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jeudi, 06 décembre 2018 06:00

Alger veut rapprocher les points de vue

Écrit par Farid Messaoud
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Réunions intenses hier à Vienne à la veille de la réunion pour le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, dans une démarche destinée à rapprocher les points de vue et à parvenir à un consensus autour de la baisse de la production des pays Opep et non Opep.


Le ministre s’est ainsi entretenu avec le ministre de l’Energie émirati et président de la conférence de l’Opep, Suhail Al-Mazrouei, ainsi qu’avec son homologue vénézuélien, Manuel Salvador Quevedo Fernandez. Lors de leurs entretiens de négociations préparatoires, ils ont abordé l’évolution des marchés pétroliers et les perspectives pour 2019. Ces rencontres se sont tenues en marge de la 12e réunion du comité ministériel conjoint de Monitoring Opep et non Opep (JMMC) qui se tient dans la capitale autrichienne. Dans une déclaration hier depuis Vienne, M. Guitouni a remonté le temps, en soulignant que le choc pétrolier de 2008 a été amorti par l’Algérie et le second choc, celui de 2014, a été également amorti par l’Algérie, allusion faite aux deux grandes conférences ministérielles de l’Opep que notre pays avait abritées (l’une à Oran, l’autre à Alger) et qui avaient débouché sur une baisse de la production de l’offre. Et c’est, a-t-il ajouté, grâce aux efforts du président de la République que cela a été possible. Et de poursuivre que cette initiative a été salutaire pour tous les pays de l’Opep qui d’ailleurs, en sont reconnaissants. Le ministre a affirmé qu’à l’occasion de la réunion d’aujourd’hui, l’Algérie va essayer de rapprocher les points de vue pour parvenir à la stabilité du marché. Par ailleurs, il y aura, a-t-il dit, une réflexion sur une charte qui permette à tous les pays producteurs de rester dans une position unifiée. Outre cette 12e réunion du JMMC, Guitouni participera également à la 175e Conférence ministérielle des pays membres de l’Opep qui se tiendra aujourd’hui dans la capitale autrichienne. Cette conférence ministérielle de l’Opep examinera notamment le rapport et les recommandations du JMMC chargé du contrôle de la conformité aux ajustements volontaires de la production tels que décidés dans la déclaration de coopération signée en novembre 2017. En outre, la conférence de l’Opep analysera l’évolution des marchés pétroliers depuis sa dernière réunion à Vienne tenue en juin 2018, et examinera les perspectives du marché pétrolier pour 2019. Le ministre prendra aussi part, le 7 décembre, à la 5e réunion ministérielle des pays Opep et des pays non Opep participants à la déclaration de coopération. Les pays Opep et non Opep se sont engagés en faveur de la stabilité des marchés pétroliers, de l’intérêt mutuel des pays producteurs et consommateurs, de l’approvisionnement efficace, économique et sûr des pays consommateurs, d’un rendement équitable du capital investi ainsi que du retour de la confiance des investisseurs dans l’industrie pétrolière. C’est en fait le message que le ministre de l’Energie veut transmettre à tous les producteurs pétroliers.
Et si l’Opep annonçait une réduction cosmétique !
Et ces derniers ont intérêt à ce que les prix de l’or noir se maintiennent dans une fourchette raisonnable, acceptable pour tous. Mais, pour que cela soit possible, ils vont devoir réduire conséquemment et durablement l’offre pétrolière mondiale. C’est d’ailleurs l’avis de l’expert pétrolier, Nazim Zouioueche. Celui-ci a, en effet, souligné dans une déclaration à l’APS, qu’un redressement des cours pétroliers passe par une réduction « conséquente » de la production des pays de l’Opep et de ses partenaires non Opep. Selon lui, la baisse estimée, aujourd’hui, à un million de barils par jour (mbj), doit être plus conséquente avec une diminution de 1,5 mbj pour pouvoir compenser d’éventuelles augmentations venant d’autres pays. Afin de comprendre les enjeux et défis de la prochaine réunion de l’Opep avec ses partenaires, Zouioueche fait le point sur le contexte actuel marqué par une augmentation de l’offre pétrolière de certains pays producteurs et un ralentissement de l’économie mondiale A l’approche du mois de novembre 2018, mois fixé pour la reprise des sanctions contre l’Iran, certains producteurs avaient cru bon d’augmenter leur production pour être prêts à compenser la diminution des exportations pétrolières iraniennes sur le marché. Or, a-t-il dit, les Etats-Unis ont décidé, au dernier moment, d’un moratoire laissant la possibilité à huit pays, dont la Chine et l’Inde, de continuer à importer du pétrole iranien pour une période de six mois, sans crainte de représailles de la part des Etats-Unis. Par ailleurs, poursuit-il, l’économie mondiale subissait un ralentissement dû en grande partie aux nouvelles taxes imposées par les Etats-Unis aux importations à partir de la Chine et de l’Union européenne principalement. Ainsi, le ralentissement de la demande et l’abondance de pétrole sur le marché ont grandement contribué à la chute brutale des prix, en portant atteinte à l’équilibre offre-demande. Zouioueche rappelle, à ce titre, qu’après avoir atteint un niveau de 86 dollars en octobre dernier, le Brent s’est écroulé en novembre pour s’établir à un niveau inférieur à 60 dollars, alors que le baril de WTI américain s’établissait autour de 50 dollars. Selon cet expert, il est ainsi clair que la principale manière de stopper, d’abord, cette décroissance des prix et d’aider, ensuite, à une remontée des prix passe par une réduction de la production des pays de l’Opep et de ses partenaires. Mais, avise cet expert, si l’Opep et ses partenaires n’arrivent pas à s’entendre clairement sur une réduction de production, il est certain que le prix du baril, aussi bien le Brent que le WTI, pourrait encore chuter. D’autant plus que les Etats-Unis militent ouvertement pour un prix de pétrole bas. On se rend compte que les Etats-Unis tentent de faire pression sur l’Arabie Saoudite pour l’amener à ne pas consentir à une réduction de la production de l’Opep. Comme l’Arabie saoudite est, de loin, le principal producteur de l’Opep, on s’imagine bien que si les pressions américaines aboutissent, nous risquerions à coup sûr de connaître un nouvel épisode de baisse, avance-t-il. D’ailleurs, hier encore, le président américain Donald Trump a exhorté l’Opep à ne pas réduire sa production pour faire remonter les prix de l’or noir. « J’espère que l’Opep va maintenir sa production en l’état, pas réduite. Le monde ne veut pas voir, et n’a pas besoin, des prix plus élevés du pétrole », a-t-il en effet tweeté à la veille de la réunion de l’organisation à Vienne pour décider de diminuer ou non le niveau de sa production. Interrogé sur les perspectives du marché pétrolier à moyen terme, Zouioueche pense que si l’Opep et ses partenaires n’annonceront aucune réduction de la production demain à Vienne, ou annonceront une réduction cosmétique, le prix du baril connaîtra une baisse plus marquée dans l’avenir immédiat, et ce, surtout si le ralentissement de la croissance mondiale se précise.

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