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mercredi, 05 décembre 2018 06:00

De «l’informel» à la «table ronde initiale», mais la guerre est ailleurs : S’il y a un doute sur les difficultés énormes à amener les parties en conflit

Écrit par Lyes Sakhi
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au Sahara occidental à la table de discussions, il faut regarder de près le jargon utilisé par les diplomates des Nations unies en charge de les rapprocher.


Alors qu’on parlait il y a plus d’une décennie de «réunions informelles» pour désigner les premiers contacts directs entre le Maroc et le Polisario, le négociateur en chef actuel de l’ONU a choisi le terme de «table ronde initiale».
Le terme, comme celui qui était en vigueur entre 2007 et jusqu’en 2012 pratiquement, est d’une précaution telle qu’il ne peut renvoyer qu’à une seule réalité : celle de la peine qu’a l’ONU à faire respecter ses résolutions -dont la plus ancienne remonte à 1963 et qui depuis fait figurer le Sahara occidental sur la liste des «territoires non autonomes» - et qui sont restées lettres mortes jusqu’ici. Ainsi qu’à faire avancer un dossier épineux marqué depuis 2007 et les premiers pourparlers directs à Manhasset par huit résolutions au moins, acceptées par les indépendantistes sahraouis et rejetées par Rabat. Depuis, les deux belligérants n’ont pourtant pas cessé de se livrer bataille sur les terrains politique et diplomatique, usant chacun de son côté de leur capacité de lobbying en Afrique, où le Polisario a montré durant ces dernières années une capacité remarquée de persuasion même si le Maroc y dispose d’appuis importants, notamment en Afrique de l’Ouest. En Occident et en Europe également, une partie du monde où les indépendantistes sahraouis, qui bénéficient d’une audience non négligeable dans les milieux des sociétés civiles des pays de l’Union, mais trouvent toutefois des difficultés à faire contrepoids au pouvoir de séduction de la monarchie marocaine auprès des personnels politiques et parlementaires, à Bruxelles notamment. Témoin de cette difficulté des
Sahraouis à faire entendre la justesse de leur cause, l’autodétermination, la récente annulation en novembre dernier d’une exposition au centre Georges-Pompidou à Paris sur le conflit et les photos de soldats marocains détenus par le Polisario durant les batailles qu’il a livrées aux forces royales avant le cessez-le feu de 1991. Plus gravement, il y a eu le 29 novembre dernier la décision du Conseil de l’Europe d’adopter, après la Commission, l’accord de pêche UE/Maroc, qui inclut une extension aux eaux adjacentes au territoire du Sahara occidental occupé. Pour le ministre sahraoui délégué chargé des relations avec Bruxelles, Mohamed Sidati, «le principe même de cet accord est inacceptable, car il constitue une violation flagrante de la souveraineté». M. Sidati a rappelé l’évidence que le peuple sahraoui a une histoire qui forge son unité et son indépendance vis-à-vis de quiconque, comme l’a reconnu la Cour internationale de justice dès 1975. Mais si le texte, qui inclut le Sahara occidental, est validé par le Parlement européen, ce sera sans doute une victoire pour l’adversaire marocain aux yeux de qui l’objectif stratégique est d’exploiter au maximum les ressources considérables du territoire. Ce sera également de la part des pays de l’UE un geste de mépris vis-à-vis de la Cour de justice de l’Union européenne (Cjue). En février 2018, la Cjue avait jugé que l’accord UE/Maroc violait le principe de l’autodétermination du Sahara occidental. Dans son arrêt de 2016, elle avait rappelé que le Maroc et le Sahara occidental étaient deux territoires distincts et séparés et que le Maroc, qui est une puissance militaire occupante, ne peut y exercer aucun acte de souveraineté. Et qu’il ne peut y avoir d’activités économiques, commerciales ou autres, sur le territoire qu’avec le consentement du peuple du Sahara occidental. Derrière la décision du Conseil de l’Europe d’adopter l’accord de pêche, il y a une position européenne jamais dite publiquement, qui consiste à penser que le soutien à Rabat, outre ses conséquences sur les économies des pays européens, est un gage de stabilité géostratégique. Ce que réfute le Polisario, qui estime le contraire et accuse le Maroc d’être le véritable facteur d’instabilité, les indépendantistes n’excluant pas un retour aux armes pour faire entendre et admettre leur cause. Cette position on la retrouve dans la réaction du délégué sahraoui chargé des relations avec l’UE. L’Union européenne «devait négocier directement avec le Front Polisario, seul représentant du peuple sahraoui», a affirmé M. Sidati à propos de l’accord de pêche.n

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