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dimanche, 12 août 2018 21:07

De nouvelles tendances se dessinent en matière de trafic, commerce et consommation de stupéfiants : Hausse fulgurante du trafic des drogues dures Spécial

Écrit par Rachid Bouarroudj
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L’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLCDT), rattaché au ministère de la Justice, a dressé le premier bilan intermédiaire de l’année sur les saisies de stupéfiants et de substances psychotropes opérées par les trois services de lutte – Gendarmerie nationale, DGSN et Douanes – à l’échelle nationale.

Particulièrement détaillé, il met en lumière les nouvelles tendances qui se dessinent en matière de trafic de drogues ; sachant que le premier semestre a été marqué par l’affaire de la cocaïne introduite par containeur dans le pays. D’ailleurs, pour rester dans la seule cocaïne, le premier enseignement tiré par l’ONLCDT, c’est que « de la comparaison avec le premier semestre de l’année 2017, durant lequel il a été procédé à la saisie de […] de 3 312,6879 grammes de cocaïne […] il ressort une hausse de 20 106,22% des quantités saisies, qui s’élèvent à 666 056,4641 grammes ».

Une inquiétante transformation

En termes de catégorisation selon la nature de l’infraction, le trafic et le commerce de cocaïne à l’intérieur du pays a connu une progression fulgurante entre les deux périodes de comparaison : 2 686,6269 grammes au premier semestre de 2017 contre 668 860,109 grammes au premier semestre de 2018, une hausse de 24 795,91%, alors qu’au niveau des frontières du pays, zéro quantité pour 2017 contre 504,890 grammes, une variation de 100%. En matière de détention et usage de cocaïne, 626,061 grammes ont été saisis au premier semestre de 2017 et de baisser de 99,34 grammes à la même période en 2018 avec 4,153 grammes saisies. Le trafic de l’héroïne aussi a progressé dans des proportions alarmantes avec une nuance toutefois. Si le trafic et le commerce de l’héroïne à l’intérieur du pays a connu un recul important de moins  75,99%, - 547,1016 grammes saisie au premier semestre de 2017 contre 131,335 un an plus tard –, aux frontières du pays, il a décuplé : de 42,220 grammes à 973,850 grammes, ce qui représente une hausse de 2 206,61%. Il en est de même dans la catégorie détention et usage, lire consommation : au premier semestre de 2017, ce sont 0,2336 gramme d’héroïne saisie sur des consommateurs, alors qu’au premier semestre de l’année, 11,1919 grammes l’ont été, en hausse de 4 691,05%.

En fait, le bilan statistique fait ressortir une inquiétante transformation de la nature et de la qualité des drogues qui pénètrent le territoire national, dans la mesure où les saisies des drogues dites « douces », comme le cannabis ou l’herbe, reculent fortement, alors que celles dites « dures » voient leurs taux augmenter.

Pour preuve, en comparaison avec la même période en 2017, le premier semestre de cette année est marqué par les saisies, en hausse, « de l’héroïne, avec 526,9217 grammes (+ 89,38 %), 371,240 grammes de graines d’opium (+ 100 %), 31 plantes d’opium (+ 100 %), 469,140 gr de graines de cannabis (+ 42,23 %), 168 008 comprimés de substances psychotropes (+ 26,73 %), 414 flacons (+ 511,11 %) et 18 seringues (+ 100 %) de solutions psychotropes », contre « une baisse de 39,84 % des saisies de la résine de cannabis, à 12 019,516 kg, de 91,46 % d’herbe de cannabis, avec 3,750 kg saisies, de 70,42 % pour les plantes de cannabis, avec 2 495 unités saisies et de 100 % pour le crack, avec 1,2 gramme saisi ».

Aussi, l’office dresse une étude comparative des saisies de drogues à l’échelle nationale entre les deux derniers mois de l’année, c’est-à-dire mai et juin : « Pour les drogues saisies, et concernant le cannabis, le mois de juin a connu un chiffre de 3 318,346 kg de résine et 81 plantes de cannabis, comparativement au mois de mai, durant lequel il a été enregistré la saisie de 3 919,970 kg de résine, 350 g d’herbe, 230 g de graines et 403 plantes de cannabis ; on retient une baisse de 601,624 kg de résine (- 15,35 %), 322 plantes de cannabis (- 79,90 %), 350 gr d’herbe de cannabis et 230 g graines de cannabis (- 100 %). A propos des opiacés et cocaïers, au cours du juin, il a été procédé à la saisie de 522,656 g de cocaïne et 0,0009 g d’héroïne, contrairement au mois de mai, il a été enregistré 667 137,97 g de cocaïne et 1 098,95 g d’héroïne, ce qui permet de constater une baisse de 666 615,314 g de cocaïne (- 99,92 %) et de 1 098,9491 g d’héroïne (- 99,99 %) ».

Sur ce dernier point, il est vraisemblable que les quantités saisies en mai soient celles de l’affaire « El Bouchi ». C’est le 29 mai que l’Armée nationale avait annoncé la saisie record de quelque 700 kilos de cocaïne au port d’Oran, une cargaison dissimulée dans des containers en provenance du Brésil.

Pour en revenir à l’étude comparative, « la quantité de substances psychotropes saisie au mois de juin était de 128 878 comprimés de différentes marques, contre celle de 76 649 comprimés de différentes marques et 1 flacon de solutions psychotropes durant le mois de mai. On constate une hausse de 52 229 comprimés (+ 68,14 %) et une baisse de 1 flacon (- 100 %) ».

Hausse des étrangers impliqués dans des affaires de drogue

Dans le chapitre des affaires traitées par les services de sécurité, l’ONLCDT relève que « durant le premier semestre de l’année 2018, l’ensemble des services de lutte ont traité 20 951 affaires. Comparativement au premier semestre de l’année 2017, au cours duquel il a été traité 15 527 affaires, on constate une hausse de 5 424 affaires, soit une hausse de 34,93 % des affaires traitées […] qui ont abouti à l’interpellation de 26 414 individus : 4 881 trafiquants, 14 237 usagers et 27 cultivateurs de cannabis, 90 trafiquants et 33 usagers de cocaïne, 19 trafiquants et 15 usagers d’héroïne, 1 un cultivateur d’opium, 3 822 trafiquants et 3 289 usagers de substances psychotropes ».

Le bilan fait ressortir que parmi les personnes interpellées, il a été recensé 143 étrangers. « Comparativement au premier semestre de l’année 2017, au cours duquel 20 067 individus ont été interpellés, dont 99 étrangers ; on déduit une augmentation de 6 347 individus (+ 31,63 %), avec une hausse de 44 étrangers (+ 44,44 %) », écrit l’ONLCDT. Pour le trafic et le commerce de la cocaïne à l’intérieur du pays, 34 affaires ont été traitées, impliquant 3 étrangers et 79 nationaux alors que 6 individus sont en fuite. Selon la nature de l'infraction, les affaires traitées ont concerné 19 cas de culture de drogue – plantations –, 15 939 cas de détention et d’usage et enfin 4 993 cas de trafic et de commercialisation.

Enfin, le bilan de l’ONLCDT s’attarde sommairement sur la cartographie des saisies opérées, faisant ressortir, presque sans surprise, que «68,68 % des quantités de cannabis saisies l’ont été dans la région ouest du pays », frontalière avec le Maroc, alors que « 32,27 % de substances psychotropes ont été saisies dans la région sud du pays ».

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