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jeudi, 06 décembre 2018 06:00

Offre pétrolière mondiale : Valse et arbitrages à Vienne

Écrit par Hamid Bellagha
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Après avoir gagné plus de deux dollars US sur les marchés de Londres et New York, le pétrole peine à confirmer sa tendance haussière. La réunion de ce jeudi et vendredi des pays exportateurs de l’or noir n’arrive pas encore à se détacher des murmures concernant et la réunion et les conséquences de plusieurs événements qui peuvent mettre un frein aux ambitions des pays Opep quant à un bon rebondissement des prix.

«L’ambition des pays de l’Opep situerait un prix entre 70 et 80 dollars», ont affirmé plusieurs spécialistes de l’énergie fossile. On avait cru un instant que le retrait du Qatar de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole allait affecter la reprise timide des prix du pétrole de lundi. Le Qatar a bien tenté d’expliquer que son décrochement d’une organisation où il siégeait depuis 57 «était dû au fait que l’on doit se consacrer pleinement au gaz», une énergie qui vaut au petit royaume d’être la plus grande réserve et parmi le top trois mondial des fournisseurs de gaz. Une affirmation qui n’aura pas leurré grand monde, quand on connaît les divergences apparues entre le Qatar et l’Arabie saoudite, et qui ont abouti à un isolement économique et politique imposé par le royaume chérifien et ses alliés.

Bien sûr, ce ne seront pas les 600 mille barils jour du Qatar qui vont changer quelque chose aux plus de 32 millions mis sur le marché chaque jour. L’Opep qui en produit 40% se posera donc aujourd’hui et demain comme régulateur, et tentera de revenir à des prix à même de permettre à ses pays membres de donner un nouvel équilibre à leurs balances de paiements, et surtout d’éviter les crises qui ont affecté tous les pays producteurs après les baisses des prix de 2014.
Guitouni réservé
Mustapha Guitouni, le ministre algérien de l’Energie, premier arrivé à Vienne s’est montré évasif en déclarant «qu’il aura une rencontre avec les 52 pays, et nous verrons». Moins évasif, mais plus pessimiste, son homologue saoudien a jugé «prématuré» un accord sur une baisse de la production, alors que les analystes de Commerzbank avaient évoqué une réduction de la production de pétrole «d’au-moins 1,3 million de barils par jour».
Le doute a sûrement repris dans un marché qui s’était ébranlé vers une hausse des prix quand Trump avait reporté pour quelques mois d’appliquer les nouveaux tarifs douaniers pour les produits chinois. Mais son dernier tweet (encore !) stipulant qu’il y aurait un accord ou pas d’accord a quand même permis au pétrole de gagner 16 cents et 25 par rapport à la clôture de mardi, à Londres et à New York. Mais le doute ne s’est pas encore dissipé pour un marché lié plus aux actes politiques qu’aux instruments économiques d’un marché mondial volatile. Hormis donc l’affaire Kashoggi et le chantage US envers l’Arabie saoudite, tout dépendra de la capacité de la Chine de tirer vers le haut les prix du pétrole grâce à une économie dépendant, malheureusement, de ses exportations vers les Etats-Unis. Malgré tout, Trump ne disposerait pas de beaucoup de marge de manœuvre, car si Washington inonde le marché avec ses plus de 11 millions de barils par jour, le pétrole de schiste ne peut tenir la comparaison en termes de coûts face aux arabian Light ou au Brent de la mer du Nord, par exemple. La réunion de Vienne dépendra donc, en grande partie, en étant généreux, encore et toujours, de l’Arabie saoudite. Elle avait déclaré une guerre au pétrole américain pour rester seule aux commandes du marché de l’or noir, en baissant les prix pour faire fléchir les Américains avec leur pétrole de schiste, mais d’autres considérations, la guerre au Yémen et le meurtre du journaliste saoudien attribué au prince héritier Mohamed Ben Salmane, ont eu pour conséquence une redistribution des cartes et de ses atouts. En reste-t-il dans les manches des Saoudiens, des autres membres de l’OPEP, et dans celles du Kremlin. Réponse aujourd’hui, si le suspens ne durera pas jusqu’à vendredi.

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