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jeudi, 11 octobre 2018 06:00

Le FMI appelle à une «désescalade» commerciale : Le monde malade de son commerce

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L’heure de concevoir un nouveau modèle de commerce entre Etats, qui soit plus apaisé et plus équilibré, a-t-elle sonné ? Le Fonds monétaire international (FMI), chantre du capitalisme, le pense et voudrait même que la question soit sérieusement envisagée. La directrice du FMI, Christine Lagarde, en a d’ailleurs fait part, hier, au cours d’une conférence sur l’île indonésienne de Bali, où FMI et Banque mondiale tiennent leur réunion annuelle. Elle a estimé que les pays doivent réparer le système commercial mondial et non le détruire, allusion directe au président américain Trump, qui a décidé d’entrer en «guerre commerciale» avec le reste du monde, au nom de son leitmotiv «America First».


«Nous devons travailler ensemble pour avoir une désescalade et résoudre les différends commerciaux actuels», a encore ajouté Mme Lagarde, qui se montre néanmoins optimiste car, à ses yeux, «il existe vraiment une envie d’améliorer et de développer les relations commerciales» dans le monde. Or, objet de toutes les animosités de Trump, l’Organisation mondiale du commerce (OMC), que le président américain tient pour responsable du déséquilibre du commerce mondial, avertit, par la voix de son directeur général, Roberto Azevedo, qu’en cas de «guerre commerciale à grande échelle, le commerce mondial pourrait décroître de 17,5%» et la croissance du PIB mondial perdre «1,9 point de pourcentage». «Les Etats-Unis et la Chine souffriraient considérablement», ainsi que les pays dont les économies sont les plus intégrées.
Pour éviter ce scénario, les pays membres de cette organisation «discutent d’une réforme de l’OMC» qui pourrait être une voie de sortie, a ajouté M. Azevedo.
Les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, mais aussi avec ses alliés européens, se sont amplifiées ces derniers mois, marqués par une surenchère des mesures de rétorsion de tous côtés. Washington a, à ce jour, imposé des droits de douane supplémentaires sur 250 milliards d’importations chinoises. Et Pékin a réagi en imposant des taxes sur 110 milliards de dollars de marchandises américaines. Ces tensions ont déjà des répercussions économiques, a souligné, pour sa part, le secrétaire général de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), Angel Gurria.
«Cette année, la croissance ne semble pas aussi bonne» que l’année dernière, et «la différence, c’est le commerce, les tensions, le protectionnisme, les mesures de rétorsion... ». Après une période de redressement, «nous avons commencé à faire ces choses et nous avons ralenti», a-t-il déploré. Le FMI lui a donné raison, puisqu’il a abaissé, mardi dernier, sa prévision de croissance du PIB mondial à 3,7 % pour 2018 et 2019 (-0,2 point), soit au même niveau que celle de 2017, dans la foulée d’une révision à la baisse similaire par l’OCDE. Dans un autre rapport publié hier, il va même jusqu’à émettre des inquiétudes sur la capacité du système financier international à résister à une nouvelle crise. «De nouvelles vulnérabilités sont apparues et la résistance du système financier mondial reste à vérifier», a-t-il écrit dans son rapport sur la stabilité financière mondiale (GFSR). En fait, il craint que l’histoire ne se répète : les acteurs du marché financier mondial «semblent complaisants» face aux risques potentiels qui pourraient découler d’un environnement financier soudainement plus compliqué, en cas, par exemple, de hausse des taux d’intérêt ou d’un accès restreint aux capitaux. C’était cette même complaisance devant les bulles immobilières aux Etats-Unis qui avait été à l’origine de la crise dite des «subprimes» et avait fait chanceler le monde, alors au bord de la banqueroute. Depuis le dernier rapport d’avril du FMI, sur la stabilité financière dans le monde, les conditions économiques sont moins favorables et l’écart se creuse entre pays développés et pays émergents. «Il y a un an, j’avais dit que quand le soleil brille, il est temps de réparer le toit. Mais on n’a pas vu beaucoup de toits réparés, beaucoup de pays ont mangé leur pain blanc», a regretté Mme Lagarde. Et d’appeler dans la foulée les pays émergents, en particulier, à élaborer des mécanismes d’amortissement des crises, à laisser leur monnaie flottante et à utiliser les surplus de capitaux emmagasinés les années précédentes. C’est à peu de choses près le cas de l’Algérie !

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