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samedi, 08 décembre 2018 06:00

Le ministre des Affaire religieuses, Mohamed Aïssa, à propos de la béatification des 19 religieux assassinés durant la décennie noire : «Une opportunité pour tourner la page sans la déchirer»

Écrit par Amina Guerroudj
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La béatification aujourd’hui à Oran des 19 religieux chrétiens morts en Algérie durant la décennie 1990 est le premier acte pontifical du genre dans «un pays du monde musulman», a déclaré hier le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, en rappelant qu’aucune mise au rang des bienheureux n’a été effectuée en dehors du Vatican.

La reconnaissance du martyre de ces religieux assassinés, durant l’une des séquences les plus sombres de l’histoire de notre pays depuis l’indépendance, « s’inscrit » aussi « dans le cadre de la réconciliation nationale », a ajouté Mohamed Aïssa. Ce n’est pas une occasion pour « rouvrir les plaies mais une opportunité pour l’avenir et tourner la page sans la déchirer », a-t-il ajouté. « Je suis venu à Oran pour participer aux cérémonies de béatification, organisées selon une initiative de l’Eglise catholique algérienne, après approbation du président de la République et l’appui des pouvoirs publics », a précisé le ministre. Il assistera également à l’inauguration, après les travaux de restauration et de réhabilitation, de la chapelle de Santa
Cruz – une opération à laquelle l’Etat algérien a participé, a-t-il souligné.
L’endroit attenant à cet édifice religieux catholique, datant du XIXe siècle et rénové au milieu du XXe siècle, sera baptisé place du «Vivre ensemble en paix», une dénomination qui fait l’unanimité de toutes les religions, a déclaré Mohamed Aïssa. Pour le responsable du culte, c’est un « symbole » parmi ceux «qui parlent au nom de l’Algérie au monde entier », un signe que l’Algérie des musulmans coexiste avec les autres religions». «L’Algérie est le seul pays dont la Constitution prévoit, en plus de la liberté du culte, celle de la liberté de pratiquer les préceptes religieux, mais avec le respect des lois de la République », a-t-il encore indiqué, en rendant hommage également aux «114 imams morts en martyrs dans l’exercice de leur devoir pour empêcher l’utilisation de la mosquée pour détruire l’Algérie et porter atteinte à l’Islam ». Dans une pique aux « ONG occidentales » qui « s’en sont pris à l’Algérie durant la décennie noire, alors que les Algériens vivaient les affres du terrorisme, le ministre a fait savoir que « l’Algérie n’a de leçons à recevoir de personne» en ce qui concerne l’édification de la démocratie, de la consécration de la liberté d’expression et des libertés publiques». Pour des observateurs, Mohamed Aïssa fait également allusion aux adeptes du « qui tue qui » et à ceux qui ont contesté la version officielle algérienne selon laquelle les sept moines trappistes de Tibéhirine, béatifiés aujourd’hui parmi les dix-neuf autres, ont été suppliciés par un groupe du GIA en 1996.
« L’Algérie, a-t-il fait savoir par ailleurs, a été et restera une terre de dialogue, de cohabitation et du vivre ensemble en paix» et où il n’existe pas d’hostilité à l’autre et à la différence « dans le respect des lois de la République». Mohamed Aïssa, qui a cité la Constitution de 2016 et l’article 47, qui garantit la liberté de culte et de conscience, a clamé que notre pays est une « terre de respect et de tolérance religieuse ». Avant ces déclarations, le ministre des Affaires religieuses a inauguré plusieurs mosquées. La première, la mosquée « Ribat Tolba », érigée sur les hauteurs du mont Murdjadjou, non loin de la basilique de Santa Cruz, est un lieu historique, situé près du mausolée de Sidi Abdelkader Djilani. « Ce lieu de culte témoigne de la venue des étudiants de tous les coins de l’Ouest du pays pour étudier le Saint Coran. Il est également un lieu de résistance où ces étudiants ont participé à la libération d’Oran du joug espagnol qui s’y était installé pendant plus de deux siècles », a-t-il. L’autre mosquée inaugurée est baptisée « Emir Abdelkader », à El-Barki à l’est d’Oran, « symbolise », selon Mohamed Aïssa « la fraternité algéro-turque, ainsi que l’alliance historique, qui a eu lieu dans des conditions similaires, entre les Algériens et leurs frères ottomans pour libérer l’Algérie du joug de l’alliance des Croisés ». La mosquée « Ribat Tolba », a-t-on appris, est un don d’un bienfaiteur d’Oran qui a préféré taire son nom. Quant à la mosquée « Emir Abdelkader », elle a été construite en tant que don pour la wilaya d’Oran par la société turque Tosyali Algérie, opérant dans la production de l’acier près de Bethioua.

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