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mercredi, 10 octobre 2018 06:00

Croissance mondiale : Mise en garde contre les effets du protectionnisme

Écrit par Kahina Sidhoum
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«La croissance économique mondiale est toujours solide comparée à ce qu’elle était plus tôt au cours de cette décennie, mais elle semble avoir plafonné», a commenté, hier, Maurice Obstfeld, chef économiste du FMI.

«La politique commerciale reflète le contexte politique, et le contexte politique est incertain dans plusieurs pays, ce qui représente des risques supplémentaires», a-t-il averti au cours d’une conférence de presse. «Quand les deux plus importantes économies mondiales - les Etats-Unis et la Chine - s’affrontent», cela «crée une situation dans laquelle tout le monde va souffrir». Et «la croissance est beaucoup plus inégale» qu’il y a six mois, a encore relevé l’économiste, alors que s’ouvrait, hier à Bali, en Indonésie, la réunion annuelle du FMI et de la Banque mondiale. Les déclarations de l’économiste en chef du Fonds monétaire international, qui doit passer la main en décembre prochain, sont un résumé clair de l’inquiétude que suscite dans les milieux économiques dans le monde et au sein des institutions de Bretton Woods la guerre commerciale que se livre les Etats-Unis et la Chine. Pour le FMI, l’affrontement entre les deux géants a pour conséquence d’abaisser les perspectives de croissance pour 2018 et 2019. Le Fonds, qui pointe également du doigt les risques entourant la crise des devises dans certains pays émergents, table désormais sur une croissance du produit intérieur brut mondial (PIB) de 3,7% pour chacune de ces deux années (-0,2 point), une hausse similaire à celle de 2017.

Au printemps dernier, ses experts évoquaient déjà les risques liés à la montée en puissance des réflexes protectionnistes, citant en particulier les taxes douanières que l’administration Trump envisageait alors d’imposer sur les marchandises de ses partenaires, notamment chinois. Depuis, Washington est passé des paroles aux actes : 250 milliards de dollars d’importations chinoises sont sous le coup de droits de douane supplémentaires. Et Pékin a rétorqué en imposant des taxes sur 110 milliards de dollars de marchandises américaines. Pour l’heure, les prévisions de croissance en 2018 des États-Unis et de la Chine, les deux premières puissances économiques du monde, ont été maintenues, à respectivement +2,9% et +6,6% : des rythmes encore très soutenus. Pour les Etats-Unis, la croissance envisagée se situe au-dessus de celle des pays avancés (+2,4%). Pour la Chine, elle dépasse légèrement celle de la région Asie en développement (+6,5%).
Mais le FMI estime que la croissance va ralentir en 2019, à 2,5% pour les Etats-Unis (-0,2%) et +6,2% (-0,2%) pour la Chine. In fine, les croissances des deux géants pourraient faiblir encore davantage puisque ces nouvelles prévisions n’incluent pas les autres menaces de Donald Trump, dont de nouvelles taxes sur 267 milliards de dollars de marchandises chinoises supplémentaires. Cela reviendrait à surtaxer la totalité des exportations chinoises vers les Etats-Unis. L’institution s’inquiète d’une nouvelle intensification des tensions commerciales qui pourrait conduire à plus de volatilité financière et ralentir enfin les investissements et le commerce, moteurs de la croissance mondiale. Elle a d’ailleurs déjà revu en baisse la croissance du volume du commerce mondial à 4,2% cette année (-0,6 point) et à 4% l’année prochaine (-0,5 point). Au total, le PIB mondial pourrait être réduit de 0,8% d’ici 2020 contre 0,5% estimé en juillet. Ailleurs dans le monde, le Fonds a également abaissé la prévision de croissance de la zone euro à 2% cette année (-0,2 point) dont celle de l’Allemagne (+1,9% soit -0,3 point) et de la France (+1,6% soit -0,2 point) dont les exportations pâtissent du ralentissement économique en Chine. Il se montre encore plus pessimiste pour l’Amérique Latine et la zone des Caraïbes dont le PIB pour 2018 est désormais attendu en hausse de 1,2% (-0,4 point). Dans cette partie du monde, le Venezuela s’enlise dans la récession et la reprise de l’expansion au Brésil, première puissance économique d’Amérique du Sud, sera bien moins forte que prévu. Enfin, l’Argentine, qui a obtenu du FMI une aide financière de 57 milliards de dollars, n’est pas épargnée par la crise des devises de certains pays émergents.
La mauvaise passe de ces économies suit jusqu’à présent un scénario plus ou moins classique. Les Etats-Unis relèvent leurs taux d’intérêt. Les pays lourdement endettés en dollars en pâtissent. Les investisseurs se tournent vers des placements en dollars redevenus attractifs. Et les devises émergentes flanchent. Le FMI relève par ailleurs les tensions politiques et diplomatiques qui ont contribué à affaiblir certaines économies.
Et de citer les difficultés récentes en Italie de former un gouvernement, les incertitudes que fait toujours peser le Brexit en Grande-Bretagne, les tensions politiques entre les Etats-Unis et la Turquie, ou encore la réimposition des sanctions américaines sur l’Iran. Sans surprise, il relève que la hausse récente du prix du pétrole profite aux économies exportatrices d’Afrique sub-saharienne et du Moyen-Orient. n

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