où fut proclamé son choix en tant que nouveau patron de la CACI jusqu’en 2018. Le verdict n’a d’ailleurs pas été sans surprise ! Alors qu’on s’attendait à ce qu’il n’y ait parmi les 127 votants présents qu’une seule voix contre le suffrage de M. Benamor, il y eut au final 13 électeurs qui se sont prononcés contre sa candidature. « J’ai bien fait de demander à ce que le vote se fasse à bulletin secret et que chacun s’exprime selon ses désirs et sa volonté », a aussitôt réagi le nouveau président de la « Chambre » au moment de sa prise de parole cérémonielle. « Cela me conforte dans l’idée qu’il va falloir travailler avec tout le monde, y compris ceux qui ont dit non à ma candidature et qui ont certainement leurs raisons. Je tiens à dire simplement que mon élection à la tête de la CACI n’est pas une fin en soi ». L’objectif, selon lui, c’est de donner de la visibilité et de la crédibilité à la CACI et de faire en sorte que « pendant 4 ans on parvienne à régler les problèmes ». « Nous avons un devoir envers les CCI et envers tous les métiers et les adhérents, et mon ambition est d’être à la hauteur de la confiance qui m’a été faite et mon vœu le plus cher est de passer le relais avec un bilan positif. », a-t-il souligné en indiquant que sa priorité est d’agir à partir d’exemples de réussite.

Feuille de route « J’ai été marqué par ma visite à Sétif. Il y a quelques années, la région n’était que du commerce. Elle est devenue aujourd’hui un pôle industriel important. » Il m’intéresse de montrer comment cette région a réussi et tenter de faire des « comparaisons avec Annaba » et d’autres régions pour mettre, d’après lui, en équation les notions de territoire et de pertinence économique. « C’est bien de comparer l’Algérie à la Corée du Sud » pour chercher à tirer le meilleur du modèle sud-coréen, « mais il faudrait peut-être commencer par comparer nos régions » et leurs performances pour que l’exemple de réussite de Sétif soit adapté à d’autres wilayas, a-t-on compris de son speech. D’ici là, Belaïd Benamor aura à s’atteler, a-t-il dit, à faire le « bilan des activités » de la CACI durant le mandat du président sortant - ce qui n’a curieusement pas été fait durant l’Assemblée élective - et de faire la synthèse aux plans régional et national des propositions de réformes qui lui parviendront « pour un débat national sur l’action et l’avenir de la CACI ». Il s’agit aussi, a-t-il ajouté, d’associer dans son travail les pouvoirs publics, les syndicats patronaux, les chambres d’agriculture et d’artisanat. « Pour cela, a-t-il conclu, je demande l’engagement de tout le monde, car sans engagement nous ne pouvons rien faire ». Elu à la tête de la CACI, Mohamed Laïd Benamor, déjà vice-président du FCE, a désormais un poids supplémentaire qu’il devrait faire valoir dans le milieu associatif des affaires et de l’entreprise.

Publié dans théma archives

Il y a à peu près un mois, c’était le mardi 19 août, on nous annonçait que la population mondiale avait commencé à vivre «à crédit» sur ses ressources naturelles 2014. Autrement dit, l’intégralité des ressources (comme les poissons, les forêts, les terres cultivables, indispensables à la vie) que la Terre nous a allouées pour vivre en 2014 avait été consommée. 

Sur cette base, les scénarios des Nations unies suggéraient que si la tendance actuelle à la consommation de ressources à l’échelle globale se poursuivait, l’humanité aura besoin de 2 planètes en 2050. Aujourd’hui, on apprend que la Terre comptera probablement 11 milliards d’habitants en 2100, selon une nouvelle projection de démographes et des Nations unies. La croissance démographique se poursuivra principalement en Afrique, où la population devrait quadrupler pour passer d’un milliard environ actuellement à quatre milliards d’ici la fin du siècle, précisent les démographes. Ils avertissent qu’un accroissement de la population peut exacerber d’autres problèmes planétaires comme le changement climatique, la propagation de maladies infectieuses et la pauvreté. Si la tendance actuelle se maintient et, ce serait pire, renforce le mode de consommation qui fait la part belle aux inégalités au profit d’une minorité, et aux gaspillages indécents qui en résultent, combien de planètes faudrait-il pour satisfaire tout le monde en 2100 ? Les démographes ne paraissent d’aucune utilité dans ce débat qui a été tranché par les écologistes à travers le concept de développement durable, censé prévoir l’impact de la croissance démographique, quelle qu’elle soit, sur la disponibilité des ressources, puisqu’il consiste à organiser leur consommation de telle façon qu’il en restera toujours pour les générations futures. Jusqu’à maintenant, ce système a pu fonctionner, les générations qui arrivent trouvent de quoi vivre. A l’échelle planétaire et dans la plupart des pays, les distorsions qui existent sont dues moins à une surconsommation qu’aux inégalités dans la répartition des ressources et, semble-t-il, accessoirement encore, aux multiples gaspillages, flagrant dans les produits alimentaires, mais considérables, bien que peu visibles, pour ce qui est de la consommation finale en énergie, en eau, en sols… En juin dernier, l’Association française des JNE a organisé à Paris un débat sur le thème très controversé du rapport entre démographie et écologie. En Algérie, les rapports sur l’état de l’environnement publiés, jusqu’en 2005, par les autorités, n’ont pas abordé cette question. Dans les estimations données par l’Office national des statistiques, on ne trouve presque rien qui puisse alimenter une réflexion et encore moins un débat sur le rapport entre la donnée démographique et les ressources naturelles. Les dernières données de l’ONS ont concerné l’espérance de vie de la population résidente en Algérie qui est passée à 77 ans en 2013 contre 76,4 ans en 2012. Mais, sur le site de l’ONS, on ne trouve rien sur les forêts, les sols, et la rubrique eau est datée de 2002. Il n’est pas aisé d’établir le rapport entre l’évolution démographique et la disponibilité des ressources naturelles. On entend souvent la comparaison avec l’Algérie colonisée qui exportait vers la France des produits agricoles, pour prouver que notre pays était un grand producteur agricole, oubliant ou ignorant que nous étions un grand nombre d’ «indigènes», à l’époque, qui ne connaissaient pas le goût des oranges produites dans la Mitidja et pour certains ne les avaient même jamais vues, alors qu’elles étaient exportées vers la France. Sans omettre la famine qui a jalonné notre histoire de pays colonisé. Quant au rêve des «nostalgiques» qui se réfèrent à l’Algérie des premières années post-indépendance où la vie était moins stressante avec une population à 10 millions d’habitants, il ne faut pas y penser fait remarquer un chercheur algérien en démographie, qui travaille en France : à partir du moment où la mortalité des enfants diminue et la fécondité est élevée, la population connaît une croissance inévitable.

Publié dans Environnement

Miloud Chorfi est officiellement président de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel. Il a été installé hier par le ministre de la Communication, Hamid Grine, lors d’une cérémonie tenue à Alger. Le ministre a estimé que « les profils comme celui de Miloud Chorfi ne sont pas légion » pour accéder à ce poste. Il a ajouté que la nomination de M. Chorfi à la tête de cette instance « est logique et naturelle » et « n’était pas fortuite », car « elle découle bien d’une adéquation incontestable entre l’homme et la mission ». Rappelant que M. Chorfi « est un homme des médias qui a fait ses preuves et acquis une expérience à la radio et à la télévision», Hamid Grine a ajouté que le premier responsable de cette instance était déjà « président du Conseil de l’audiovisuel ». A propos des missions de l’autorité, Hamid Grine a précisé qu’elle «doit faciliter, réguler, contrôler et arbitrer dans le champ public et privé », et ce, « dans le cadre défini par l’éthique et les lois de la République». Le ministre de la Communication a assuré, par ailleurs, Miloud Chorfi « de son total soutien ». Miloud Chorfi a estimé, de son côté, que l’installation de l’autorité « est le signe que l’Algérie amorce une ère nouvelle en matière d’information pour l’édification du secteur audiovisuel sur des bases nouvelles qui lui permettront de concrétiser les aspirations des professionnels ». Il a rassuré que l’instance « veillera à l’application de la loi sur tous ». Il a reconnu que sa mission « est une grande responsabilité», vu, a-t-il dit, « le travail énorme qui attend cette instance». Il a appelé, par ailleurs, «à la conjugaison des efforts » pour concrétiser «les attentes » et faire de « l’audiovisuel un moyen de promotion économique et culturel dans notre pays ». Il s’est dit « honoré par cette mission que le chef de l’Etat lui confie ». L’Autorité de régulation de l’audiovisuel est chargée, selon la loi, de veiller au libre exercice de l’activité audiovisuelle dans les conditions définies par la législation et la réglementation en vigueur, à l’impartialité des personnes morales exploitant les services de communication audiovisuelle relevant du secteur public et à garantir l’objectivité et la transparence, en vertu de la loi. Elle doit veiller à la conformité des programmes audiovisuels aux lois et règlements en vigueur. Même les profils des membres de cette instance sont définis par la loi. Sur un autre volet, il faut souligner que Hamid Grine a informé que l’installation de l’Autorité de régulation à la presse écrite est soumise au préalable de l’aboutissement du travail de la commission provisoire de la carte de journaliste professionnel.

Publié dans Der

Dans cette vaste et profonde Algérie, combien de contrées et villages sont, pour une raison ou une autre, quasiment «exclus » du développement et menant une vie «préhistorique » ? On ne le saura jamais. Ce qui, en revanche, est sûr et même certain, c’est que la liste est longue. Il suffit, en fait, d’un petit tour à travers nos villes et villages pour se rendre compte de cette malheureuse réalité.

Si voyager, c’est avant tout changer de chair, selon Antoine de Saint-Exupéry, pour nous, c’est avant tout partir à la découverte d’un autre mode de vie que celui d’Alger « la capitale ». Pour nous, c’est aussi et surtout faire part des maux quotidiens de ce qui reste d’une population « contrainte » de « s’exiler » sous d’autres cieux plus cléments. Guenzet, dans la wilaya de Sétif, en est l’exemple le plus vivant. Le chemin y menant est presque impraticable sur certains tronçons. « Il faudrait que les gens d’ici circulent en tout-terrain. Dans le cas contraire, la durée de vie d’un véhicule ne pourrait dépasser les cinq ans », s’est exclamé notre chauffeur, qui nous rappelle avoir quitté le centre-ville de Sétif depuis presque deux heures de temps. En tout, il nous faudrait encore une demi-heure pour arriver enfin à destination. « Faire ce trajet n’est pas de tout repos», nous a-t-on avertis au niveau d’un barrage fixe de la gendarmerie au niveau de la sortie dite orientale de la wilaya de Sétif. Avions-nous le choix ? Assurément pas. La balade continue. L’aiguille de notre montre affichait 12h25 en ce lundi 15 septembre quand nous entamons l’entrée principale de ce village « oublié ». Rien d’autre que quelques magasins, une grande mosquée encore en chantier n’indiquait qu’il s’agit du chef-lieu de daïra et de commune. Pas trop « habitués » à voir d’autres visages de ce côté de la wilaya de Sétif, les habitants avaient eu presque le même « réflexe » en nous fixant des yeux. Il fallait donc leur « expliquer » les motifs de notre visite. Et là, sans surprise aucune, Arezki, qui s’est « proposé » de nous servir de guide, s’est posé la même question, comme tous ses concitoyens d’ailleurs : « Quel bon vent vous amène de ce côté ? » Pour nous, l’objet de notre passage à Guenzet est précis. Chose que nous avons expliquée bien évidemment à notre guide en lui signifiant notre « souhait » de nous entretenir avec les habitants quant au développement de la région et leur vécu quotidien.

DE QUEL DÉVELOPPEMENT «PARLEZ-VOUS » ? Il aura suffi juste d’évoquer le terme « développement » pour qu’Arezki s’emporte. « De quel développement parlez-vous ?», a-t-il tempêté. «Excusez ma manière de réagir, mais je vous le dis clairement, ici, tout le monde vous dira la même chose : on est carrément oubliés par les autorités locales. Les choses sont plus compliquées que vous le croyez », a-t-il dit, estimant qu’ayant été autrefois prospère, grâce à l’agriculture et l’élevage, la région est aujourd’hui l’une des plus pauvres de la wilaya de Sétif, que certains se plaisent d’appeler « kabylophone ». Le relief accidenté et la rudesse du climat (étés torrides, hivers rigoureux), ont en effet freiné le développement depuis la fin des années 1980. Les principales activités sont l’arboriculture de montagne (olivier, figuier, chêne vert) et le petit commerce de détail. Et le niveau de vie s’est nettement dégradé, ces dernières années. Un petit tour à travers les ruelles étroites du chef-lieu de commune nous a permis d’avoir une idée précise « des déboires des populations locales ». Le P/APC pouvait bien nous dire des choses.

UNE LOCALITÉ… DÉSERTÉE PAR SES POPULATIONS A Guenzet, comme partout ailleurs dans ces contrée lointaines de l’Algérie, « l’exode » ou «la fuite » vers les grands centres urbains constitue l’aubaine pour les populations n’ayant rien vu venir, chacun dans son patelin, le chômage étant la cause principale. Les conditions «lamentables » de vie dans ces montagnes des Ath Yaâla ne sont les pas les seules raisons ayant fait fuir les populations. Le terrorisme aussi. En 1954, selon les quelques chiffres retrouvés ici et là, Guenzet avoisinait les 30 000 habitants. « A l’époque, il y avait une école de filles à Guenzet, un grand marché hebdomadaire, un infirmier major. Les marchés et les routes étaient bondés, les gens ne se connaissaient pas tellement, ça grouillait de monde, alors qu’aujourd’hui, on se connaît tous », avait déclaré récemment à la presse Bachir Sadoun, le président de l’APC de Guenzet. Ce dernier, nous l’avons rencontré brièvement dans son bureau. Pour notre maire, qui a reconnu que «les choses s’améliorent », la notion de développement local est tout autre que celle « perçue » par « les administrateurs ». « Les spécificités des régions en termes de développement doivent être prises en compte. On ne peut pas développer les zones montagneuses comme celles des plaines. On a standardisé le développement. Les autorités locales doivent constituer une force de proposition », a estimé l’édile. C’est cette caractéristique qui permet, selon Bachir Sadoun, d’aligner les besoins soulevés par les habitants. « C’est ce qu’on appelle les assises du développement, car en tout état de cause, il s’agit du besoin du citoyen. On ne peut pas réaliser un stade là où il n’y a pas une équipe de football », a-t-il ajouté. Pour le P/APC de Guenzet, le choix du développement devrait être fait par les populations. « On doit encadrer les communes éloignées. C’est en réunissant ces éléments sur un territoire que l’on pourrait garantir un développement durable », a encore soutenu le maire, qui a évoqué dans la foulée « un plan spécial » afin de mettre un terme à cette «hémorragie démographique ». Tout au long de notre entretien avec Bachir Sadoun, ce dernier n’a cessé de parler « de fixation des populations dans leur environnement habituel ». Passant en revue les projets en cours, on apprend que 2 700 foyers sont en attente de gaz de ville. «Les études ont été achevées. On attend l’appel d’offres », indique le P/APC de Guenzet. S’agissant du logement, l’aide à l’habitat rural est la formule la plus adaptée au relief de la région. «Un quota de 130 logements nous a été attribué en 2013. Il a été distribué en dix jours », a encore affirmé notre interlocuteur, qui a insisté sur l’accompagnement du bénéficiaire, car dans le cas contraire, les « 70 millions seront déboursés » avant même l’entame de la construction. D’autre part, pour les habitants de Guenzet, le problème du manque d’eau potable ne pourrait se régler que lorsque la localité est alimentée par le barrage de Tichy Haf, situé dans la commune de Bouhamza (Béjaïa). Un projet pilote qui couvre 26 communes réparties sur trois wilayas.

L’OMBRE DE MALIKA GAÏD Qui pourrait le nier ? L’Algérie a enfanté des héroïnes ayant marqué l’histoire de ce pays. Les exemples ne manquent pas. Parmi ces dignes filles de l’Algérie, Malika Gaïd, dont les habitants des montagnes des Ath Yaâla, dans la daïra de Guenzet précisément. Née le 24 août 1933 à Belcourt (Alger), au sein d’une famille modeste, mais lettrée, elle entra à l’école primaire, puis suivit les siens à Bordj Bou Arréridj et obtint le certificat d’études primaires (CEP) en 1945. Admise à l’école paramédicale de Sétif, en 1948, elle en ressortit en 1951 avec un diplôme d’infirmière sage-femme et travailla à l’hôpital de Kherrata durant quelques mois. Elle fut mutée à Lafayette (Bougaâ), ensuite à Guenzet, où elle fut maintenue jusqu’en été 1956. Durant cette période, l’esprit patriotique et la foi révolutionnaire qui animaient la jeune Malika l’amenèrent à s’engager dans l’aide illimitée à la révolution en fournissant des médicaments — subtilisés à l’administration coloniale —, en soignant les moudjahidine, en prodiguant des conseils dans le domaine médical et en assurant l’assistance voulue dans le secret absolu. A la demande du colonel Amirouche, chef de la Wilaya III, elle quitta la région de Beni Yaâla pour la vallée de la Soummam, et là, elle fut intégrée au service médical de l’ALN, lors du congrès historique du 20 août 1956. Désormais, elle suivit partout l’état-major du célèbre révolutionnaire. Elle mourut les armes à la main dans une grotte-hôpital dans la région d’Iwakouren, près de M’chedallah (Bouira), le 27 juin 1957. Sur le chemin menant à Guenzet (en provenance de Sétif) dans son village natal, Timengache, son parcours de combattante est illustré sur une plaque commémorative vue sur l’enceinte de la demeure familiale. C’est une très jolie maison avec de belles vues sur Guenzet et autres villages.

UN PEU D’HISTOIRE La région fait partie de la confédération des Ith Yaâla (en kabyle Ath Yeɛla), du nom du fondateur qui a occupé cette région avec les siens, fuyant sa kalâa du fait de l’insécurité, vers 106. A l’instar de plusieurs régions d’Algérie, elle est considérée comme l’un des bastions des révoltes. Elle a été une place forte du mouvement national en s’engageant, au début de la révolution du 1er Novembre 1954, dans la lutte armée. On cite trois batailles significatives : celles de Sidi M’hand Ouyahia en 1955, d’Adrar n’Thilla (ou opération Dufour) en 1956 et celle du « grand ratissage » en 1958. En 1959, le village Ighdem, composé d’un hameau 35 maisons, complètement détruit par l’armée française et l’ensemble des habitants expulsés vers le chef-lieu de daïra de Guenzet. Cet événement est emblématique des crimes commis dans cette région par les Français. Cette région montagneuse fut le creuset du djihad et du militantisme. Dans cette région d’où émergèrent de nombreux oulémas, forgés sans doute au cœur de cette école Oukari édifiée il y a déjà quatre siècles par cheikh Mohand Okari (cheikh Akli Okari l’avait rénovée dans les années 70 du XXe siècle), les Beni Yaâla furent alors et aussi ce berceau de l’islamité que consolidèrent cheikh Abdelhamid Ben Badis et son école à Constantine, d’où sortirent les éminents cheikh El Fodhil El Ourtilani des Ath Ouarthilane, cheikh El Hachemi Belmouloud de Guenzet, cheikh Haneche Saïd d’Issoumar ou cheikh Saïd Salhi, pour ne citer que ceux-là, sans oublier cheikh Sidi El Djoudi, du village qui porte son nom. Guenzet Ath Yaâla, c’est aussi l’exemple vivant d’une contribution sans faille au mouvement national, depuis Arezki Kehal au cheikh Youssef Yalaoui et tous ces martyrs qui se sacrifièrent alors pour Dieu et la patrie, leurs noms sont encore gravés dans les mémoires de tous ceux-là, frères de combat qui ont rejoint les maquis de l’Algérie, pour contribuer à la glorieuse Révolution de Novembre.

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En sa qualité de chef suprême des armées, le président Bouteflika a présidé, hier, une réunion sur la situation sécuritaire aux frontières méridionales et orientales de l'Algérie, faisant le point sur les efforts entrepris jusque-là pour la paix et la stabilité au Mali et en Libye. Ces deux frontières enchâssent l’Algérie dans un étau sécuritaire porteur de grands dangers, d’autant plus que la menace d’actions de groupes terroristes qui se revendiquent de l’étendard de l’Etat islamique pointe à l’horizon. Si ce péril est pour le moment « cantonné » et « maîtrisé » au vu du déploiement massif de l’ANP aux frontières libyennes, l’Algérie veut anticiper, dans l’attente d’une réunion cruciale à New York qui traitera exclusivement de la crise libyenne, et à laquelle l’Algérie participe, aux côtés de l’Egypte et des Etats-Unis.  La réunion sécuritaire en présence du chef de l’Etat « a vu la participation de hauts responsables civils, militaires et des services de sécurité, parmi lesquels Abdelmalek Sellal, Premier ministre, et Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d'état-major de l'Armée nationale populaire », a indiqué un communiqué de la Présidence. Ce « conseil restreint » a lieu à un moment crucial où les signaux d’alerte se multiplient sur le front sécuritaire. A plus forte raison que, visiblement, l’appel lancé, le 17 septembre dernier, par Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), appuyé par celui d’Al Qaïda dans la Péninsule arabique (AQPB), à faire front commun contre la coalition occidentale anti-Etat islamique semble avoir reçu un écho favorable et rapide auprès de noyaux éparses de groupuscules parsemés dans le Maghreb. Samedi dernier, c’était au tour d’un groupe terroriste tunisien « les frères moujahidine d’Okba Ibn Nafaâ » lié à Al Qaïda qui a acquiescé à cette « invitation ». Selon le Centre américain de surveillance des sites islamistes, le Search for International Terrorist Entities Institute (SITE), qui a relayé le même jour le communiqué diffusé par le groupe terroriste, cette phalange appuie et soutient « fortement l'Etat islamique et l'appelle à avancer en passant les frontières et en écrasant partout les trônes des tyrans ». La Tunisie, qui pourchasse depuis près de deux ans les terroristes de la phalange Okba Ibn Nafaâ dans les massifs montagneux à la frontière tuniso-algérienne, dans le mont Chaambi, ne compte plus les arrestations, les saisies et les neutralisations d’individus armés et directement impliqués dans des projets terroristes ou subversifs dans la région, les derniers en date étant l’élimination de 4 terroristes à Chaambi et Kasserine.  D’autre part, la « phalange Okba Ibn Nafaâ » est considérée par les autorités tunisiennes comme appartenant à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), au même titre que les « Jound al Khilafa fi Ard al Jazayer », inféodés à Khaled Abu Suleimane, de son vrai nom Gouri Abdelmalek, qui a, lui aussi, décidé de se mettre sous la bannière de l’Etat islamique sur le sol algérien. Cette succession d’annonces de soutien à Daech surviennent au moment où les Etats-Unis, tête de file de la coalition anti-EI, ont une nouvelle fois mis en avant le rôle de l’Algérie dans la lutte anti-terroriste. John Kerry, qui rencontrait à Washington son homologue algérien Ramtane Lamamra le 18 septembre dernier, a tenu à « remercier le gouvernement algérien pour son soutien prompt et fort à la coalition contre l’Etat islamique » non sans consacrer le reste de son tête-à-tête avec M. Lamamra à cette question et à celle de la Libye, mais dans les murs du « Treaty Room », loin des médias.

Convergence de vue sur le dossier libyen A propos du dossier libyen, jusqu’à maintenant, l’orientation belliqueuse voulue par la France qui veut combattre militairement les différents groupes armés en Libye semble avoir connu une décantation depuis ces trois derniers jours, voire une convergence avec la position d’Alger qui défend coûte que coûte un règlement politique de la crise libyenne. Dans un échange téléphonique avec le président tunisien Moncef Merzouki le 19 septembre, François Hollande a assuré son homologue que « la France n’a pas l’intention d’intervenir militairement en Libye », les deux hommes poursuivant les discussions sur la situation plus générale de la Tunisie et des derniers développements survenus dans le pays. Ce changement d’attitude pourrait trouver son explication dans la visite récente du chef de l’état-major français en Algérie, M. De Villiers, reçu par le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah, où il a beaucoup été question de la Libye. Enfin, l’autre pays très concerné par le terrorisme international, c’est le Maroc, qui, lui, participera le 25 septembre à des exercices militaires maritimes au large de la ville espagnole de Malaga, aux côtés des forces navales et aériennes de l'Espagne, du Portugal et de l'Algérie.  Ces manœuvres de sécurité maritime, baptisée « Seaborder 2014 » et organisée dans le cadre de l'Initiative 5+5 Défense, serviront « la promotion de la coopération inter-Etat de la région de la Méditerranée occidentale pour y faire respecter la loi nationale et internationale », selon un communiqué du ministère espagnol de la Défense publié hier. « Seront mises à évaluation les scénarios de collaborations opérationnelles entre les pays du groupe 5+5 dans le cadre du contrôle du trafic maritime, du sauvetage en mer (SAR) et des polices des mers, spécialement dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine qui prend des proportions alarmantes et macabres, conséquences des guerres en Libye, mais aussi en Syrie et en Irak, dont les populations transitent par le Maghreb pour rallier l’Europe.

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Le 20e anniversaire de l’assassinat de Cheb Hasni sera célébré en grande pompe cette année, contrairement aux précédentes commémorations. Si du côté du secteur de la culture et des officiels du secteur, rien n’a filtré, du côté de ses amis et de ses fans inconditionnels, beaucoup d’efforts ont été consentis afin d’honorer la mémoire de celui qui a bercé toute une jeunesse et un peuple par ses mélodies et ses paroles.

Tout d’abord, la chaîne télévisée privée El Bilad diffusera dans la soirée du 29 septembre un documentaire fort intéressant retraçant les conditions de l’assassinat du Rossignol d’Oran, à travers moult témoignages de ses amis et de son entourage. Beaucoup de journalistes également de la place d’Oran interviendront dans la mort et des funérailles du défunt. Des témoignages poignants et émouvants de tous ceux qui l’ont côtoyé durant sa carrière, ainsi que durant les derniers jours de sa vie. Des récits au sujet du déroulement des funérailles du défunt Hasni, l’enfant prodige d’El Bahia, et la foule immense qui l’a accompagné jusqu’à sa dernière demeure. La vie de Cheb Hasni est également contée par ses proches amis et fidèles, comme Chérif El Wazzani, Aberkane et d’autres amis chanteurs, paroliers, compositeurs et musiciens. Des anecdotes et autres détails croustillants au sujet de la vie de Hasni dans les studios, lors des différents tournages, sont également fournis dans ce documentaire, signé par le jeune journaliste Hajouj Karim. Une mise en scène de l’assassinat de Cheb Hasni est également reproduite au cours de ce documentaire. Sur un autre chapitre, le jeune et talentueux artiste, Hakim Salhi, organisera le 29 septembre à la salle Ibn-Zeydoun, à Alger, une soirée-hommage au défunt roi du raï sentimental. Une soirée où sont attendus une foule d’artistes et de chanteurs raï, mais également d’autres qui ont connu Hasni lors de tournées et autres soirées. La femme du défunt chanteur sera également présente, nous dit-on de sources proches des organisateurs.

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Le prochain rassemblement du G20 à Brisbane, en Australie, intervient à l’heure où la précarité de l’économie mondiale nécessite la prise de décisions importantes. La question reste néanmoins largement ouverte quant à savoir qui incarnera le rôle décisif nécessaire à l’élaboration d’un agenda audacieux – ainsi qu’à la conduite de sa mise en œuvre.

Par Wayne Swan* Un certain nombre de données économiques concluent à l’existence d’une économie globale plus fébrile qu’elle ne l’a jamais été au cours des deux dernières années. Le capitalisme peine à générer une demande adéquate. Richesses et revenus sont de plus en plus concentrés, tandis que les revenus de la classe moyenne au sein des pays développés font face à une stagnation. L’évasion fiscale à laquelle se livrent les multinationales affaiblit les recettes des pays en voie de développement, limitant leur capacité d’investissement en faveur de l’enseignement et des infrastructures. Tout ceci vient s’ajouter à la nécessité d’agir encore plus activement face à cette problématique la plus urgente et la plus structurellement fragilisante de toutes que constitue le changement climatique. Nombre des plus grands économistes et responsables politiques prévoient une persistance de cette pénombre économique. Stephen Roach a fait valoir qu’au sein de l’économie mondiale d’après-crise, « la rechute constitu[ait] la norme. » L’économiste Brad DeLong, évoquant les « conséquences d’une moindre dépression, » a expliqué que la prétendue reprise de la zone euro n’était qu’une illusion. Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a quant à lui non seulement reconnu la nécessité d’une réforme structurelle, mais également celle d’une expansion budgétaire afin de dynamiser la demande globale. Au cœur de leurs inquiétudes réside un manque de demande durable nécessaire à la croissance. Bien que des réformes structurelles – notamment dans le secteur de l’offre – soient nécessaires au sein des pays développés et en voie de développement, elles ne sauraient suffire à résoudre ce que l’ancien secrétaire au Trésor américain Larry Summers a qualifié de « stagnation séculaire » – à savoir la difficulté consistant à entretenir une demande suffisante pour générer des niveaux de production normaux. Ainsi, le G20 a-t-il pour principale tâche d’instaurer le cadre d’une croissance dynamique et durable. Il est nécessaire que les États membres mettent en œuvre des réformes susceptibles de satisfaire à un objectif de croissance annuelle de 2 %, tel que convenu cette année par les ministres des Finances. L’une des réformes structurelles susceptibles de promouvoir la croissance globale consisterait en un investissement substantiel en infrastructures, dans les pays en voie de développement comme dans les plus développés. Malheureusement, aucun dirigeant du G20 ne semble s’être intéressé sérieusement à cette nécessité, sans parler de la proposition de quelque solution en la matière. Outre la présentation d’un possible programme pilote en infrastructures de la part de la Banque mondiale, rares sont les éléments nous permettant de penser que l’objectif des 2 % pourrait être atteint à moyen terme. Il incomberait aux États du G20, notamment ceux présentant de solides bilans, d’en appeler à une démarche d’investissement de grande ampleur, en faveur des infrastructures publiques et privées, afin de développer la capacité de production des économies membres. En matière d’évasion fiscale, il est nécessaire que les discussions s’étendent au-delà des économies développées ; comme l’a en effet souligné le Fonds monétaire international, les budgets des économies en voie de développement se trouvent disproportionnellement affectés par les stratégies comptables des multinationales fraudeuses. Seulement voilà, à en juger par les initiatives annoncées dans le cadre de l’agenda de Brisbane, il semble que le sommet s’oriente vers une approche fort peu différente de celle des rassemblements précédents. Si le G20 échoue à joindre la parole à une véritable action politique, il pourrait bien s’en trouver affaibli, et ne plus être pris au sérieux. Sa crédibilité même est aujourd’hui en jeu. Certains au sein des pays en voie de développement préféreraient en effet avoir affaire à une entité plus réduite et plus exclusive – comme à un G14, voire à un nouveau G7. Or, une telle évolution ne serait pas dans l’intérêt des pays émergents, et notamment de la région Asie-Pacifique, qui compte en son sein l’Australie. L’une des raisons pour lesquelles certains souhaitent voir exister un groupe plus restreint réside en ce que le G20 a tendance à peiner dans l’instauration d’un consensus. Il s’agit pour autant d’un argument hors de propos : si le G20 éprouve des difficultés à s’entendre, c’est précisément parce que tous les principaux dirigeants (représentant près de deux tiers de la population de la planète, pour 80 % du PIB mondial), et dont le consentement est nécessaire à toute décision véritablement globale, sont présents dans la pièce. C’est pourquoi il est nécessaire que le sommet de Brisbane renoue avec le dynamisme dont il avait fait preuve en 2008 et en 2009, au plus haut de la crise financière. Il est indispensable que cette entité soit conduite par les États-Unis et les autres économies développées, et soutenue par les principales économies émergentes. En tant que pays organisateur, l’Australie a un rôle clé à jouer. Elle suscite le respect des pays développés comme des économies émergentes, conciliant bien souvent l’intérêt des deux camps, étant par ailleurs largement considérée comme faisant preuve d’honnêteté dans ses négociations. Malheureusement, le gouvernement actuel s’est jusqu’à présent peu exprimé autour des difficultés structurelles considérables qui sous-tendent le malaise économique mondial, n’y proposant que peu de solutions précisément en raison d’une faible considération de sa part à l’endroit du secteur public. Pis encore, alors même que de plus en plus de pays développés et émergents commencent à s’intéresser sérieusement à la question du changement climatique, l’Australie s’oriente pour sa part dans une direction opposée. Le sommet de Brisbane constituera une mise à l’épreuve cruciale pour l’Australie, pour le G20, ainsi que sur le chemin d’une coordination politique véritablement globale.

* Ancien Premier ministre et trésorier adjoint de l’Australie, a participé régulièrement à la réunion du G-20 des ministres des Finances.
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Un nouvel attentat a ciblé, hier, les forces de sécurité égyptienne tuant deux officiers de police dans le centre du Caire, a annoncé le ministère de l’Intérieur. L’explosion, très puissante, est survenue devant l’une des entrées du ministère des Affaires étrangères, selon un journaliste de l’AFP sur place. A proximité, un gros arbre littéralement coupé en deux a enfoncé le toit d’une voiture.

Deux lieutenants-colonels de la police ont péri, l’un sur le coup, l’autre a succombé à ses blessures à l’hôpital, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur, qui évoque également « plusieurs blessés ». Le groupe jihadiste Ansar Beït al-Maqdess, basé dans le Sinaï et qui assure s’inspirer d’Al-Qaïda, a revendiqué la plupart des attaques pour, selon lui, venger les manifestants pro-Morsi décimés dans les rues par les forces de sécurité dans les mois qui ont suivi la destitution et l’arrestation de M. Morsi. Ansar Beït al-Maqdess avait revendiqué un attentat qui a tué mardi dernier six policiers dans la péninsule du Sinaï, bastion du groupe djihadiste. Un attentat à la voiture piégée perpétré par ce groupe avait également manqué de peu, en septembre 2013 en plein centre du Caire, le ministre de l’Intérieur Mohamed Ibrahim accusé par les islamistes d’être l’un des principaux artisans de la répression. M. Ibrahim avait affirmé il y a une semaine que la police avait tué et arrêté plusieurs djihadistes. D’ailleurs, un chef du groupe jihadiste Ansar Beït al-Maqdess, responsable d’attaques meurtrières en Egypte, a été tué par l’armée dans la péninsule du Sinaï, ont affirmé samedi dernier des responsables de la sécurité. Selon ces responsables, le djihadiste, dont le nom n’a pas été révélé, a été abattu par des soldats dans le nord Sinaï, alors qu’il tentait de poser une bombe en bord de route en compagnie de trois autres jihadistes qui ont été arrêtés. Ansar Beït al-Maqdess, qui était affilié à El-Qaïda, a récemment apporté son soutien au groupe ultra-radical de l’Etat islamique (EI). Mais depuis au moins juin dernier, un autre groupe sème la terreur en Egypte. Il s’agit de Ajnas Misr (les soldats d’Egypte) responsable d’une série d’attentats à l’explosif et dont la coordination et le timing sont annonciateurs d’une période d’horreur et de tragédie. Quatre explosions par ricochet aux alentours du palais présidentiel ont frappé fort le 30 juin dernier, causant la mort de deux membres de la police et blessant une dizaine de personnes. La date est symbolique : elle correspond au premier anniversaire des manifestations monstres contre le président islamiste Mohammed Morsi, évincé trois jours plus tard, le 3 juillet 2013, par l’armée. En décidant d’arrêter le processus de transition que dirigeaient les Frères musulmans, les autorités militaires égyptiennes et le mouvement de la société civile qui a soutenu l’armée savaient en fait que le terrorisme allait reprendre de plus belle, d’autant plus que les cellules djihadistes dormantes affiliées à El Qaïda n’attendaient qu’un prétexte pour, d’une part, signifier à la confrérie que sa tactique entriste et participationniste était une erreur et, d’autre part, reprendre leur sale besogne terroriste réduite à sa plus simple expression depuis le début des années 2000. Depuis l’éviction musclée de Mohamed Morsi et le début de la traque des figures de proue des Frères musulmans et des activistes liés au courant islamiste, les attentats ont repris dans plusieurs régions d’Egypte notamment au Sinaï où se concentre l’essentiel des groupes radicaux et dans le sud du pays dominé par la mouvance islamiste. La polémique doctrinale et méthodique entre Frères musulmans et Salafistes jihadistes, qui dure depuis que Seyid Qotb s’est détaché de la confrérie en 1956, semble être tranchée en faveur des radicaux qui considèrent la démocratie comme une hérésie dans la mesure où demande au peuple de dire oui ou non à «la loi divine». Pour les djihadistes, la charia s’applique de gré ou de force sans demander l’avis de personne. L’expérience des Frères musulmans et la manière dont ils ont été écartés du pouvoir renforcent les thèses du courant qotbiste qui, depuis les années soixante, n’a pas cessé de théoriser pour le djihad aussi bien contre les régimes qualifiés d’apostat que les sociétés qui les soutiennent. El Qaïda et Daéch sont les instruments de la concrétisation de ce projet subversif et terroriste instrumentalisé par toutes les officines qui ont des intérêts à défendre et à protéger dans la région du Moyen-Orient.

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L’Aigle noir garde intactes ses chances de se qualifier en finale, à condition de bien gérer la manche retour, prévue dans une semaine.

L’Entente de Sétif a battu, samedi soir au stade 8-Mai-1945, l’équipe congolaise du Tout-Puissant Mazembe sur le score de 2 buts à 1 (mi-temps : 0-0), en demi-finale aller de la Ligue des champions africaine de football. Bousculés par un adversaire qui justifie son rang de grand d’Afrique (les Congolais ont remporté quatre fois la Ligue des champions et ont été finalistes de la Coupe du monde des clubs en 2010), les Sétifiens se sont montrés patients et très appliqués, malgré quelques approximations dues à l’excès de précipitation. Tardant à entrer dans le match, les hommes de Kheireddine Madoui ont laissé, durant les premiers instants de la rencontre, l’initiative à Kasusula et ses coéquipiers, qui ont rapidement pris un ascendant en termes de possession du ballon et de maîtrise. La première action dangereuse sera d’ailleurs congolaise, dès la 6e lorsqu’Illongo mettra le keeper Khedaïria à rude épreuve sur un coup franc des 25 m. Dans un stade sonnant tristement creux (le match s’est déroulé à huis clos), les Sétifiens laissent passer l’orage et s’en vont à leur tour inquiéter Kidiaba, qui sera l’auteur d’une belle envolée qui annihilera un superbe tir de Younes (12e). Le match est dès lors plutôt équilibré, même si Singuluma, le Zambien du TP, ratera le plus facile après avoir pris le meilleur sur Arroussi dans le carré des 6 mètres (36e). La seconde période, bien plus animée, verra une équipe algérienne plus en jambes et beaucoup plus agressive (dans le bon sens du terme). Belameïri, l’attaquant de poche, sera à deux doigts de scorer dès la 47e à la suite d’une hésitation de l’arrière-garde du TP Mazembe. Malheureusement pour eux, les Sétifiens se feront piéger quelques minutes après quand Arroussi dévie malencontreusement le cuir dans ses propres filets à la suite d’une incursion sur la gauche de Kalaba (52e). Un but qui sonne la révolte des camarades de Mellouli, qui égaliseront 5 minutes plus tard par Younes, de la tête, après un centre venu de la droite (55e). Une réalisation limpide que l’arbitre camerounais Alioum Néant refusera de manière inexplicable, dans un premier temps, avant de revenir sur sa décision, après un bref conciliabule avec son assistant. La rencontre devient plaisante et de plus en plus indécise. Les Congolais, qui pensaient avoir fait le plus dur en ouvrant le score, se montrent plus conquérants en attaque. C’est ainsi que Boukria sauvera miraculeusement sur sa ligne un essai de Samata (65e), avant qu’Illongo n’adresse, sur coup franc, un bolide qui heurtera le haut de la transversale. La rencontre s’acheminait vers un match nul plutôt équitable lorsque Ziaya, héritant à la 89e d’une passe lumineuse de Djahnit, se met sur son pied gauche à l’entrée des 16,5 mètres pour fusiller Kidiaba d’un tir en pleine lucarne. Le mérite de l’équipe sétifienne est d’autant plus grand qu’elle a dû composer avec l’absence de son public. Un public très bruyant qui a toujours joué, dans ce type de rencontres internationales, son rôle de 12e homme. Dans une semaine, Meguatli et ses coéquipiers auront une belle carte à jouer à Lubumbashi, eux qui n’ont pas perdu, durant la phase de poules de la Ligue des champions, le moindre match en dehors de leurs bases. L’Entente en finale ? Tout Sétif y croit.

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