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mercredi, 13 juin 2018 06:00

Le non-respect de la chaîne de froid mis en cause

Écrit par Rafik AIOUAZ
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Après de nombreuses spéculations, les causes du refoulement des produits agricoles exportés vers le Canada et la Russie semblent s’éclaircir au fur et à mesure que les jours passent. Le ministère de l’Agriculture a expliqué, hier, que le retour de ces produits était dû au « non-respect de la chaîne de froid par l’exportateur ».

Après la thèse des pesticides, le ministère de l’Agriculture a indiqué que les causes ne sont pas d’ordre phytosanitaire, sans toutefois donner davantage de précisions. Hier, on a appris que « le refoulement de dattes et de pommes de terre exportées par l’Algérie vers le Canada et la Russie est dû au non-respect de la chaîne de froid par l’exportateur ». C’est, en tout cas, ce qu’a indiqué hier à l’APS Khaled Moumen, le directeur de la protection des végétaux et des contrôles techniques auprès du ministère de l’Agriculture. Le responsable a, cependant, précisé que les services du ministère n’ont toujours pas reçu de notification concernant ces marchandises refoulées mais que, « selon les dernières investigations, il s’agit d’un exportateur privé qui n’a pas respecté la chaîne de froid en n’ayant pas utilisé un conteneur frigorifique. Ce qui a provoqué la multiplication de nombre d’insectes dans les dattes exportées ».

Pomme de terre récoltée avant maturation ?

Pour Ali Abderrahmane Bara, exportateur de dattes basé à Biskra, il n’est pas normal de voir ces produits renvoyés. « A notre niveau, nous n’avons jamais eu de refus, nous exportons régulièrement vers l’Europe et vers l’Asie », témoigne-t-il. Ajoutant que, selon les échos qu’il a eus auprès d’autres opérateurs, les dattes qui ont fait l’objet de refoulement sont de type Deglet Nour, originaires de Biskra. « Il nous a été rapporté que ce sont les conditions de transport qui sont susceptibles de ne pas avoir été respectées », nous confie-t-il, appuyant la thèse du ministère de l’Agriculture. « Deglet Nour nécessite particulièrement des conditions assez strictes de conservation à travers l’emballage et un container frigorifique fiable », explique Ali Abderrahmane Bara.
Concernant la pomme de terre, l’exportateur indique avoir eu d’autres indications qui affirment que des «taches bleues » sont apparues sur la mercuriale exportée à partir d’El Oued.
« Selon les échos que nous avons eus, cette pomme de terre n’a pas été récoltée au bon moment, elle l’a été avant le terme adéquat de maturité, ce qui induit un début de pourrissement assez rapide», indique-t-il. L’expert agronome au niveau de l’ENSA, Ali Daoudi, qui active notamment dans la formation de clusters agroalimentaires, tente de rassurer et appelle à ne pas exagérer l’ampleur du refoulement de produits agricoles au point de décrédibiliser l’ensemble de la production exportée.
« Ceci-dit, même si les pesticides ne sont peut-être pas en cause cette fois, c’est une problématique qui va se poser dans l’avenir », prévient-il. Ajoutant qu’il y a « un problème réel sur le terrain, l’absence de moyens » pour évaluer les éléments chimiques résiduels dans les aliments. Ali Daoudi affirme qu’il y a régulièrement des cas de non-respect des normes. « Des agriculteurs, dans un souci d’intensification, dépassent régulièrement les doses et ne respectent pas les consignes d’usage »,
rapporte-t-il, appelant le ministère de l’Agriculture à prendre les mesures nécessaires pour instaurer un dispositif de contrôle et de suivi, même si cela reste un processus lourd nécessitant un matériel sophistiqué disponible à travers plusieurs régions du pays.
Concernant la quantité de la marchandise refoulée, Khaled Moumen, le représentant du ministère de l’Agriculture, interrogé par l’APS, explique que les produits concernés par le refoulement vers l’Algérie concernent 18 tonnes de dattes exportées vers le Canada entre septembre et octobre 2017. Selon lui, des procédures de contrôle ont été effectuées au préalable par des laboratoires nationaux qui ont démontré que les normes phytosanitaires avaient été respectées. Par ailleurs, M. Moumen souligne que depuis novembre dernier à ce jour, 36 opérations d’exportations ont été bloquées par les services algériens du contrôle phytosanitaire en raison du non-respect des normes phytosanitaires. Ce qui n’empêche pas dans cette affaire de se poser des questions sur la manière dont l’opérateur concerné par le refoulement a pu expédier sa marchandise et sur le rôle des agents et laboratoires de certification s’ils travaillent réellement à la « normalisation » des produits agricoles destinés à la consommation interne ainsi qu’à l’export.

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