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mardi, 10 juillet 2018 06:00

Exportations hors-hydrocarbures : Seulement 642 millions de dollars/an réalisés par 10 opérateurs

Écrit par Rafik AIOUAZ
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Invité hier au forum hebdomadaire du Courrier d’Algérie, le président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal), Ali Bey Nasri, a fait un tour d’horizon de l’activité export du pays.


Qu’y a-t-il lieu de retenir ? Seulement que si l’on excepte les exportations des hydrocarbures qui gonflent les statistiques des exportations de l’Algérie en termes de revenus, le pays n’exporte que l’équivalent de 642 millions de dollars annuellement en produits hors hydrocarbures sur un total de 1,9 milliard de dollars, selon les chiffres officiels. « Les exportations hors hydrocarbures en Algérie sont détenues en majorité, à hauteur de 93%, par dix opérateurs économiques », indique Ali Bey Nasri, qui précise qu’en 2017, par exemple, le premier exportateur hors-hydrocarbures n’était autre que Sonatrach. « Pour une meilleure maîtrise du sujet des exportations hors hydrocarbures, il faut expurger les chiffres que réalise Sonatrach car ils dénaturent les analyses », prône l’intervenant, qui regrette que les dérivés du pétrole soient pris en compte en tant que produits « hors hydrocarbures » tels que les naphtas lourds et solvants aromatiques destinés majoritairement à l’Europe.
Le deuxième exportateur est Sorfert, une joint-venture algéro-égyptienne qui produit notamment des ammonitrates, de l’urée et des ammoniacs, suivi du complexe de production d’ammoniac et d’urée Aljazairia el Omania lil Asmida (AOA), considéré comme un important pôle de production d’engrais à l’échelle africaine.
Les deux entreprises représentent plus d’un milliard de dollars, soit 63 à 65% des exportations hors-hydrocarbures.


Bonnes perspectives pour les dattes et l’électroménager
Concernant les exportations qui sont, aux yeux du président de l’Anexal, «réellement hors hydrocarbures», il cite Cevital, qui réalise un total de 290 millions de dollars d’exportations par an, principalement le sucre, le verre plat et l’électroménager. « L’Algérie exporte aussi de l’hélium vers le marché européen. Nous exportons encore du phosphate brut malheureusement, à hauteur de 65 millions de dollars/an », énumère le président de l’Anexal. Il indique qu’ au total, le pays compte environ 300 exportateurs qui réalisent des opérations d’un minimum de 50 000 dollars. « Il y a une évolution remarquable de l’électroménager en 2017 avec comme leader Brandt, qui commercialise à l’étranger principalement des machines à laver », constate l’intervenant, ajoutant que parmi les autres produits que l’Algérie exporte, figurent la câblerie électrique et les boissons.
Le représentant des exportateurs algériens explique, par ailleurs, que de bonnes perspectives sont à venir pour l’export en Algérie, malgré le retard enregistré par « les différents gouvernements successifs n’étant manifestement pas intéressés par l’activité export à cause de la rente des hydrocarbures ». Parmi les bonnes nouvelles, M. Nasri rappelle que l’exportation des dattes commence à sortir du lot, avec 51 millions de dollars réalisés en 2017, et surtout 45 millions de dollars sur les cinq premiers mois de 2018.


Exploiter le concept bio pour plus de valeur ajoutée
Concernant l’actualité récente, le représentant des exportateurs algériens rappelle que la stratégie nationale des exportations (SNE), qui a fait l’objet de plusieurs réunions de consultation, sera remise au gouvernement à partir de la rentrée prochaine. « Pour exporter, il faut apprendre des expériences d’autres pays. Il faut assurer les conditions pour exporter massivement les produits algériens », prône-t-il, affirmant qu’il est impensable d’exporter des excédents mais il s’agit de planifier le commerce vers l’extérieur, atteindre une taille critique pour les entreprises exportatrices pour assurer la qualité et la continuité des produits. «D’autre part, l’Algérie possède un espace saharien où il est possible de produire bio, cela donne de la valeur ajoutée à nos produits », estime M. Nasri, qui prend l’exemple de la Tunisie qui a inscrit comme stratégie l’extension des terres agricoles vers le Sud avec l’inscription du concept bio comme priorité, sachant que le bio constitue une réelle tendance en Europe. « 85% des exportations tunisiennes et marocaines sont destinées à l’UE, là où il y a un fort pouvoir d’achat », indique-t-il, plaidant pour une cartographie des produits agricoles à travers le territoire national pour prendre en considération les capacités de chaque région. Concernant la prime à l’export évoquée récemment par le ministre du Commerce, Saïd Djellab, qui devra gommer les lacunes du Fonds spécial de promotion des exportations (FSPE), en termes de lourdeurs administratives notamment, Ali Bey Nasri estime « qu’il ne faut pas condamner le FSPE en lui-même », pointant du doigt le système de gestion et les changements de ministres. « Il faudrait qu’on revienne au système antérieur où l’octroi des avantages du FSPE était délégué, alors qu’actuellement, cela doit passer par le ministre du Commerce, ce qui entraîne des retards notamment. Il faut délocaliser la gestion du FSPE», tranche-t-il. Concernant la prime à l’export, l’intervenant dit attendre, avant de se prononcer, de voir quels seront les critères pour définir le montant de la prime octroyée.

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