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mercredi, 12 septembre 2018 06:00

Des formations politiques réagissent à la déclaration du président Macron sur Maurice Audin : Appel à la «reconnaissance des crimes coloniaux» et lectures contrastées de l’Histoire

Écrit par NADIA BELLIL
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Les formations politiques ne sont pas restées indifférentes face à la décision du président Emmanuel Macron de reconnaître la responsabilité de l’Etat français dans la disparition et l’assassinat, en 1957, en pleine guerre de Libération, de Maurice Audin.


Tout en prenant acte de cette décision, les partis revendiquent «une reconnaissance pleine et entière de l’ensemble des crimes commis par la France coloniale à l’égard de tous les martyrs torturés » lors de la révolution. Ils expriment dans la foulée des nuances et des prises de position qu’on peut considérer comme typiques de leur identité politique propre mais surtout du regard qu’elles portent sur l’histoire du mouvement national de celle de la révolution anticoloniale de 1954 à 1962 en particulier. Certains points de vue exprimés semblent, par ailleurs, ne pas tenir compte du fait que la question coloniale et son lourd héritage font aussi débat dans l’Hexagone, avec des batailles violentes et des enjeux politiques et électoraux d’une extrême complexité, à l’image de ce qui se déroule dans les sociétés issues des anciens empires coloniaux, la France en particulier, où la mémoire reste encore synonyme de tranchées et d’affrontements dépassant parfois les clivages gauche-droite. C’est ainsi que Mouad Bouchareb, président du groupe parlementaire du Front de libération nationale (FLN) estime que la déclaration de Macron « est en elle même une reconnaissance ». Aussi, et tout la qualifiant de « positive », le député FLN estime que « le chemin vers la reconnaissance des crimes coloniaux reste un impératif majeur qui commence toujours par un premier pas ». « Le fait que Macron ait fait un pas dans le sens de la reconnaissance veut dire qu’il y a possibilité qu’il en fasse d’autres pas dans cette direction », a-t-il fait observer. Avant d’insister : « Ce que vient de faire le président français, il aurait fallu le faire depuis plusieurs années » au motif que « nul ne peut nier les crimes commis par les Français pendant la période coloniale, parce que les crimes qui ont été commis sont d’une atrocité inouïe».
«Maurice Audin est un symbole de la révolution algérienne, oui, mais nous continuerons encore et toujours à revendiquer pleinement», lance-t-il. Tout en expliquant que « la reconnaissance a été et reste une revendication phare du FLN, qui continuera à demander à l’Etat Français de présenter ses excuses à Algérie », le député du FLN fera observer que « le colonialisme restera un colonialisme quel qu’il soit ». Toutefois, il estime que la « reconnaissance est une bonne initiative pour construire des relations équilibrées et sereines entre les deux pays ». « Avec cette reconnaissance de Audin, et ce qu’elle devrait entraîner comme autres gestes, permettra aux deux pays d’avoir des relations bilatérales apaisées », fait-il observer. Le Mouvement de la société pour la paix (MSP), quant à lui, semble faire bande à part et utilise des mots très durs pour qualifier la décision de Macron. « Même si Maurice Audin mérite la reconnaissance, la démarche de Macron est raciste », estime d’entrée de jeu Nasser Hamdadouche, membre de la direction du parti. « C’est une démarche raciste, ségrégationniste », a-t-il soutenu, arguant qu’« il aurait fallu de la part de Macron présenter des excuses pour l’ensemble des crimes que l’Etat colonial français a commis de 1830 à 1962 ». « Ce qui a existé comme massacres et tortures contre les Algériens pendant la période coloniale, sont des crimes contre l’humanité et il aurait fallu qu’il n’y ait pas de distinction entre les gens torturés, que ce soit du point de vue de leur sexe, de leur religion ou de leur culture », a-t-il insisté. Avant de revendiquer une reconnaissance pleine et entière de l’ensemble des crimes commis par la France coloniale. De son côté, Moussa Touati, le président du Front national algérien (FNA), a expliqué dans une lecture de l’histoire de la guerre de libération, qui semble tout de même exclure les Européens d’Algérie qui ont pris fait et cause pour le FLN de guerre, que « ce que nous revendiquons est une reconnaissance par rapport aux martyrs algériens et ce qu’ils ont enduré durant la lutte pour l’indépendance, sans oublier les amis de la révolution algérienne à l’instar de Audin, qui a rejeté le colonialisme et revendiqué l’égalité entre les Français et les Algériens ».

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