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jeudi, 13 septembre 2018 06:00

Consommation de carburants : Les Algériens préfèrent toujours rouler au gasoil

Écrit par Farid Messaoud
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Le prix du gasoil est passé, en 2018, à 23,06 DA/litre contre 20,42 DA en 2017. Cela n’a pas empêché sa consommation de progresser. Ainsi, la théorie qui dit que la consommation de carburant diminue quand les prix augmentent n’a pas été prouvée. La consommation du gasoil a, en effet, augmenté à 4,92 millions de tonnes sur les 6 premiers mois de 2018 contre 4,87 millions de tonnes sur la même période de 2017, en hausse de 1%, ainsi que le souligne un rapport établi par l’Autorité algérienne de régulation des hydrocarbures (ARH) et qui vient d’être mis en ligne sur son site Internet.


Quant à la consommation de l’essence normale, elle a très légèrement augmenté avec un pompage de 569 904 tonnes (contre 569 012 tonnes), en hausse de 0,2%. L’usage de l’essence sans plomb par les conducteurs a légèrement grimpé à 671 838 tonnes (contre 668 725 tonnes), en hausse de 0,5%. Pour le GPL/carburant (GPL/c), il a connu un essor substantiel avec une consommation de 288 909 tonnes (contre 208 589 tonnes), en hausse de 39%. Toutefois, la théorie semble avoir du sens s’appliquant à l’essence super dont le tarif est passé à 41,97 Da/litre en 2018, contre 35,72 DA en 2017. Effectivement, le volume utilisé de l’essence super par les conducteurs a été de 649 702 tonnes entre janvier et fin juin 2018 (contre 748 677 tonnes à la même période de 2017), en diminution de 13,2%, un résultat inespéré. Mais tout n’est pas rose et beaucoup reste encore à faire pour faire baisser la consommation des carburants (hors GPL/c) qui a atteint 6,81 millions de tonnes au 1er semestre 2018 contre 6,85 millions de tonnes sur la même période de 2017, soit une diminution timide de 0,7%. En totalité, la consommation globale des carburants (essences et gasoil) et du GPL/c s’est envole à 7,09 millions de tonnes contre 7,06 millions de tonnes, soit une hausse de 0,5%. Même si elle est minime (0,7%), la baisse de la consommation est mise en exergue dans le rapport de l’ARH, manière de dire qu’une baisse, quelle qu’elle soit, est toujours bonne. A ce propos, l’Autorité de régulation relève que pour la troisième année consécutive, la consommation des carburants (hors GPL-c) continue sa tendance baissière, alors que la consommation du GPL-c progresse significativement. Cela s’explique, selon elle, par l’ajustement annuel des prix de carburants à partir du 1er janvier 2016, avec maintien du prix du GPL-c au même niveau que celui de l’année 2015 (9 DA/litre), mais aussi par la baisse sensible des importations des véhicules. L’autre facteur, relève l’ARH, est la baisse importante de la contrebande des carburants aux frontières. La consommation de l’essence est passée de 4,43 millions de tonnes en 2015 à 4,27 millions de tonnes en 2016, pour atteindre 4,15 millions de tonnes en 2017, soit une baisse de 6,3% entre 2015 et 2017.

Des installations de raffinage en projet
Pour le gasoil, la consommation est passée de 10,8 millions de tonnes en 2015 à 10,3 millions de tonnes en 2016, pour atteindre 10,08 millions de tonnes en 2017, en recul de 6,6% entre 2015 et 2017. Pour le GPL-c, la consommation est passée de 291.000 tonnes en 2015 à 352.000 tonnes en 2016, pour atteindre 457 000 tonnes en 2017, soit un taux de croissance de 57%.
En 2017, la facture d’importation des carburants s’est chiffrée à près de 1,6 milliard de dollars (2,96 millions de tonnes de carburants importés), contre 1,35 milliard de dollars (3,06 millions de tonnes) en 2016. Par ailleurs, et afin de réduire cette facture, un programme d’investissements a été entamé pour renforcer les capacités actuelles de production des raffineries, qui sont de 11,5 millions tonnes/an de carburants. Il s’agit du projet de réhabilitation et de rénovation de la raffinerie de Sidi R’cine (Alger) dont la capacité de production en gasoil devrait passer de 737.000 tonnes/an à 1,18 million de tonnes/an, et une capacité de production d’essence passer de 400 000 t/an à 1,3 million de tonnes/an, alors que celle du GPL devrait passer de 88.700 t/an à 270 000 t/an. En outre, un appel d’offres a été lancé pour la réalisation d’une raffinerie à Hassi Messaoud, dont l’entrée en production est prévue pour 2022. Cette installation s’ajoute à celle de Tiaret (en projet), avec une capacité de production de 5 millions de tonnes/an pour chacune. Sept sociétés ont présenté des dossiers techniques suite à l’appel d’offres émis par Sonatrach pour la réalisation de la raffinerie de pétrole brut à Hassi-Messaoud (Ouargla).
Dans le cadre de sa stratégie de couverture des besoins nationaux en carburants et en attendant la mise en place des nouvelles capacités locales de traitement et de transformation d’hydrocarbures, la compagnie nationale Sonatrach a signé un accord avec Esso Italiana (filiale à 100% d’ExxonMobil) portant sur l’achat de la raffinerie d’Augusta (Sicile, Italie) laquelle devra couvrir les déficits algériens en essence et en gas oil sur toute la période du plan à moyen terme 2018-2022. Pour diminuer la consommation de l’essence, un programme de conversion de véhicules au GPL/c a aussi été lancé, il y a quelques années, qui vise à convertir 500 000 véhicules à l’horizon 2021 sachant que le nombre de véhicules convertis au GPL/c a été de 60 000 en 2017 contre 43 000 en 2016 et 24 700 en 2015. Le parc national des véhicules compte actuellement plus de six millions d’unités. <

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