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dimanche, 16 septembre 2018 06:00

Ouargla Ras-le-bol social et « marche de la dignité »

Écrit par Chahinez Ghellab
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La ville de Ouargla a été, hier, le théâtre d’une importante manifestation. Cette démonstration populaire, appelée « marche de la dignité », a mobilisé quelque 25 000 personnes qui ont battu le pavé du chef-lieu de la wilaya contre la « hogra », « la marginalisation », la « corruption » et le « régionalisme de l’Etat ».


La procession a commencé par un rassemblement aux alentours de 7h20 autour du rond-point Rose des sables de la place de Souk El Hdjar, lieu connu des Ouarglis. Elle devait se déployer jusqu’au bâtiment abritant le siège de la wilaya mais les forces de police, présentes en force sur le terrain, ont empêché tout mouvement et les manifestants ont dû faire du surplace. D’une seule voix, ils n’ont pas cessé de crier haut et fort « Barakat !» (ça suffit) avant de scander d’autres slogans condamnant «l’indifférence » et  « l’inertie » des autorités et revendiquant leurs droits à « l’amélioration de leurs conditions de vie ». Sur les pancartes et les écriteaux, on pouvait lire les motivations de cette foule qui a décidé de manifester malgré un soleil de plomb et le manque de transports pour les personnes venues des communes avoisinantes. Sur les lieux, on a signalé la présence de manifestants venus de Touggourt et même d’El Oued. Parmi les slogans, quelques-uns étaient remarqués et plus visibles que d’autres telles, comme «la capitale économique ne dispose pas d’un hôpital », « les cadres de la wilaya souffrent de chômage et de discrimination» à l’accès au travail, ou encore « en 2018, nos enfants meurent de piqûre de scorpion », allusion entre autres à la mort au début du mois, à l’hôpital Mohamed-Boudiaf de la ville, d’un enfant de cinq ans des suites d’une piqûre de scorpion. Les proches de la victime avaient alors dénoncé l’absence de médecins spécialistes dans cet hôpital. Certains manifestants ont appelé au départ du wali d’Ouargla, Abdelkader Djellaoui, qui a été apostrophé à distance par des « Dégage ! Dégage ! ». D’autres, dans la foulée, ont déclaré « ne plus faire confiance aux autorités locales ni au gouvernement. Ils ont demandé à « être traités comme le reste des Algériens », en appelant au dégel du projet du centre hospitalo-universitaire, à la construction d’un centre médical pour grands brûlés et à assurer 24H/24 le service dans les polycliniques de proximité, notamment dans les localités éloignées. Ils ont également appelé à l’implication des associations locales dans la résolution des problèmes de l’emploi. Le mot d’ordre appelant à la manifestation a, cependant, commencé à circuler via les réseaux sociaux depuis plus d’une semaine. Il semble avoir été largement motivé par le ras-le-bol d’une grande majorité d’habitants d’Ouargla qui se sentent privés de tout, notamment après le décès, également à cause d’une piqûre de scorpion dans son domicile de la doctorante Aïcha Aouissat. Cette universitaire est morte à l’hôpital d’Ouargla par manque de médecin spécialiste, a-t-on argué. En dépit de son organisation, le mouvement de protestation observé hier ne semble pas avoir d’étiquette politique ni associative particulière dans une région marquée, toutefois, et depuis plusieurs années déjà, par une ébullition sociale qui fut un temps incarnée par le mouvement des chômeurs et la lutte qu’il a menée pour l’accès à l’emploi dans les unités du bassin industriel et pétrolier de Hassi Messaoud. Les manifestants ont tenu à souligner que leur initiative n’a aucune coloration politique et qu’elle a été organisée dans un « esprit citoyen » et dans « l’attachement à l’unité nationale ». La manifestation qui s’est déroulée sans heurts à ses débuts s’est toutefois achevée par de légers affrontements entre des manifestants et les forces de police. Aux jets de pierres de jeunes en colère, les unités antiémeutes dépêchées sur les lieux ont répondu par les gaz lacrymogènes. D’après nos informations sur place, ces affrontements ont éclaté après des informations selon lesquelles les forces de l’ordre ont barré la route à des jeunes des quartiers de Rouissat et Soukra qui souhaitaient rejoindre la manifestation.
Des organisateurs ont, par ailleurs, accusé des policiers en civil de s’être introduits parmi les manifestants et d’avoir jeté les premiers des pierres avant de provoquer les nombreux jeunes qui se trouvaient dans la procession. Selon la même source, plusieurs personnes ont été blessées dont un jeune marchand de thé hospitalisé après avoir été touché à l’œil gauche.

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