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samedi, 08 décembre 2018 06:00

La cérémonie aura lieu aujourd’hui à Oran : Béatification en terre de tolérance Spécial

Écrit par Nazim Brahimi
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La cérémonie de béatification prévue aujourd’hui à Oran des 19 religieuses et religieux chrétiens assassinés en Algérie entre 1994 et 1996- dont les sept moines de Tibhirine - si elle est singulière sur le plan de la symbolique vu son caractère inédit dans un pays musulman, ne rappelle pas moins une séquence douloureuse de l’histoire récente de l’Algérie.

La cérémonie, manifestement porteuse de plusieurs messages, renvoie en effet à de tristes faits que l’Algérie a eu à vivre dans la douleur pendant une décennie. Survenu en Algérie qui faisait face à la horde intégriste, l’assassinat des sept moines de Tibhirine aura ainsi marqué, dans la douleur et la tristesse, la présence de la communauté chrétienne en Algérie.
La cérémonie d’aujourd’hui, très attendue pas uniquement par la communauté chrétienne, celle établie en Algérie comme celle d’ailleurs, est de nature à clore, du moins à l’échelle de la symbolique, un chapitre qui continue d’être au cœur de débats sur le plan politique avec un lot de polémiques vraisemblablement toujours en cours plus de vingt ans après les faits. Car à l’évidence, il n’est point fortuit de rappeler ici que l’assassinat des moines de Tibhirine avait été accompagné par des positions politiques contradictoires quant aux commanditaires du meurtre autour duquel ont été exprimés des avis aussi divergents les uns des autres. Avec une note d’apogée sur ce terrain de culpabilisation qui charriait des accusations et des ripostes dans lesquelles sont cités des groupes terroristes mais également impliquant les services de renseignements algériens et français.
Ce qui a donné lieu, étape manifestement inévitable dans un contexte de clivage très prononcé, à une bataille juridique inscrite dans la durée compte tenu des parties directement ou indirectement concernées par l’affaire. S’il ne faut pas perdre de vue que la béatification, qui sera actée aujourd’hui à Oran, risque de ne pas fermer les questionnements et les soupçons qui ont toujours accompagné l’affaire, le rendez-vous marque, à bien des égards, une étape très significative. Aussi triste soit ainsi le souvenir et n’en déplaisent aux partisans des clichés et autres raccourcis, l’assassinat des 19 religieux chrétiens rappelle manifestement, au-delà des faits, de leur douleur et du sentiment d’indignation qu’il provoqua, que l’Algérie a été toujours un pays ouvert à la pratique religieuse et cultuelle dans sa diversité et sa richesse. Mais surtout dans un esprit de cohabitation.
L’épisode du meurtre, s’il marque toujours les esprits, ne doit pas cependant occulter certaines réalités. Et l’une de ces réalités consiste à souligner justement qu’en Algérie, la pratique de la religion n’a pas été exclusive ou liberticide. Bien au contraire, l’histoire, récente comme ancienne, nous enseigne que la pratique de la religion en Algérie se faisait depuis toujours sur fond de coexistence et de cohabitation.
Tout récemment, l’Archevêque d’Alger, Monseigneur Paul Desfarges, avait soutenu que le problème de la liberté de culte « ne se pose pas en Algérie », relevant dans le même sillage, que « les lieux de culte de l’Eglise catholique sont reconnus par les autorités algériennes ». « Je m’exprime en ma qualité de responsable de l’Eglise catholique et j’affirme que le problème de la liberté de culte ne se pose pas en Algérie », avait affirmé Monseigneur Desfarges, pour qui « la liberté de culte est garantie et assurée par la loi en vigueur dans le pays».
Et en matière de liberté de culte et de croyance, il n’est point fortuit de rappeler que l’Algérie a enfanté, depuis l’Antiquité, le penseur de l’universalisme, de l’humanisme et de l’acception de l’autre.
Il s’agit de Saint-Augustin, l’enfant de Thagaste (Souk Ahras actuellement) à qui l’humanité doit incontestablement l’introduction et la diffusion de ces valeurs humanistes faites de paix, d’amour, de tolérance, de partage. Les valeurs en vogue à l’heure actuelle telles que liberté, dialogue des civilisations, cohabitation des différences, réconciliation, ne sont que le prolongement conceptuel de la pensée intemporelle de Saint-Augustin, aujourd’hui champ d’études et de recherche inépuisable.La béatification des religieux chrétiens aujourd’hui dans la capitale de l’Ouest, Oran, rappelle visiblement, contrairement à ce que peuvent suggérer des préjugés, que l’Algérie reste attachée aux valeurs de tolérance, du partage avec l’autre et du vivre-ensemble.
Et si des discours et des actes, contraires à ces valeurs, se produisent en Algérie, cela devrait être transcrit dans leurs contextes dans la mesure où cela ne traduit nullement les valeurs du pays.
La béatification des religieux chrétiens assassinés en Algérie durant les années 1990 est, au moins pour ces raisons, un moment important réconciliateur non seulement avec la pensée libre et la libre pratique cultuelle, mais aussi avec la tolérance et l’acceptation de l’autre.

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