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mercredi, 10 octobre 2018 06:00

Selon le Pr Chitour, les Algériens gaspillent 3 milliards de dollars de pétrole par an

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Energies propres, recyclage et gaspillage, un sujet phare qui épouse l’actualité environnementale du moment, dominée par le rapport international remis lundi dernier par les experts du climat (GIEC) à l’ONU, dans lequel est soulignée l’impérieuse nécessité de la mobilisation des nations pour éviter à la planète la «surchauffe». Qu’en pense, à ce propos, le professeur Chems Eddine Chitour, enseignant de thermodynamique à Polytechnique et directeur du laboratoire de valorisation des énergies fossiles ? Il pense que les Etats prennent quelque peu à la légère une alerte sérieuse, qui remonte tout de même à 25 ans, lorsque, à la conférence sur le climat de Rio, ces mêmes Etats avaient été alertés sur le risque de l’immobilisme face aux conséquences du réchauffement climatique. Manifestement, peu a été fait depuis. L’Algérie n’est pas en reste, puisque le Pr Chitour estime l’empreinte carbone du pays sur son atmosphère à tout de même 140 millions de tonnes de CO² chaque année, ce qui représente quelque 4 tonnes équivalents pétrole consommées par habitant, deux fois moins qu’un Américain. Et les premières conséquences de cette empreinte sont visibles sur le stress hydrique qu’elle subit, d’autant que l’eau est consommée sans commune mesure. Et au Pr Chitour de souhaiter qu’une «vérité des prix» soit instaurée sur le mètre cube consommée et ainsi moraliser la consommation. Mais pas avant que les «logiques sectorielles» ne cèdent devant les «logiques d’ensemble». Qu’entend-il par-là ? Simplement «qu’il n’est pas possible d’agir en faveur du climat, en faveur d’une consommation rationnelle et contre le gaspillage si chaque département ministériel agissait comme s’il était seul en Algérie», souligne le Pr Chitour. Pour rester dans l’allégorique, il n’existe pas en fait de partition générale que chacun exécute à son niveau comme dans un orchestre. Ni même d’ailleurs le chef d’orchestre pour battre la mesure et guider ses musiciens. Nous en sommes là, un orchestre sans partition, tout juste bon à produire de la cacophonie ! «Ce que fait Madame la ministre de l’Environnement est une bonne chose, mais elle est en train de s’égosiller dans le désert !», soutient le Pr Chitour pour illustrer son propos. Et de l’étayer en affirmant qu’il faut tout de même faire preuve de pédagogie à l’égard de la population pour lui expliquer les enjeux climatiques. Ce que le ministère de l’Environnement ne pourra faire seul s’il n’est pas accompagné de l’Education nationale ou de l’Enseignement supérieur. Il est vrai, ajoute-t-il, «il y a une somme de petites actions menées ici et là mais qui ne vont pas aller loin». Mais le véritable problème de l’Algérie, c’est bel et bien le gaspillage, qui, d’une manière ou d’une autre, conduit à un préjudice : environnemental, climatique et financier. A ce titre, 10 à 15% de l’énergie consommée l’est de trop, selon le Pr Chitour. «Sur 60 millions de tonnes de pétrole consommées annuellement en Algérie, 6 millions de tonnes gaspillées ; ce qui équivaut surtout à 3 milliards de dollars, au cours actuel du brut, qui partent en fumée», déplore-t-il. Et la seule façon d’y remédier, c’est de mettre en place une stratégie d’ensemble qui explique les enjeux climatiques aux citoyens. L’idéal serait d’en faire des éco-citoyens. L’idéal !

Dernière modification le mercredi, 10 octobre 2018 10:39

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