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dimanche, 12 août 2018 21:08

La cocaïne s’installe dans le petit commerce des stupéfiants à Oran : A El Bahia, « El Bayda » se fait des lignes

Écrit par Jalil Mehnane
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L’affaire des sept quintaux de cocaïne saisis au port d’Oran et son présumé importateur, Kamel Chikhi, alias « El Bouchi », n'a pas livré tous ses secrets. Actuellement entre les mains de la justice, elle ne cesse de marquer les esprits et de susciter les spéculations les plus folles dans la ville, notamment sur l'existence dans notre pays de narcotrafiquants d'une nouvelle génération faisant des revendeurs de «haschisch » et de résine de cannabis des dealers « has been » et faisant partie de l'ancien temps.

Si les statistiques des services de sécurité et les rapports de l'Office de lutte contre la toxicomanie, ainsi que les affaires traitées en justice montrent clairement que la drogue la plus « populaire » sous nos cieux reste la résine de cannabis - qui fait d'ailleurs l'objet de fréquentes saisies en quantités industrielles par la police et la gendarmerie, d'autres substances, dites drogues dures, arrivent doucement, mais sûrement dans le marché des stupéfiants. Il en est ainsi de la cocaïne, ou El Bayda (la blanche) comme certains la désignent. Cette drogue, qui était il y a quelques années seulement réservée à un cercle fermé de consommateurs dotés d'un pouvoir d'achat important - parce qu'elle coûte cher - côtoie désormais la classique « Zetla », mais également les psychotropes plus répandus dans certains quartiers populaires d’Oran, Les Planteurs, Saint-Pierre et El Hamri par exemple. Selon les statistiques de l’Office national de lutte contre la toxicomanie, la cocaïne reste un produit marginal par rapport aux tonnes de résine de cannabis saisies. Cependant, le nombre d’affaires traitées par la justice liées à ce stupéfiant de luxe connaît une relative hausse, 60 dossiers traités contre 15 530 concernant le trafic de la résine de cannabis.

Il reste toutefois une inconnue : les quantités qui échappent au filet des services de sécurité et qui ne sont pas comptabilisées. D’après un témoin interrogé, «il est plus facile de connaitre les prix que les quantités qui circulent : un «khet», une «ligne» en français, se négocie en certains endroits à Oran entre 7 000 et 8 000 DA, un gramme revient à 12 000 DA». Le profil des consommateurs selon ce témoin va au-delà de la division classique «riches», «pauvres» ou «moins riches», même si la première catégorie est plus souvent citée : «les véhiculés», ceux qui ont des bagnoles, «shab eticki», ceux qui ont le ticket, allusion à l’argent, seraient plus consommateurs d'«el bayda» que d'autres. Le «portrait-robot» du dealer, lui, semble plus précis.

La majorité des dealers arrêtés sont des nationaux : 120 Algériens sont passés devant les tribunaux contre 3 étrangers seulement, entre janvier et juin 2018, selon les précieuses indications de l’Office de lutte contre la toxicomanie… Ce n’est pas un mais plusieurs qui sont présents dans la chaine de l’offre. Les vrais et les gros dealers n’opèrent pas dans les quartiers où ils habitent, et ceux qui le font sont de petits revendeurs et des sous-traitants, parfois occasionnels, qui proposent aussi des psychotropes à bas prix et sous des noms à donner le tournis : « halwa », « flatcha », « saroukh » et autre « kherdala»… On apprend (d’après notre témoin) que les revendeurs réguliers touchent une commission sur la quantité vendue, «pour un gramme à 12 000 DA, ils ont une commission de 3 000 à 4 000 DA, selon le rapport qu’ils ont chacun avec leur pourvoyeur et les prix qu’il pratique».

«Quand ce n’est pas cher, cela sent l’arnaque», ajoute notre interlocuteur, qui fait état de dealers «coupeurs» et qui mélangent la cocaïne avec d’autres substances psychotropes ou même du paracétamol. Certaines sont carrément surprenantes et notre témoin cite «la poudre des lampes à néon». Aussi étrange que cela puisse paraître, l’effet de cette mixture une fois «sniffée» serait lui aussi stupéfiant comme une drogue pure. Les dommages, eux, sont terribles, «saignements du nez et même des hémorragies».

Où consomme-t-on de la cocaïne ? Si le cannabis accompagne les veillées estivales au pied des cités ou à la plage, la « blanche » est un stupéfiant pour lieu fermé comme les appartements et les boîtes de nuit, où il est plus facile d’échapper à la surveillance policière. Dans les boîtes de nuit, à moins d’une opération d’envergure ou engagée après enquête, les descentes y sont plus rares. «Depuis l’affaire d’El Bouchi, on se fait plus prudent », dira notre témoin.

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