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samedi, 11 août 2018 19:55

Alors que 20 % de la population est étrangère ou issue de l’immigration : 86% des Allemands pour l’expulsion des migrants Spécial

Écrit par Seddiki Djamila
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La question de l’immigration est devenue, ces dernières années, un enjeu important du débat politique en Allemagne, suscitant des réactions passionnelles au sein de l’opinion publique.

Avec un peu plus de 15 millions de personnes issues de l’immigration (soit près de 20 % de la population totale évaluée à 82 millions d’habitants), l’Allemagne est devenue un pays d’immigration, mais aussi une société profondément métissée, qui semble poser un problème à 86% des Allemands qui veulent plus d’expulsions de migrants, selon un sondage publié ces derniers mois.

En 2015, en plus des migrants syriens, irakiens et afghans, près de  26 000 personnes originaires d’Afrique du Nord sont arrivées en Allemagne et seule une poignée a vu sa demande d’asile acceptée. La plupart d’entre elles vivent clandestinement et les responsables des pays concernés ont du mal à trouver un accord ou une solution pour leur rapatriement. Ceci a incité le gouvernement allemand à prendre des mesures coercitives en adoptant une loi pour leur expulsion vers leurs pays d’origine, en déclarant « l’Algérie, la Tunisie et le Maroc, pays sûrs » pour leurs ressortissants d’où le rejet de leurs demandes d’asile.

L’Algérie, la Tunisie et le Maroc, classés «pays sûrs»

Désormais, le gouvernement allemand, grâce à ce projet de loi considérant le Maroc, l’Algérie et la Tunisie (en plus de la Géorgie) comme des pays sûrs, pourra expulser, plus facilement, les demandeurs d’asile en provenance de ces Etats sans avoir à le justifier.

Classer un pays comme étant «sûr» permet d’accélérer la procédure d’examen de la demande d’asile d’un ressortissant de ces trois Etats et aux autorités de lui imposer un lieu de résidence durant cette procédure afin de pouvoir, plus facilement, procéder à son expulsion. L’Allemagne, qui a accueilli plus d’un million de migrants depuis 2015, va désormais accélérer les expulsions des demandeurs d’asile déboutés à travers une batterie de mesures. Selon les responsables allemands, cette décision a été prise parce que les demandes d’asile qui viennent de ces pays sont, déjà, rejetées à plus de 99%.

Statistiquement, Tunisiens, Algériens et Marocains n’obtiennent le statut de réfugié que dans, respectivement, 0,8%, 2,7% et 3,5% des cas. D’après des statistiques allemandes, il y aurait 8 000 demandes d’asile de Maghrébins rejetées et on aurait recensé entre 1 500 à 2 500 sans-papiers algériens ayant rejoint le territoire allemand entre 2015 et 2016, plus de 1 500 Tunisiens et autant sinon plus de Marocains.

Il faut, pourtant, rappeler qu’un accord sur le rapatriement des ressortissants algériens, en situation irrégulière en Allemagne, avait été signé entre Alger et Berlin - suite à la visite en 2016 de l’ex-Premier ministre Abdelmalek Sellal et l’ex-DGSN Abdelghani Hamel, la seule exigence de l’Algérie était qu’il soit prouvé qu’ils sont bien Algériens avant d’approuver leur retour.

Ceci explique que le nombre de demandeurs d’asile expulsés d’Allemagne ait été multiplié par trois depuis le premier semestre de 2017, selon des médias, précisant que la mesure cible, particulièrement, les ressortissants algériens, marocains et tunisiens.

Selon les termes de l’accord, le rapatriement des Algériens, en situation irrégulière, est pris en charge par l’Allemagne à raison de 30 personnes embarquées sur des vols réguliers, tel que prévu par un accord algéro-allemand ratifié en 2006, compte tenu des contraintes de sécurité. Le coût de ces opérations jusqu’aux frontières de l’Etat destinataire incombe à la partie allemande accompagnée de l’OIM.

Après les agressions sexuelles du Nouvel an 2015 à Cologne, attribuées à des étrangers, la Chancelière a tenté d’accélérer l’expulsion des déboutés d’asile, en vain. Lors de la visite du Premier ministre algérien à Berlin, en janvier 2016, Angela Merkel lui avait fait part de son impatience que « les ressortissants algériens déboutés du droit d’asile en Allemagne (2 500 personnes selon certaines statistiques) soient renvoyés plus rapidement qu’aujourd’hui dans leur pays ». L’annulation de la visite de la Chancelière en Algérie, en 2017 serait, aussi, probablement liée à ce problème, selon les commentaires des médias.

Les Verts allemands (Die Grünen) sont hostiles au classement des trois pays d’Afrique du Nord comme «sûrs» à cause, selon eux, des discriminations visant les homosexuels, les atteintes à la liberté d’expression et les cas de tortures qui y sont recensés, mais leurs arguments n’ont pas réussi à empêcher l’adoption du projet.

Le sujet des réfugiés est devenu très sensible en Allemagne depuis les agressions sexuelles commises le soir du Nouvel An 2015 à Cologne et attribuées par la police à des hommes originaires du Maghreb, mais aussi depuis l’attaque perpétrée en décembre à Berlin par le Tunisien Anis Amri, qui avait fait 12 morts.

Immigration choisie : le pays a besoin de 6 millions de travailleurs étrangers d’ici à 2025

L’Allemagne facilite, désormais, l’immigration des étrangers qualifiés pour faire face à la baisse de la démographie et au déficit en main-d’œuvre jeune.

Depuis 2015, l’arrivée des migrants proche-orientaux en Allemagne se fait au détriment des Maghrébins, selon les médias allemands et les témoignages de nombreux migrants.

Pour faire face aux futurs défis économiques, à la baisse de la démographie et au vieillissement de la population, les entreprises allemandes cherchent à recruter une main-d’œuvre étrangère qualifiée, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur des frontières de l’UE, ce qui explique cette nouvelle politique de l’immigration choisie. Depuis les années 1970, le taux de natalité de la population allemande n’a cessé de baisser et le nombre de décès de s’élever. L’un des défis actuels de l’Allemagne est l’orientation vers une société favorable à la famille. On estime que d’ici à 2025, l’Allemagne aura besoin de 6 millions de travailleurs étrangers pour pouvoir payer les retraites des baby boomers qui partiront, alors eux aussi, à la retraite.

Afin de combler son déficit en main-d’œuvre qualifiée, l’Allemagne doit, néanmoins, faire appel, en sus, à des travailleurs extra-européens. Pour le recrutement de la main-d’œuvre qualifiée issue de pays extra-européens, l’Allemagne est, ainsi, devenue, au cours des dernières années, championne incontestée dans la distribution de la Blue Card. La carte bleue est un permis de travail, approuvé à l’échelle européenne (directive 2009/50/ CE du Conseil), permettant aux citoyens non européens, hautement qualifiés, de travailler et de s’installer dans tous les pays de l’Union européenne, à l’exception du Danemark, de l’Irlande et du Royaume-Uni.

Selon l’Office fédéral des migrations et des réfugiés, 21 727 cartes bleues de l’UE ont été émises en Allemagne en 2017, contre 17 362 l’année précédente. Parmi les cartes octroyées en 2017, 11 738 étaient nouvelles, c’est-à-dire des cartes accordées à des personnes qui n’étaient pas en possession d’un permis de séjour en Allemagne auparavant.

A propos de l’expulsion des migrants vers leurs pays respectifs

Le compromis adopté prévoit que les migrants installés dans les « centres de transit » à la frontière seront obligés d’y rester. Leur renvoi, vers les pays où ils ont été enregistrés en premier à leur arrivée dans l’UE, devra être organisé, au préalable, dans le cadre d’accords administratifs conclus avec les pays concernés, et non de manière unilatérale comme cela se faisait, auparavant, par l’Allemagne.

Il faut rappeler que, jusque-là, les migrants demandant l’asile à leur arrivée en Allemagne étaient répartis dans des foyers disséminés dans l’ensemble du pays jusqu’à ce que leurs dossiers soient examinés. Cet accord met fin à la politique d’accueil longtemps généreuse des migrants en Allemagne.

Parmi les mesures, figure la mise sur pied d’un «centre d’expulsions» permettant de coordonner l’action de l’Etat fédéral et des Etats régionaux. De nouvelles incitations financières, pour encourager les migrants à rentrer dans leur pays volontairement, sont également prévues. L’OIM accorde une somme de 1 200 euros à ceux qui décident de rentrer volontairement, dont 600 euros sont remis à l’aéroport par un fonctionnaire de l’organisation et le reste donné dans le pays d’origine dans les trois mois qui suivent l’expulsion ou le départ volontaire.

Ces nouvelles mesures ont été prises pour faire face à l’inquiétude d’une opinion publique qui s’est beaucoup alarmée de l’arrivée massive de réfugiés et de la politique d’ouverture d’Angela Merkel qui a régularisé beaucoup d’entre eux. Cette situation est, également, à l’origine de la naissance et du développement d’un parti populiste de droite Alternative fur Deutschland (AFD), alternative pour l’Allemagne. Cette initiative du gouvernement a aussi permis d’accroître la pression sur les pays qui traînaient des pieds pour reprendre leurs ressortissants, dont ceux du Maghreb.

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