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samedi, 11 août 2018 19:51

Immigration clandestine : 128 migrants secourus près de la frontière algérienne

Écrit par Aghilas Sadi
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Les tentatives des migrants africains de gagner le territoire algérien se poursuivent en dépit des conditions climatiques très dangereuses en cette période de grandes chaleurs. Hier encore, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) annonçait que quelque 128 migrants ouest-africains, dont des femmes et des enfants, avaient été secourus dans le désert près de l'Algérie. Ils seraient arrivés en milieu de semaine dans le nord du Niger.

Les secours organisés par une mission de l'OIM ont permis de sauver «128 migrants dont 8 femmes et 14 enfants dans le désert à Assamaka », localité nigérienne frontalière de l'Algérie, indique l'OIM sur sa page Facebook, sans préciser s'ils avaient été refoulés par les autorités algériennes. Les rescapés sont « arrivés à pied » et ont « reçu les soins de premier secours », explique l'agence. Il s'agit de ressortissants de onze pays, dont le Nigeria, le Bénin, la Guinée-Conakry, la Guinée-Bissau, la Côte d'Ivoire, le Mali, la Gambie, le Libéria, le Cameroun et le Sénégal.

Selon l'OIM, une centaine d'entre eux ont été accueillis mercredi dans le centre de transit d'Arlit, cité minière du nord du Niger. En revanche, six autres ont refusé l'assistance onusienne et « ont décidé de retenter leur chance en Algérie ». La traversée du désert en plein mois d’août constitue une aventure et une prise de risque en raison des températures qui parfois dépassent les 48 °C.

Le Croissant-Rouge algérien non surpris

Contacté par Reporters, la présidente du Croissant-Rouge algérien (CRA), Saïda Benahbilès, affirme ne pas être surprise par l’arrivée de nouvelles vagues de migrants. « Je ne suis pas informée sur cette vague, mais cela ne me surprend pas. Les vagues de migrants ne s’arrêtent jamais. Nous sommes devant un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur », a-t-elle déclaré, en ajoutant : « C’est dramatique ce qui se passe au Sahel. » Interrogée sur l’attitude que va adopter l’Algérie envers cette nouvelle vague de migrants, qui s’approche du territoire national, Benahbilès rappelle que la gestion et la sécurisation des frontières relèvent des services de sécurité. « Nous ne pouvons pas savoir comment vont réagir les autorités publiques envers cette vague de migrants », a-t-elle répondu. Toutefois, elle affirme que le gouvernement algérien fournit beaucoup d’efforts pour gérer les flux de migrants qui arrivent dans le pays.

Des efforts qui se font dans la cadre du strict respect des normes internationales. « Nous sommes un pays qui respecte ses obligations en matière de gestion des flux migratoires », a-t-elle dit, avant de demander à l’OIM d’aller au-delà du constat. « Ces organisations doivent situer les responsabilités. Faire seulement des constats ne contribue pas au règlement du problème », a-t-elle estimé. Elle précise : « Il faut désigner les responsables de cette situation dramatique. » Pour elle, l’OIM doit évoquer le rôle des passeurs qui se font une fortune sur le dos des souffrances des populations. « Il y a des groupes de passeurs qui activent dans la région du Sahel que ces organisations doivent dénoncer publiquement », a-t-elle martelé. Elle enchaîne : « Ceux qui créent des conflits armés dans la région ont également une part de responsabilité. Le chaos libyen provoqué par l’intervention militaire de l’Otan a contribué d’une manière significative à la prolifération du phénomène de l’immigration clandestine. »  A une question sur la qualité de la prise en charge des migrants par les autorités algériennes, notre interlocutrice dira que 37% des patients accueillis par l’hôpital de Tamanrasset sont des migrants. « Les migrants sont soignés dans nos hôpitaux publics gratuitement. Ils représentent 37% des patients traités par l’hôpital de Tamanrasset », a-t-elle déclaré. « Les centres d’accueil des migrants assurent toutes les conditions nécessaires pour une vie digne. Les migrants peuvent même quitter les centres sans qu’ils ne soient inquiétés par personne », a-t-elle poursuivi, avant de faire remarquer que les membres de son organisation assurent le suivi et la prise en charge des migrants bénévolement.

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