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Reporters - Filtrer les éléments par date : dimanche, 26 juillet 2015

Programmée du 30 juillet au 6 août, la 37e édition du Festival international de Timgad, présentée hier par son commissaire, Lakhdar Bentorki, donne l’impression de se démarquer quelque peu des éditions précédentes.

En effet, habituellement dédié à un pays étranger, ce fut notamment le cas l’année dernière en le consacrant à la Palestine, le 37e Festival de Timgad, en écho à l’actualité récente, sera cette année placé sous l’intitulé « L’unité du pays et du peuple algérien ».
Le commissaire, en évoquant le rôle de la culture dans la cohésion du pays, expliquera, à propos de ce choix, qu’il fut pris au moment « où ce qui s’est passé à Ghardaïa a impacté toute la société ». Festival devant, par ailleurs, se tenir non loin de la région de Batna, victime avant-hier d’un attentant terroriste, Lakhdar Bentorki précisera à propos des mesures de sécurité que l’organisation du festival, qui se fait avec la collaboration des différents services de sécurité, « a déjà connu par le passé des conditions sécuritaires difficiles ».
Festival populaire, ayant attiré en 2014 « entre 50 et 60 000 spectateurs, ce qui fait en moyenne 8 000 à 10 000 personnes par soirée », indique Samir Meftah, directeur de la communication, de l’information et du marketing de l’Office national de la culture et de l’information (ONCI). Le programme artistique reprendra cette année les grandes lignes des précédentes éditions, « avec la participation des plus grandes stars de la chanson mondiale, arabe et algérienne », soit près de 400 artistes entre chanteurs têtes d’affiche et musiciens issus notamment de onze pays étrangers, en plus d’artistes des différentes régions du pays. A ce titre, il est notamment cité pour la soirée d’ouverture la participation des groupes et chanteurs Imzad, Souad Asla ou encore El Djawhara El Samra et Rahaba. Par ailleurs, les tarifs d’accès au 37e Festival international de Timgad, dont les prix sont restés inchangés, « varient en fonction des têtes d’affiche entre 300 et 850 dinars ». Au programme également, l’artiste syrien Samer Kherbek, Wael Djessar ou encore le groupe américain Magic of Motown le dimanche 2 août, et le célèbre Cheb Khaled lors de la cérémonie de clôture. Evénement culturel, par ailleurs, présenté comme l’un des plus anciens et des plus fréquentés du pays, le Festival de Timgad reste cependant loin de la rentabilité, ou même de l’autosuffisance financière. En effet, bien qu’il n’avance aucun chiffre à ce sujet ou même sur le budget global alloué cette année par le ministère de la Culture, se contentant de dire que 70% de la somme était réservée à l’hébergement et au transport des artistes, le commissaire du festival, Lakhdar Bentorki, déclare qu’à l’heure actuelle, « pas un festival n’arrive à couvrir ses frais en se basant uniquement sur sa billetterie, mais compte plutôt sur le soutien de sponsors. (…) La question est de savoir pourquoi, pour le cas du Festival de Timgad, le privé ne participe pas. Nous en avons contacté, mais sans réponse favorable pour le moment ». Evénement culturel financé donc à 100% sur un budget public, Lakhdar Bentorki, également directeur de l’ONCI, est, par ailleurs, revenu lors de la conférence d’hier sur l’annonce faite l’année dernière de reverser l’intégralité des recettes des billetteries des festivals de Djemila, Timgad et des spectacles du Casif au peuple palestinien, indiquant à ce titre que « pour le moment, on cherche un moyen de transférer et de faire parvenir la somme réunie en Palestine », le montant étant estimé par M. Bentorki à « pas moins de 20 millions de dinars ». 

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Une pléiade d’artistes peintres constantinoises expose jusqu’à la mi-août au Centre des arts et de la culture du Palais des raïs (ex-Bastion 23) sous le thème « Palettes constantinoises ».
Au nombre de vingt-huit, ces plasticiennes évoquent, dans leurs œuvres réalisées selon diverses techniques et styles, Constantine, son architecture raffinée, ses mosquées, les costumes d’antan ainsi que les us et traditions, notamment le rituel du henné. Sous le titre Quintessence d’un passé ancestral, Farida Ben Mahmoud a mis en exergue la beauté et l’élégance de la femme dans un tableau de style figuratif, tout en décrivant le costume d’antan, dont elle fait une étude ethnographique. La femme est aussi le sujet de prédilection de Salima Haderbache, qui a opté pour les techniques mixtes sur toile, en se distinguant par son travail de la matière.
Faïza Madi, dont la femme est le thème exclusif de sa peinture, a exposé une huile sur toile de style figuratif tendant vers le cubisme, représentant une femme portant « lemlaya » entourant tendrement un bébé.
Yasmina Saâdoun a présenté une huile sur toile de style semi-figuratif réalisée selon les techniques mixtes, représentant une femme drapée elle aussi de « lemlaya ».
« Sa peinture est souvent transcendée par les influences d’Issiakhem qu’elle admire et que l’on retrouve dans ses transparences », est-il noté dans le catalogue de l’exposition.
Farida Aberkane, après avoir travaillé avec les différentes techniques plastiques, notamment la peinture sur verre, sur soie et sur faïence, a choisi la mosaïque pour décrire la femme dans son quotidien avec beaucoup de poésie.
Chafika Bendali-Hocine, peintre et créatrice de bijoux, a exposé un tableau semi-figuratif tendant vers le figuratif intitulé Cheminements d’Eve réalisé selon les techniques mixtes.« Avec une imagination sans bornes, elle s’essaye avec succès à toutes les techniques de l’art pictural, mais avoue s’épanouir pleinement dans le semi-figuratif », est-il écrit à propos de cette plasticienne, qui est à l’origine des «robes tableaux » très remarquées dans les années 1990. Lichani Mimia, qui maîtrise plusieurs techniques, notamment le vitrail et la céramique, a évoqué dans une peinture sur toile aux couleurs ocre dégradées, le rituel du henné. La ville de Constantine est l’autre thème dominant de cette exposition, qui a été auparavant présentée dans le cadre de « Constantine capitale de la culture arabe 2015 ». Zahia Hachache a peint avec beaucoup d’émotion les hauteurs de la ville, en optant pour le style semi-figuratif et la technique peinture sur toile. « Ses peintures, qu’elle travaille beaucoup au couteau, la racontent à travers l’histoire de sa ville, de la Casbah d’Alger qui l’a marquée, de la Kabylie berceau de son enfance », est-il relevé dans le catalogue à propos de cette artiste, qui associe peinture à l’huile, acrylique et techniques mixtes pour réaliser des œuvres denses et très investies.
Hafiza Laâbi Bechiri, née dans une famille de plasticiens et passionnée par les vieux quartiers de Constantine, dont elle a fait le thème principal de ses peintures, a évoqué dans une acrylique sur bois « Sabat El Bouchaïbi », un lieu mythique de l’ancienne casbah.
Dans un registre plus abstrait, Latifa Boulfoul, considérée comme l’une des pionnières de la peinture abstraite à Constantine, a elle aussi peint avec beaucoup de sensibilité la ville de Constantine, en faisant appel à des techniques mixtes sur toile dans des tons rouge, jaune et blanc, donnant ainsi plus de mouvement à ses tableaux. Ma ville est le titre donné à sa peinture sur toile par Souhanla Mellari, dont les œuvres sont inspirées par les paysages de sa ville natale et notamment le Rhummel. Nedjoua Serraa, qui s’est essayé au figuratif, semi-figuratif, a préféré le style abstrait, comme en témoigne son acrylique sur toile portant le titre Mystère. Isis El Okla, passionnée de la couleur et de la transparence, a présenté un vase en forme de boule rehaussé de motifs de sa création, et ce, dans des tons ocre et marron. « Initialement formée à la décoration plane, Isis El Okla s’est exprimée dans différentes formes d’expression créatives, peinture, mosaïque… avant d’opter pour le support verre qui la fascine », est-il précisé à propos à propos de cette artiste qui décline sa palette sous toutes les formes (tableaux, photophores, plats et objets de décoration).
Il est à rappeler que cette exposition figurait au programme du 6e Festival national de la création féminine qui s’était tenu à Alger du 6 au 13 juin 2015 sous le thème « Constantine : essence créative » et qui avait rendu hommage à Leïla Baghli, femme de lettres et artiste peintre internationalement reconnue et considérée comme la pionnière de l’art pictural féminin à Constantine. Leïla Baghli, auteur de nombreux écrits et notamment de deux romans encore inédits, Les Gens d’en face et Ce souvenir d’Eléonore, a produit des œuvres picturales connues aussi bien en Algérie qu’à l’étranger et en partie des collections du Musée d’Oran et du Palais de la culture d’Alger, où elle a exposé à titre individuel en 1992. « Le festival a tenu à lui rendre hommage pour son talent, son parcours courageux de femme artiste et de manière générale pour son apport à l’évolution de l’art et de la création féminine », est-il écrit dans le catalogue du festival.

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Après plus de quatre ans d’une guerre sanglante, 230 000 morts et des millions de blessés, l’armée syrienne, qui a vu ses effectifs baisser de moitié selon les experts, a enregistré plusieurs défaites face aux rebelles, notamment dans le nord.

Ces pertes ne sont pas sans conséquences sur cette même armée qui «manque de ressources humaines», si l’on reprenait «l’aveu» même du président syrien. «Le problème auquel font face les forces armées n’est pas lié à la planification, mais à la fatigue», a en effet affirmé hier dimanche, Bachar El Assad, qui s’exprimait devant un parterre de représentants d’organismes économiques à Damas. «Il est normal qu’une armée soit atteinte de fatigue, mais il y a une différence entre la fatigue et la défaite», a-t-il rapidement souligné dans son discours, retransmis à la télévision. Cependant, reconnaître un manque d’effectif n’est nullement synonyme de défaite, car « ça n’existe pas dans le dictionnaire de l’armée syrienne», a assuré El Assad. «Nous allons résister et nous allons vaincre». Et là, le message est bien évidemment adressé aux rebelles. Combattant depuis plus de quatre ans rebelles et djihadistes, l’armée syrienne, mobilisée dans tout le pays, a vu ses forces s’amoindrir, si bien qu’une vaste campagne publicitaire a été lancée début du mois pour appeler les citoyens à la rejoindre. Samedi dernier, le président syrien avait d’ailleurs décrété une amnistie sous condition pour les déserteurs et ceux qui ont refusé de faire leur service militaire. «Ce décret vise à encourager les déserteurs à rejoindre l’armée», a expliqué le président syrien dans ce rare discours en public. «Il faut prendre des mesures spécifiques pour augmenter (l’effectif des troupes) afin de mener à bien les missions urgentes», a lancé le chef de l’État. Les soldats qui ont rejoint la rébellion ne sont toutefois pas concernés par cette amnistie. Bachar El Assad a également justifié le retrait de ses troupes de certaines régions perdues par le régime au cours des derniers mois, notamment dans la province d’Idleb (nord-ouest), expliquant que «l’armée ne peut se trouver dans chaque bout de territoire». «Parfois nous concentrons l’arsenal et l’armée dans une région importante, mais cela se fait aux dépens d’autres endroits, qui deviennent plus faibles», a-t-il expliqué. «Nous sommes obligés dans certaines circonstances d’abandonner certaines régions pour transporter nos troupes vers la région à laquelle nous sommes attachés». Selon les experts, le régime considère comme la «Syrie utile», c’est-à-dire vitale pour sa survie, les villes centrales de Damas, Hama et Homs ainsi que la région côtière de Lattaquié. «Dans certaines régions, les habitants ont porté les armes avec l’armée et cela a eu un impact plus décisif dans la bataille», a poursuivi M. Assad.
Sur le volet des négociations visant à trouver une issue au conflit, le président syrien a réitéré que «toute proposition politique qui n’est pas fondée sur la lutte contre le terrorisme serait vide de sens». «Tant que le terrorisme fait partie de l’opposition extérieure qui participe au dialogue (...), parler de solution politique ne serait que des paroles creuses», a-t-il martelé, en référence à l’opposition en exil soutenue par les pays du Golfe et les pays occidentaux.

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La police a ouvert le feu hier matin dans le centre de Paris sur un homme qui venait de forcer en voiture un cordon de sécurité en place près des lieux de l’arrivée du Tour de France cycliste, a-t-on appris de source policière. Aucune information n’était disponible dans l’immédiat sur le suspect, toujours recherché après cet incident survenu vers 08H00 (06H00 GMT) place de la Concorde, au pied des Champs-Elysées, où devait s’achever dans l’après-midi l’épreuve reine du cyclisme mondial. Selon les autorités, l’automobiliste avait percuté peu auparavant un autre véhicule dans le quartier des Champs-Elysées et pris la fuite pour se soustraire à un contrôle de policiers déployés pour le Tour de France. Il s’est dirigé vers la place de la Concorde, forçant le barrage mis en place sur le parcours de l’épreuve cycliste. La police a alors tiré des coups de feu pour tenter d’immobiliser le véhicule, sans faire de blessés. L’homme est parvenu à prendre la fuite. Son véhicule a été retrouvé un peu plus tard dans le 8e arrondissement de la capitale, où se trouve la place de la Concorde.

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Un avion de tourisme s’est écrasé hier dimanche dans un quartier résidentiel de la banlieue de Tokyo, tuant trois personnes et mettant le feu à plusieurs maisons et voitures, selon la police. L’appareil, avec à son bord le pilote âgé de 36 ans et quatre passagers, est tombé vers 11H00 (02H00 GMT), peu après son décollage de l’aéroport de Chofu, localité de la métropole tokyoïte, a rapporté la chaîne publique NHK. « Le décès de deux des personnes qui se trouvaient à bord de l’avion est confirmé et une troisième, que nous pensons être un habitant du quartier, est également morte », a déclaré à l’AFP un porte-parole de la Police de Tokyo. Au moins trois maisons et deux voitures étaient en feu dans le quartier résidentiel de Chofu à seulement 500 mètres de l’aéroport et les toits d’autres habitations étaient endommagés. La carcasse de l’appareil, un Piper PA-46, gisait ventre en l’air au milieu des restes carbonisés d’une maison.
Un responsable de la société Nippon Aerotech, propriétaire de l’appareil, a présenté ses excuses pour l’accident et précisé à la presse qu’une enquête était ouverte pour en déterminer les causes.

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Au moins 36 personnes ont péri dans l’accident entre un navire de plaisance et un cargo mercredi soir sur le Nil, selon un nouveau bilan fourni hier dimanche par un responsable de la protection civile. Un précédent bilan, publié vendredi, faisait état de 31 morts. « Nous avons repêché 36 cadavres », a indiqué le général Magdi al-chalqami, responsable de la direction de la Protection civile à Giza, cité par l’AFP. Il a ajouté que les recherches des corps continuent et ont été étendues à d’autres provinces sur le Nil. Le porte-parole du ministère de la Santé Houssam Abdel Ghaffar a indiqué pour sa part que 20 enfants, dont certains sont âgés de 4 ans, figuraient parmi les victimes. La collision s’est produite dans la région de Waraq, un quartier pauvre de la banlieue nord de la capitale égyptienne. Les passagers célébraient des fiançailles à bord d’un petit bateau de plaisance lorsqu’il a été heurté par un cargo.

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Au moins six personnes ont été tuées dans une forte explosion ayant frappé un hôtel de la capitale somalienne Mogadiscio dimanche après-midi, a affirmé un responsable sécuritaire somalien. « Nous avons vu six tués, pour la plupart des gardes de sécurité », a affirmé la source, Mohamed Jama, ajoutant que « les pertes pourraient être plus élevées, nous sommes en train d’enquêter ». L’explosion s’est produite dans l’hôtel Jazeera, qui est fréquenté par des membres du gouvernement somalien et des expatriés et abrite plusieurs représentations diplomatiques.

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La police israélienne a pénétré hier dimanche dans la mosquée Al-Aqsa, une incursion extrêmement rare dans ce troisième lieu saint de l’islam situé dans la vieille ville de Jérusalem, pour mettre fin à des heurts déclenchés par la venue de juifs orthodoxes. L’Esplanade des mosquées, que les juifs appellent le Mont du temple et considèrent comme leur premier lieu saint, est régie par un statu quo hérité du conflit de 1967: si juifs et musulmans peuvent se rendre sur le site sacré qui surplombe l’ultra-touristique vieille ville de Jérusalem, les juifs n’ont pas le droit d’y prier. Tôt le matin, des dizaines de policiers israéliens ont investi l’Esplanade avant de pénétrer « de plusieurs mètres » à l’intérieur d’al-Aqsa, a indiqué la police israélienne. Les journalistes de l’AFP ont pu voir un Palestinien saignant de la tête, et des témoins ont fait état d’autres blessés, mais sans plus de précisions. Les heurts se sont poursuivis dans la vieille ville de Jérusalem Est, occupée et annexée, où la police a tiré des grenades assourdissantes, selon des journalistes de l’AFP. Plusieurs manifestants scandant « Allah Akhbar » étaient visibles dans les ruelles autour de la mosquée. « Nous sommes prêts à mourir », a lancé un commerçant palestinien de 46 ans. Le ministre palestinien des Affaires étrangères a condamné les autorités israéliennes et qualifié de « provocante » la visite de juifs ultra-orthodoxes.

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Une femme connue pour des troubles psychiques s’est fait exploser dimanche sur le marché central de Damaturu, ville du nord-est du Nigeria, faisant au moins 14 morts et 47 blessés, ont rapporté des témoins et une source hospitalière.
« A 09H50 (08H50 GMT) ce matin, une femme s’est fait exploser à l’entrée (...) du marché central de Damaturu », la capitale de l’Etat de Yobe, a déclaré à l’AFP Garba Abdullahi, un commerçant. « Nous avons évacué 15 corps (...) dont celui de la kamikaze qui a été identifiée comme une femme connue pour des troubles psychiques depuis des années dans le quartier », a-t-il ajouté. Damaturu a déjà été le théâtre d’un triple attentat-suicide mené par des mineures, qui avait fait au moins 13 morts vendredi dernier peu avant le début des prières de l’Aïd el-Fitr, la fête qui marque la fin du mois de jeûne musulman de ramadan. Les attentats-suicides menés par des femmes, souvent très jeunes, se sont multipliés ces derniers mois au Nigeria. L’Etat de Yobe est l’un des trois Etats du nord-est du Nigeria les plus durement touchés par Boko Haram. L’insurrection islamiste et sa répression par les forces nigérianes ont fait plus de 15 000 morts et 1,5 million de déplacés depuis 2009.
Une nouvelle vague de violences a déjà fait plus de 800 morts depuis l’investiture, fin mai, du nouveau président Muhammadu Buhari, qui a érigé en priorité la lutte contre les insurgés, affiliés au groupe jihadiste Etat islamique (EI).

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Dans le cadre de ses entretiens avec les partis politiques, en particulier de la gauche, sur la question sécuritaire et du djihadisme, en particulier après l'attentat qui a coûté la vie à neuf soldats de l'ANP près d’Aïn Defla, le 17 juillet dernier, Reporters donne cette fois la parole au leader du PST, Mahmoud Rechidi. Entretien.

Reporters : Quelle lecture faites-vous du fait que la sphère djihadiste en Algérie soit désormais marquée par Aqmi et Daech ?
Mahmoud Rachedi : Je ne pense pas que la situation correspond à ce qui semble être suggéré dans votre question. Je veux dire que l’Algérie n’est pas marquée par un regain de djihadisme. Cependant, quelques noyaux de groupes armés, affiliés à tel ou tel label, tentent de temps à autre des actions, plus ou moins spectaculaires, dans le but évident de susciter l’impact et de signaler une certaine capacité de nuisance. Les exemples de Tiguentourine en 2013, revendiqué par Aqmi, et le rapt du Français Gourdel en 2014, revendiqué par Daech, relèvent de cette stratégie. En fait, on est très loin des années 1990 et de ce qui se développe dans les pays de la région. Mais, les recettes économiques libérales imposées par le pouvoir politique actuel en Algérie, qui ne manqueront pas d’aggraver le désastre social et le désespoir, d’une part, et, d’autre part, les graves atteintes aux libertés démocratiques, peuvent précipiter une partie de la jeunesse dans les bras armés de l’intégrisme religieux et du fanatisme.

Quelle solution, selon les formations de gauche, à la question djihadiste ? Sécuritaire stricto sensu ou politique ?
Pour le Parti socialiste des travailleurs (PST), comme nous l’avions déjà rappelé dans les années 1990, il n’y a pas de solution policière aux problèmes politiques. La défaite des islamistes armés en Algérie, dont les exactions et la barbarie sont encore vivaces, était d’abord politique par le fait de la désaffection populaire dès la fin 1994. Les réconciliateurs de Sant’Egidio ou la présidentielle du pouvoir militaire de l’époque et ses alliés de 1995 surfaient sur cette réalité. Dès lors, leur défaite militaire se réduisait à une question de temps. Bien entendu, il ne s’agit pas ici de revenir sur les exactions des uns et des autres que nous avions dénoncées en leur temps. En revanche, la solution politique que nous avions préconisée n’est pas celle de M. Bouteflika. La réconciliation et la concorde ne se décrètent pas en consacrant l’impunité et l’injustice. La solution politique démocratique suppose au moins la reconnaissance des crimes, le pardon des victimes par le biais d’une justice acceptable par tous. La solution politique démocratique exige des choix économiques et sociaux qui garantissent le pain, le travail et le logement pour tous, qui assurent la liberté et la dignité au peuple algérien et offrent un horizon d’espoir à notre jeunesse.
Partagent-ils l’idée qu’il s’agit de groupes obéissant à des agendas internationaux. Si oui, lesquels ?
Ce que vous appelez agendas internationaux, nous, nous les appelons les intérêts des puissances occidentales impérialistes et leurs alliés, tels que les monarchies du Golfe. Mais, cela n’est pas nouveau. Les USA sont passés maître dans le financement, l’entraînement et l’armement des groupes armés en Amérique latine et ailleurs depuis des lustres, en imposant des dictatures et des régimes alliés. Depuis l’époque de la guerre froide et l’intervention militaire soviétique en Afghanistan en 1979, l’islamisme politique ou armé a été encouragé et soutenu dans toute la région par les USA et leurs alliés occidentaux. Les révélations sur les liens de Ben Laden et sa branche Al Qaïda avec la CIA sont connues de tous. La stratégie mise en place par l’administration Bush pour la reconfiguration du Grand Moyen-Orient (GMO), ouvertement interventionniste, néocolonialiste et néolibérale, révélait les appétits US dans la région et leur intention de chasser les régimes politiques récalcitrants. La reconnaissance récente d’un responsable du Pentagone relative au soutien des USA au développement de Daech entre 2012 et 2013, via la Turquie, l’Arabie saoudite et d’autres alliés, ne laisse aucun doute à ce sujet quant à son utilisation pour affaiblir l’Iran, le Hezbollah et le régime syrien, et par ricochet la Russie de Poutine. L’intervention directe de l’Otan en Libye et l’assassinat du dictateur Kadhafi traduit cette stratégie du chaos créateur de contrerévolutions et l’intimidation des peuples tunisien et égyptien qui ont osé enclencher un processus révolutionnaire et chasser les dictateurs Ben Ali et Moubarak, amis des USA et de l’UE. Pour conclure, je dirais oui, il y a des agendas internationaux. Mais, sans verser dans la théorie du complot et autre main de l’étranger, qui nous sont servies à chaque mouvement social, il y a une réalité politique, économique et sociale dans notre pays qui favorise ces agendas et qui mine les capacités de résistance de notre peuple pour défendre sa souveraineté et son indépendance. L’absence des libertés démocratiques et les recettes économiques libérales, inspirées par le FMI, la BM, l’OMC, l’UE et autres ONG, mènent vers la catastrophe économique et sociale. Les privatisations envisagées du secteur public, la remise en cause rampante des subventions des produits de première nécessité, des transferts sociaux et de la santé publique et gratuite (projet du nouveau Code de la santé), la précarisation des relations de travail et des conditions de vie (projet du nouveau Code du travail), le développement de la corruption et du népotisme, l’explosion des importations, du chômage et du mal vivre au niveau de la jeunesse, sont autant de signaux et d’ingrédients qui feront le lit de ces agendas et de leurs bras armés tels qu’Aqmi, Daech et autre Boko Haram.
Quelles conséquences a l’attentat d’Aïn Defla sur le champ politique et sécuritaire ?
L’attentat d’Aïn Defla n’a rien d’extraordinaire. Bien sûr, il y a neuf jeunes soldats tués et d’autres blessés, selon les médias et les communiqués officiels. Cela a créé une émotion et une certaine angoisse dans un contexte marqué par les récents attentats de Sousse, du conflit de Ghardaïa et des guerres civiles dans la région. Aussi, l’amplification par les médias locaux et internationaux donne à cet attentat une dimension et un impact plus grands. Mais, d’un point de vue strictement militaire, cet attentat ne présente aucun saut qualitatif ou une élaboration compliquée. Au contraire, il s’agit d’un petit groupe armé qui frappe pour s’évanouir dans la nature. Encore une fois, c’est l’impact médiatique et une relative capacité de nuisance qui sont recherchés à travers cet acte. Sur le plan politique, les principales conséquences sont loin d’être réduites aux réactions de l’opposition libérale consistant à critiquer la qualité des équipements de l’armée et son organisation. Si la menace islamiste armée n’est pas à écarter complètement, même si, comme je l’ai signalé plus haut, elle est aujourd’hui à un état groupusculaire, des mesures politiques, économiques et sociales s’imposent. Les recettes économiques libérales qui profitent à une infime minorité de prédateurs, dont les ravages sociaux sont palpables en Algérie et à l’échelle internationale, doivent être abandonnées. Il faut la levée de toutes les entraves à l’exercice des libertés démocratiques, notamment celles relatives aux libertés syndicales, aux droits à l’organisation, à l’expression et de manifestation. Il faut engager la bataille pour l’égalité des droits entre les hommes et les femmes par l’abrogation du Code de la famille et l’instauration de lois civiles. Il faut promouvoir les droits culturels et linguistiques de toutes les composantes de notre peuple. Il faut mettre en place une stratégie de développement économique nationale qui puisse satisfaire les besoins sociaux de tous, consacrer la souveraineté du peuple algérien sur ses richesses et garantir son indépendance et la maîtrise de son destin. Car la barbarie qui guette l’humanité, à travers les intégrismes religieux divers ou à travers l’extrême droite et le fascisme, se nourrit fondamentalement de la détresse sociale et du désespoir des peuples. 

Publié dans Grand angle
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